Retour

RETOUR

Retour à la page d'accueil

  


L'OXYGÈNE
et les accidents de plongée

par
Arthur Dick, M.D., Peter B. Bennett Ph. D.,
et John N. Miller, M.D. de Divers Alert Network (D.A.N.)

Revue LA PLONGÉE, Volume 10, No.6, Juin 1983

 

Les études ont démontré que le meilleur traitement à appliquer dans des cas de maladies de décompression ou d'embolies à l'air est la recompression immédiate. Cette tendance à mettre l'emphase sur une thérapie dite de recompression semble dominer l'actuel domaine d'intervention en cas d'accidents de plongée graves. Malgré que cette pratique soit des plus appropriées là où une chambre hyperbare est à la portée de la main (i.e. dans des conditions de plongées expérimentales, commerciales ou militaires), elle convient rarement aux cas de plongeurs sportifs qui plus souvent qu'autrement plongent bien à l'écart de tels équipements.

Un traitement par recompression d'un plongeur accidenté moyen supposera, dans la plupart des cas, entre 2 et 12 heures de transit vers une chambre hyperbare, et ce, dans des conditions optimales. Il ne s'agit donc pas d'une "recompression rapide" et prouve que les cas d'accidents de plongée sportive doivent être envisagés d'une façon différente que les cas spéciaux précités. Persister dans la seule voie de la recompression et n'essayer, par exemple, que de seulement accélérer le transport vers une quelconque chambre est irréaliste. Accepter le délai et l'inclure dans le plan de traitement d'accidents de plongée semble plus sage et amène à examiner de plus près les mesures à prendre avant d'en venir à la thérapie de recompression en chambre. Il ne faudrait jamais gaspiller l'importante durée de traitement offerte au cours de la période de transport. L'utilisation adéquate de cette période sera certainement déterminante pour la complète remise sur pied de la victime.

On sous-estime beaucoup le traitement par respiration d'oxygène à cause de cette fixation mentale sur le besoin de recompression. Certes, l'oxygène seul ne saurait jamais remplacer la recompression mais il convient de reconnaître le rôle clé qu'il jouera dans un traitement précoce de victimes d'accidents de plongées sportives.

Comment le fait de respirer de l'oxygène à 100% le plus vite possible après l'accident se compare-t-il avec la thérapie hyperbare? Parce que cette dernière est très efficace lorsque disponible, aucune étude ne peut à l'heure actuelle répondre avec précision à cette interrogation. Seuls des rapports cliniques de cas fortuits peuvent commencer à prouver cette efficacité. Et le Divers Alert Network (D.A.N.) accumule graduellement de telles données.

Selon notre expérience, l'oxygène est le seul principal traitement qui est hautement efficace contre la maladie de la décompression ou l'embolie à l'air, autre que la recompression. L'examen des résultats de traitements de plus de 200 plongeurs ayant appelé D.A.N. à l'aide dans les derniers 18 mois, révèle que l'oxygène à lui seul a contré les pertes sensorielles et les paralysies. Et ce, dans des cas soit d'embolie soit de "mal des caissons". Toutefois, lorsque l'oxygène n'était utilisé que pour une courte période, on remarquait le retour de symptômes atténués.

La comparaison entre des cas aussi sérieux à la fois de mal de décompression et d'embolie à l'air, traités à l'oxygène et ceux où ce gaz ne fut pas employé, démontra un meilleur taux de réussite de suite d'inhalation précoce d'oxygène. On n'insistera jamais assez sur les bienfaits d'un tel traitement promptement administré. De plus voilà une solution disponible en quelques minutes de la plupart des sites éventuels d'accidents et qui préviendra des dommages irréparables au systèmes nerveux.

L'oxygène est efficace de bien des façons. Les cas de maladies dues à une trop rapide décompression sont causés par la formation de bulles, et du sang qui s'y coagule, le tout obstruant la circulation sanguine. Il s'en suit une diminution de l'arrivée de sang aux tissus vitaux. Ce flot étant réduit, le flot de sang transporte moins d'oxygène et les tissus déclinent.

