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"LES PREMIERS RÉSULTATS
DU PROJET MOLSON I"

UN VAPEUR DU XIXème siècle

Un reportage de Bernard Régimbeau
(V.P./F.Q.A.S.).

Revue LA PLONGÉE, Volume 12, No. 3, Mai / Juin 1985

 

L'archéologie Subaquatique du Québec en action

Compte rendu de la soirée-conférence du 20 février 1985 donnée par le Comité d'Histoire et d'Archéologie Subaquatique du Québec (C.H.A.S.Q.) au Musée de l'île Ste-Hélène (Montréal)

Il existe encore des épaves significatives dans les eaux québécoises. C'est sous les auspices du Musée de l'île Ste-Hélène que s'est déroulée le mercredi 20 février 1985 une conférence faisant état des recherches entreprises par les spécialistes du C.H.A.S.Q. dans le St-Laurent près de l'archipel des îles de Boucherville.

MM. André Lépine et Jean Bélisle firent un bilan complet des derniers développements du projet MOLSON I qui avait été dévoilé lors du Congrès subaquatique de novembre dernier. Ils nous signalaient entre autres, que ce projet d'envergure pourrait s'étaler sur 5 ans et justifierait des travaux des plus exhaustifs.

Les recherches ont débuté en 1983 grâce au concours d'archivistes et de personnes ressources telles que M. Paul-Émile Tremblay qui se souvenait de l'emplacement de ce site. Les restes d'un bateau (un "vapeur" pour être plus précis) de près de 40 m (39.6 m; 130 pieds) datant du XlXème siècle (période de 1809 à 1820) furent ainsi localisée. Il ne reste en fait que la moitié de la coque en dehors de la vase.

L'intérêt de ces fouilles réside dans le fait qu'elles nous permettront de mieux comprendre notre patrimoine maritime et industriel. On se souviendra qu'à cette époque (début du XIXème siècle), Montréal commençait à se distinguer par ses industries dynamiques.

La famille MOLSON, ayant déjà vécu sur l'île du même nom (située entre l'île Charron et l'île Gros-Bois) hivernait alors sa flotte marchande à l'abri des courants dans les chenaux de cet archipel.

LES 3 VOLETS DE LA RECHERCHE

Fidèle à sa tradition et respectant la rigueur nécessaire à de tels projets, le C.H.A.S.Q. nous présenta se méthodologie et son équipe multidisciplinaire.

1er VOLET: LE RÉPERTOIRE SUBAQUATIQUE
M. André Lépine expliqua l'origine des recherches ainsi que les raisons de la fouille. Ce bateau, croit-on aurait appartenu à John Molson. Hors, il n'existe pas d'étude archéologique sur les vapeurs de cette époque dans la région montréalaise.

L'auditoire a été surpris de constater les difficultés financières et techniques que doivent aborder les membres du Comité si l'on considère les budgets encourus pour un tel projet. Heureusement le bénévolat existe toujours et de nombreuses compagnies privées appuient les recherches par des prêts d'équipements et de Services. Citons entre autres La Boutique du Plongeur (Triton), la Compagnie Honda, le département de génie minéral de l'École Polytechnique de Montréal, la compagnie JOHNSON OUTBOARDS, l'institut botanique de l'Université de Montréal et l'aide très précieuse du docteur Harold Edgerton du Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) de Boston.

Grâce aux travaux "sonar" de ce dernier il a été permis de balayer électroniquement les fonds du fleuve St-Laurent aux abords des îles de Boucherville. On y découvrit plusieurs indices qui permirent de localiser l'épave et de délimiter le secteur de fouilles et ce malgré une visibilité des plus réduites (moins d'un mètre-3 pieds environ(. La cible gît sur un fond à 450 de pente et est recouverte de plus de 2.5 m de dépôts limoneux.

2e VOLET: LES RECHERCHES EN ARCHIVES
M Jean Bélisle nous expliqua la façon d'organiser les recherches dans les archives. Historien maritime reconnu, M. Bélisle enrichit son exposé de diapositives et d'iconographie explicative.

Le bateau retrouvé est plus gros que le célèbre "ACCOMODATION" Il mesure 39 mètres et quelques alors que l'autre mesurait seulement 25 mètres environ et avait été lancé en 1809. Les archives, ainsi que les fouilles "in situ" laissent croire que l'épave découverte serait celle du "SWIS SURE" ou du "NEW SWIS SURE" lancé vers 1812. Il aurait été muni d'un engin à vapeur "BOULTON and WATT" de 30 forces de fabrication anglaise et à propulsion par roues à aube.

Durant son exposé, teinté de l'humour qu'on lui connaît, M. Bélisle expliqua la technique de l'époque en matière de construction de vapeur.

3e VOLET: L'ÉTUDE MICROSCOPIQUE
M. Michel Famelart, biologiste de l'Institut botanique nous initia à la biologie du bois. La méthode de datation du bois, provenant de l'épave fut démontrée. Il s'agit d'étudier à l'aide d'appareils des plus sophistiqués de fines lamelles de bois, pour en déterminer l'espèce, l'âge et par là en déduire la provenance.

En résumé, je dois vous dire que le Québec peut être fier de compter de tels spécialistes et archéologues. Toutefois, il est regrettable qu'il n'existe pas de budgets permanents destinés à soutenir et financer ce genre d'opération.

Encore une conférence qui ne pourra laisser indifférent nos plongeurs québécois à cette cause:
"L'Archéologie de nos fleuves et rivières".

 


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Dernière mise à jour:  12 mars, 2006