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LE PARC DES ANCRES
de
Pointe-des-Cascades

par Réal Chartrand

Revue LA PLONGÉE
Volume 20, No. 5, Février 1994

 

Situé au confluent du St-Laurent et de l'Outaouais, à quelques minutes à l'ouest de Montréal, la Pointe-des-Cascades est l'endroit tout désigné pour s'initier à l'histoire maritime.

Il y a au Québec des organismes qui se sont donné comme mandat de reconstituer l'histoire régionale en pratiquant la plongée. Ainsi la société historique et de recherche de Pointe-des-Cascades centre ses énergies sur la mise en valeurs de l'histoire de la colonisation du Haut Saint-Laurent.

 

Société à but non lucratif, elle fête cette année son 20ème anniversaire. Parmi ses réalisations, notons un musée où maquettes, cartes, photos et objets anciens illustrent l'histoire locale. Mais le plus impressionnant, et le plus original, reste sans contredit son immense Parc des Ancres. Plus de 75 ancres, dont certaines datent des années 1700, y sont exposées en permanence. On peut les voir, les toucher et même y grimper car certaines pèsent jusqu'à 15 tonnes.

Plongeur depuis 1959, Jean-Pierre Poirier nous a guidé sur le site. Membre fondateur toujours actif, il est directeur administratif et coordonnateur des activités et des aménagements extérieurs. Il est appuyé dans son travail par Pierre Clément, président et lui aussi membre fondateur de la société. Archiviste, ce dernier fouille les vieux registres et y découvre les secrets de l'histoire.

Tous deux ont suivi des cours d'histoire et d'archéologie subaquatique dans les années '70. Ils sont une source intarissable d'informations historiques régionales. Les anecdotes, dont plusieurs datent de plus de 200 ans, font partie de leur conversation.

Comment cette aventure a-t-elle débutée?

Jean-Pierre sourit et raconte: "Comme tous les jeunes plongeurs de l'époque, c'est peut-être le désir inavoué de découvrir un trésor qui nous motivait!. Par contre, des trésors, il n'y en a pas dans la région."

Pourtant, Jean-Pierre, vous avez laissé tout un trésor à vos concitoyens!

Tout a commencé par d'anciennes cartes de navigation. Puis il fallait trouver un site pour la mise en valeur. C'est alors que le choix s'est arrêté sur Pointe-des-Cascades. Attrayant décor, situé de part et d'autre du canal Soulanges à la hauteur de l'écluse numéro quatre, c'était l'endroit idéal pour compléter la thématique.

On se rappellera que jusqu'au XlXème siècle le commerce maritime se faisait avec des bateaux à fond plat entre Montréal et l'Ontario. Comme il était impossible de remonter les rapides du fleuve, on avait construit divers canaux au fil des époques. Il fallut attendre la fin des années 1800 pour enfin avoir une voie navigable sécuritaire: le canal Soulanges devenait ainsi la suite logique du Canal Lachine, les deux encadrant l'orageux lac St-Louis. Le canal Soulanges a donc joué un rôle de premier plan dans le développement de la région du Haut Saint-Laurent.

Sur le site du Parc des Ancres on peut voir des ancres de toutes sortes: ancre à jas repliable, à bascule, des grappins à boulet énorme et même une en caoutchouc. Chaque ancre est installée sur un socle et est décrite par une plaque.

Évidemment les plongeurs n'ont pas trouvé que des ancres.

Canon, mousquet, boulets, assiettes, bouteilles, outils variés et même une pompe manuelle servant à alimenter en air les scaphandriers, meublent le musée.

Une autre pièce ne manquera pas de vous intriguer. C'est une énorme poutre de 40 cm de coté et de plus de 12 mètres de long qui rappelle l'époque des "cajeux". Au XlXème siècle, des artisans du bois prenaient commandes d'essences précises pour le compte de constructeurs navals. Ils partaient ensuite avec toute leur famille pour près d'un an vers les forêts de l'Ontario. Lorsqu'ils avaient choisi leur bois, ils l'équarrissaient, puis assemblaient les immenses poutres pour en faire des radeaux imposants. Le bois précieux comme le chêne en dessous, pour qu'il ne gauchisse pas, et le pin qui flotte mieux sur le dessus. Lorsque la "cage", le radeau, était complétée, les "Cajeux" y construisaient une cabane sur le dessus et redescendaient vers Québec. La cage était munie d'une voile et était dirigée à l'aide de grands pics. Bûcherons et draveurs d'un autre genre, on peut voir leurs outils au musée.

Une chaîne de 100 mètres de longueur est également exposée qui aura certainement posé grand problème aux renfloueurs.

La visite du Parc et du Musée s'effectue en quelques heures et M. Clément se fera un plaisir de répondre à vos questions. Une aire de pique-nique et une piste cyclable permettra de compléter agréablement cette sortie familiale.

Les plongeurs pourront mouiller leurs palmes en aval de l'écluse. Le site offre une profondeur de 8 mètres avec plus de 12 mètres de visibilité, sans vagues ni courant. Au cours de l'été l'eau offre un confortable 24 degrés. Il faut toutefois s'assurer auprès de la municipalité qu'il n'y a pas de manoeuvres des écluses.

Vous pourrez y observer des carpes imposantes, des crapets, des anguilles et une forêt de myriophylles. On y trouve les fameuses moules zébrées dont on nous parle tant.

Pour information:

Société de recherches historiques de Pointe-des-Cascades,
52, chemin du Fleuve, Pointe-des-Cascades, Qc J0P 1M0
(514) 455-3414 ou 5310

Réal Chartrand, auteur de l'article, est copropriétaire de l'école de plongée LE NAUTILE de Vaudreuil (514) 455-7262.

 


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Dernière mise à jour:  22 juin, 2009