La respiration d'air ambiant sature à 80% le flot artériel d'azote. Il reste donc un maigre 20% occupé par l'oxygène pour éliminer l'azote des bulles. Toutefois, respirer 100% d'oxygène assure au sang 100% de capacité d'élimination de l'azote. Il s'agit bel et bien d'une amélioration de 5 fois par rapport à l'air !

En un tel cas (décompression), les poumons, filtrant eux aussi les bulles et produits reliés du système veineux, sont endommagés et leur capacité de réoxygéner le sang diminue d'autant. L'administration d'oxygène résout définitivement ce problème.

L'embolie peut être mineure et ne causer que de légers symptômes, ou sérieux, entraînant la perte de connaissance et une paralysie générale. Dans un tel cas extrême, le flot sanguin n'arrivant pas à "décompresser" ou éliminer adéquatement des tissus l'azote qui y est captif, le plongeur souffrant déjà d'embolie développera également un cas de maladie de décompression. Cette complication par combinaison d'effet se produit rarement chez des plongeurs "expérimentaux" car une prompte recompression permet de l'éviter Toutefois, ce scénario n'est pas rare suite aux inévitables délais de traitement associés aux conditions prévalant dans des cas de plongeurs sportifs.

L'oxygénothérapie est efficace pour des cas de victimes embolisées car elle améliore la qualité du R.C.R. (réanimation cardio-respiratoire) souvent nécessaire dans de tel cas, et contribue à réduire les complications d'ordre "dite de décompression".

Combien d'oxygène sera nécessaire? Il est difficile de le prédire mais nous savons qu'un traitement de 30 minutes est insuffisant. Donc, nous suggérons qu'un minimum d'une à deux heures d'oxygène soit disponible à bord d'importants bateaux de plongée ou à des établissements de plongée. Une petite bonbonne ne conviendra pas.

Il existe des bonbonnes de 80 pieds cubes disponibles sur le marché auprès de compagnies de gaz comprimé. Et si l'administration d'oxygène médical tombe sur la coupe de prescriptions médicales dans certains états, celles-ci ne devraient toutefois pas être difficiles à obtenir.

Les fournisseurs d'appareils médicaux peuvent fournir les valves. les masques et autres appareils utilisés par les équipes de sauvetage. Les tests ont prouvé l'importance de masques oro-nasaux de qualité munis d'une jupe faciale flexible afin d'atteindre les taux d'oxygène souhaitables pour un plongeur. Les masques jetables ou les embouts nasaux rigides ne sont pas recommandés.

Le régulateur n'est pas nécessaire et peut être remplacé par une simple valve sur le cylindre qu'il suffit de contrôler de manière à ce que le ballon attaché au masque, se vide presque entièrement à chaque inspiration d'oxygène. Ceci est le plus économique et efficace moyen d'administrer de l'oxygène à un plongeur. L'utilisation d'un masque dépourvu de ballon nécessitera un énorme débit pour atteindre les mêmes concentrations.

Malheureusement, l'oxygène est généralement rare sur le site d'un accident de plongée. En connaissant l'efficacité et la sécurité de l'oxygène, pourriez-vous vous en passer dans un cas d'accident? La prochaine fois que vous plongerez à bord d'un bateau spécialisé ou que vous vous reposerez dans une quelconque base de plongée, vérifiez donc s'ils ont de l'oxygène dans leur équipement médical d'urgence.

Pour plus d'information au sujet de D.A.N. écrire à :

Divers Alert Network
Box 3823
Duke University Medical Center
Durham, North Carolina, 27710

 


Si vous avez des commentaires sur ces pages SVP, communiquez avec l'administrateur.
Dernière mise à jour:  19 janvier, 2003

Si vous avez des commentaires sur ces pages SVP, communiquez avec l'administrateur.
Dernière mise à jour:  04 December, 2005