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Une poterie vieille de plusieurs siècles
trouvée dans le lac Memphrémagog

Texte & photo Gilles DALLAIRE
Journal La Tribune, samedi le 19 août 2000

Richard Thouin a ramené d'une plongé faite dans le lac Memphrémagog une poterie amérindienne admirablement conservée qui pourrait avoir entre 600 et 1700 ans.

Une poterie, amérindienne à coup sûr et vieille de plusieurs siècles, a été trouvée dans le lac Memphrémagog par le plongeur Richard Thouin.

Elle a été découverte à une profondeur d'une quarantaine de pieds à peu de distance de la rive ouest du lac non loin de l'endroit où le ruisseau Château se jette dans le lac.

Elle n'a aucunement souffert de son long séjour dans l'eau et on peut encore voir facilement le fin dessin laissé par l'outil dont un artisan amérindien se servait pour donner sa forme définitive à l'encolure d'un vase.

La poterie qui mesure 8 pouces de hauteur et a un diamètre de 6 pouces a, de toute évidence, servi à la cuisson d'aliments à en juger par la couleur noire de sa base presque ronde. Une comparaison faite avec des poteries amérindiennes de diverses époques dont des dessins apparaissent dans un ouvrage spécialisé incite à croire qu'elle pourrait avoir entre 600 et 1700 ans.

Richard Thouin qui est propriétaire du Centre de Plongée Memphré et qui plonge et pour gagner sa vie et pour son plaisir s'est dit très heureux d'avoir fait cette découverte. "Aussitôt que je suis sorti du lac, j'ai téléphoné à mon ami Jacques Boisvert pour lui dire que j'avais quelque chose d'important à lui révéler, que je ne pouvais rien lui dire au téléphone, de m'attendre, que j'arrivais", a-t-il raconté hier.

Il va sans dire que Jacques Boisvert qui a fait plus de 5000 plongées dans le lac Memphrémagog et qui a trouvé lui-même des poteries amérindiennes très anciennes était très heureux de la bonne fortune de son ami. "Je n'ai jamais vu une poterie aussi bien conservée", a-t-il affirmé en soulignant que le lac est loin d'avoir livré tous ses trésors.

Richard Thouin en était à sa deuxième trouvaille archéologique d'importance. En août 1994, il avait découvert un couteau de silex long de sept pouces au hasard d'une plongée.


Vieille poterie de 1000 ans protégée

texte & photo Gilles Dallaire
Journal La Tribune, samedi le 4 novembre 2000

Une poterie amérindienne vieille de 750 à 1000 ans trouvée intacte dans le lac Memphrémagog le 16 août par le plongeur Richard Thouin sera sauvée d'une lente mais inexorable destruction.

Grâce aux démarches de Jacques Boisvert qui, depuis près d'un quart de siècle qu'il plonge dans le lac, y a découvert plusieurs poteries amérindiennes très anciennes et de l'archéologue Éric Graillon, la poterie a été envoyée au Centre de conservation du Québec où elle subira un traitement qui l'empêchera de se désagréger lentement mais sûrement au contact de l'air.

"Une fois sa conservation assurée, elle sera ramenée en Estrie étant donné qu'elle fait partie du patrimoine archéologique estrien. Elle sera exposée au Musée du Séminaire de Sherbrooke une fois que ce musée se sera installé dans ses nouveaux quartiers", a révélé Éric Graillon.

Il a souligné que la poterie présente un intérêt exceptionnel non seulement en raison de son âge mais aussi et surtout parce qu'elle n'a subi aucun dommage pendant son long séjour dans le lac Memphrémagog."C'est seulement la deuxième poterie amérindienne fabriquée et décorée selon la tradition owascoïde à avoir été trouvée intacte au Québec et c'est seulement aussi le seul indice d'une présence amérindienne en Estrie au tournant du deuxième millénaire à part les fragments de poterie découverts à Lennoxville il y a quelques années", a-t-il expliqué.

Jacques Boisvert a souligné pour sa part que c'est grâce à un article publié par La Tribune au lendemain de la trouvaille de Richard Thouin qu'il a été amené à entreprendre des démarches pour assurer la conservation de la poterie. "L'article a été porté à la connaissance de Mme Giovanna Peebles qui est responsable du secteur de l'archéologie de Vermont Archeological Society. Mme Peebles est entrée en communication avec moi, elle m'a confirmé que la poterie présentait un très grand intérêt sur le plan archéologique et elle m'a demandé de faire tout ce que je pouvais pour qu'elle ne se détériore pas. Je suis alors entré en communication avec le Centre de recherche et d'animation en archéologie de l'Estrie, qui m'a apporté toute sa collaboration."

 


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Dernière mise à jour:  22 juin, 2009