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L'épave du
LILLIE PARSONS

par Monique Bellefeuille

Revue LA PLONGÉE
Volume 17, No.4, Août 1990

Quoi ou qui est Lillie Parsons ? C'est une épave que le Save Ontario Shipwrecks (S.O.S.)(1) s'est chargé d'étudier afin de jeter la lumière sur son histoire et sa fin tragique.

Elle repose sous la Voie Maritime du St-Laurent sur les côtes nord de Sparrow lsland. En 1984-85, S.O.S. entreprit des recherches sur les restes du Lillie Parsons. Grâce au travail des volontaires et de la promotion pour la préservation maritime, beaucoup d'informations furent découvertes et communiquées aux plongeurs de la communauté de même qu'au musée de la ville de Brockville.

L'organisation a retracé les débuts du navire et suivi son histoire jusqu'à sa fin tragique. On ne peut parvenir à l'île (et à l'épave) que par bateau.

Différents clubs de la région d'Ottawa-Hull (et autres) visitent le Lillie Parsons au début de la saison de plongée. Cependant, en octobre de chaque année, tous les clubs de plongée se rassemblent pour une des plus "grande-bouffe-plongeurs" qui clôture la belle saison de plongée.

Ronald McDonald, de Cornwall Ontario, effectue le trajet vers l'île à des prix raisonnables.

(1) S.O.S. est l'organisme bénévole ontarien qui regroupe des centaines de plongeurs, archéologues amateurs et amants du patrimoine maritime des Grands Lacs. Les buts de leur association étant de répertorier, étudier, protéger et mettre en valeur les épaves.

Histoire du Lillie Parsons

Parsons et Humble de Tonawanda (New York) ont construit et lancé le Lillie Parsons le 5 septembre 1868. Elle fut enregistrée à Oswego, New York, le 18 septembre 1868 sous le numéro 15509. M.l. Morgan a produit un portrait du bateau à des fins d'archives puisque aucune photographie n'a pu être retrouvée.

La goélette à deux mats mesurait 131 pieds de longueur, 26 de large et 10 pieds de cale. Elle pouvait transporter de grandes quantités de diverses cargaisons grâce à sa capacité de 500 tonnes, de sa double coque et de ses poutres de soutien. Sa cargaison était composée de blé, d'orge, de fer pour les rails, de sel et de charbon. Ce dernier fut la dernière marchandise qu'elle transporta.

Il connut diverses mésaventures alors qu'il opérait dans la région des Grands Lacs.

Premièrement, il y eut une collision avec le John Mayer, (le 9 mai 1870); puis il s'échoua sur les berges de Devil's Nose Lake en Ontario (le 24 août 1870); troisièmement son amarre s'accrocha dans la patte d'ancre d'une autre goélette qu'elle rencontrait: le Shook (le 29 juillet 1871); quatrièmement il s'échoua (pour une deuxième fois) à la Pointe au Pélée et y perdit son gouvernail.

(Le 26 oct. 1871), et la cinquième et dernière fois le 5 août 1877 il coula près du coin nord de Sparrow lsland. Il y avait alors une tempête terrible et naviguer dans l'étroit passage de Brockville lui était difficile. Une soudaine bourrasque vint le fouetter, son chargement se déplaça et il se mit à couler.

Le Lillie Parsons ne se rendit jamais à Brockville, mais le capitaine, son épouse et son équipage s'en sortirent sans difficultés. Le bateau se retourna, glissa sur le haut-fond et sombra à l'endroit où il repose présentement.

Sa poupe était carrée et un aigle trônait à sa proue. Elle avait été construite avec des lignes claires facilitant les manoeuvres et idéales pour la vitesse. Peinte en vert, elle avait deux rayures blanches. C'était un des vaisseaux les mieux construits et les plus solides de son époque; il fit le tour d'Oswego à Chicago en 25 jours: un record pour son temps.

Parsons et Humble n'en étaient plus les propriétaires lors de ces événements, ceux-ci étaient Barry Lynch et William QuinIan d'Oswego et son capitaine, David Biggs d'Oswego également.

Le Site

Tel que mentionné auparavant, cette épave ne peut être rejointe que par bateau. Elle est située dans l'étroit passage de Brockville, St-Lawrence Seaway, Sparrow lsland Ontario. Le Département des Parcs de Brockville a aménagé un débarcadère et une aire spéciale pour les plongeurs. Une ancre et une chaîne guident le plongeur directement à l'épave. Elle s'étend dans 42 pieds d'eau avec son mât principal qui descend jusqu'à 83 pieds de profondeur. Elle est à l'envers, rendant sa quille et sa coque tout à fait visibles. Le pont est presque entièrement recouvert de charbon (sa dernière cargaison). L'intérieur est accessible par la poupe; en suivant la ligne de charbon jusqu'à la proue, on peut entrer complètement.

On ne saurait qu'encourager la prudence extrême et la pratique de la "loi des tiers" (un tiers à l'entrée, un tiers à la sortie et un tiers de réserve) lors des pénétrations de cette épave. Un cours spécifique de plongée d'épave s'impose AVANT d'entrer dans l'épave.

La roue et l'engrenage furent enlevés (par des plongeurs) il y a 21 ans et furent retrouvés par la suite. Cependant toutes ces pièces de métal s'étant détériorées, il devient impossible d'en faire l'identification. Les seules pièces restantes en bon état sont les écrous de cuivre. Laissées dans l'eau, cette destruction insensée n'aurait pas eu lieu, car l'eau aurait gardé la plupart de ces pièces intactes.

La plupart des pièces de collection (cataloguées et conservées) furent données au Musée de Brockville pour l'exposition de pièces marines. Ce don fut réalisé pour s'assurer que des pilleurs d'épaves ne pourront s'emparer de ces pièces historiques à des fins personnelles.

Elle s'enfonce vers sa dernière demeure

Comme la plupart des épaves (sous-marines) l'érosion et la pollution sont causes de problèmes. Les courants puissants qui balaient sa coque, en emportent jour après jour un peu plus. La pollution détériore le grain du bois et la rouille attaque lentement les pièces de métal. Et comme le Lillie Parsons est installé sur un banc de sable, il glisse tranquillement vers le fond.

Néanmoins, cet événement n'est pas prévu dans un proche avenir et les plongeurs pourront encore profiter de sa présence pendant quelques années.

Cette fois encore, Save Ontario Shipwrecks nous a fourni des informations de qualité, et grâce à son mandat de promouvoir la conservation d'épaves, les plongeurs peuvent visiter des navires presque intacts, les photographes peuvent profiter d'images et de sujets intéressants, et les écrivains dont je suis, peuvent vous en raconter les hauts faits.

"Plongez pour le plaisir, non pour détruire"; les épaves font partie de notre héritage marin, de notre histoire et tous les efforts doivent être faits afin de les préserver.

 


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005