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PERCÉ
La Plongée en Gaspésie

Par George Mamelonet, président
Parc Sous-Marin de la baie de Percé

Revue LA PLONGÉE, Volume 21, No. 1, Juin 1994

 

Au confluent du courant de Gaspé, de reliquats du courant glacé du détroit de Belle-IsIe et du courant de la Baie des Chaleurs, sur la pointe de cette côte où en 1534 Jacques Cartier aborda pour la première fois le rivage canadien, caressé par les vagues mourantes du large, se dresse le Rocher Percé. Navire de pierre échoué depuis quelques milliers d'années, sculpture monumentale d'une autre ère, ce léviathan domine la baie de Percé de ses 100 mètres.

Telle une immense baleine au repos, à quelques encablures du Rocher, se dessine l'île Bonaventure, coiffée d'une forêt touffue d'épinettes. Elle est survolée, d'avril à novembre, d'une nuée d'oiseaux marins. Classée parc national, cette île abrite la plus importante colonie de fous de Bassan d'Amérique du Nord. D'importantes colonies de cormorans, de mouettes et quelques macareux colorés sont du voisinage. Tous ces volatiles, se reproduisant sur l'île, doivent assurer leur boire et manger et pourvoir aux besoins de leurs descendants. C'est chaque jour que sont puisées à même la mer plus de vingt tonnes de poissons divers.

La mer, petite portion de l'Océan Atlantique enserrée entre le Québec, Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, porte ici le nom de Golfe Saint-Laurent. D'un bleu toujours profond, elle semble désirer dissimuler à l'oeil du commun des mortels son sein et ses merveilles. Longtemps crainte, elle se laisse approcher depuis peu par tes plongeurs.

C'est à Percé, naguère petit village traditionnel de pêcheurs côtiers, orienté depuis quelque temps vers la réception de la clientèle touristique, qu'une base de plongée a vu le jour en 1984. On y trouve 'out ce qui est nécessaire pour la pratique de la plongée nordique: costumes isothermiques et équipements adaptés, guides qualifiés, remplissage et transport sur les nombreux sites qui demandent pratiquement tous une approche par mer.

C'est au Bilbo, au Cornu, à l'Anse Chatouilleuse, à la Baie des Marigots, à la Roche aux Oiseaux, à la Pierre Carrée, au Cap Blanc, au Tombant ou au Mur Noir, tous des sites aux noms originaux hérités du début des colonies du Bas Canada, que se font principalement les plongées. Le peu de courant, la faible profondeur et la température assez clémente de l'eau permettent des plongées assez faciles où tous les niveaux de plongeurs peuvent évoluer avec plaisir au milieu d'une flore et d'une faune excessivement riche et diversifiée.

L'impressionnante quantité de matière organique en suspension, phytoplancton et zooplancton, qui défile devant le masque lors de la promenade sous-marine, sert de base nourriture à toute une vaste population animale, du concombre écarlate à l'anémone plumeuse, du lançon au rorqual, de la morue au homard.

Sur des fonds aux reliefs tourmentés, au milieu d'éboulis rocheux gigantesques, aux détours de tunnels ou de cavernes fantastiques, il n'est pas rare de se trouver nez à nez avec un cormoran en quête de collation, un fou de Bassan en fin de plongée ou un phoque gris curieux et attiré par le gargouillis des bulles.

Les plus chanceux évolueront peut-être, de juillet à la fin août, au sein de bancs de dauphins à flancs blancs pendant leur chasse au hareng, spectacle inoubliable et saisissant, ou bien auront le loisir de croiser la route d'un pèlerin se dorant au soleil gavé de plancton. Ce poisson énorme mesure plus de 8 mètres mais compte parmi les plus rapides car son profil de squale lui permet des pointes de 70 à 80 kilomètres à l'heure.

Accompagnés des guides du Club Nautique de Percé, la plupart pourront observer les colonies de phoques de l'île Bonaventure près du "Boeuf Couché" ou de la "Roche carrée". Les plongeurs ne s'apercevront peut-être pas qu'ils sont observés à leur tour, et souvent de très près, par ces mêmes phoques que les palmes de couleur pâle amusent et fascinent.

Aux ballades le long des tombants recouverts d'anémones succède l'observation des nombreux homards arpentant les fonds rocailleux. Parmi les bancs d'algues laminaires l'observateur attentif découvrira un monde en miniature fascinant car ces forêts subaquatiques servent d'abri à pratiquement toutes les espèces pendant la phase larvaire de leur existence.

Au pied du Rocher Percé, sur demande spéciale, il est possible d'aller visiter des installations sous-marines de conservation de homards, "homarus americanus" et de contempler sur le fond quelques milliers de ces savoureux crustacés qui attendent patiemment leur remontée vers les chaudrons des restaurants du village. En effet, par vingt mètres de fond, des restaurateurs soucieux d'offrir un produit de qualité ont installé plusieurs cages dans lesquelles sont conservé leur approvisionnement de la saison. Des plongeurs attitrés descendent quotidiennement nourrir les homards et remontent avec les besoins de la journée, difficile de trouver plus frais…

Pour les amateurs d'histoire et d'épaves, quelques sites relatent l'histoire de l'arrivée des vapeurs irlandais de l'époque de la grande famine de la patate, origine de l'immigration d'une bonne partie de la population nord-américaine. Gisent sur le fond les vestiges de ces grands navires mixtes, voile et vapeur, qui s'échouèrent ou sombrèrent avant de toucher terre. Pratiquement vierges de toute reconnaissance, les côtes de la Gaspésie recèlent aussi un grand nombre d'autre épaves qui n'ont pas été localisées et que certaines légendes du pays remplissent de trésors fabuleux. Ainsi l'or du Colborne fait encore jaser. Ce vaisseau coula à Port Daniel, petite localité au sud de Percé, avec à son bord la solde de toute la garnison anglaise de l'époque et une cargaison d'ornements religieux en provenance d'Europe. Plusieurs navires de combat de la dernière guerre, coulés par les flottilles de sous-marins nazis qui chassaient dans le Saint-Laurent, sont indiqués sur les cartes des naufrages mais ne sont pas encore localisées ni visitées. Les sites de naufrage se comptent en fait par centaines dans le Golfe Saint-Laurent, un des axes de navigation les plus fréquentés au monde depuis des siècles. Cette région est donc un véritable paradis pour les passionnés de la recherche et de la découverte d'épaves.

En plus de la plongée, Percé et sa région regorgent de panoramas idylliques, de promenades en pleine nature, d'activités de pleine air et d'horizons immenses tout en permettant, grâce à ses établissements d'hébergement et de restauration, de profiter d'un séjour reposant dans un environnement géographique unique, sur les lieux de découverte de cette partie française du Canada.

Enfin, pour célébrer le dixième anniversaire de la fondation de la base de plongée aura lieu du 1er au 7 août 1994 un festival de la plongée auquel sont conviés tous les plongeurs. Au programme une chasse photographique de trois jours dotée de nombreux prix, une chasse au trésor de trois jours, avec trésor à la clef digne des Pirates l'île de la Tortue, activités nombreuses et amusement garanti.

 


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Dernière mise à jour:  22 juin, 2009