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HISTOIRES DE PLONGEUR...

par Jacques Boisvert

Revue LA PLONGÉE
Volume 13, No. 6, Décembre 1986

 

Monsieur A.E. Smith énumère 81 sortes de fleurs sauvages qu'il a identifiées sur la pointe Drummond, lac Memphrémagog dans son livre: The Drummond Point Story. Cela peut surprendre mais n'est qu'une partie infime des richesses qui nous entourent.

Lors d'une plongée, en 1980, avec mon fils Martin (c'était sa première plongée de nuit) nous avons compté dix-sept espèces différentes de poissons et crustacés dans un endroit où la profondeur n'excédait pas 30 pieds.

Le 27 novembre1981, j'étais dans la baie "Whitehead Cove" au nord de Georgeville. C'était le temps du frai et je me suis retrouvé entouré de nombreuses grosses truites. J'avais l'impression d'être attaqué: il y en avait tellement que je me demandais comment elles faisaient pour circuler. Aujourd'hui avec plus de 2000 plongées dans le lac Memphrémagog, je constate que ce phénomène ne m'est arrivé qu'une seule fois: peut-être que l'intrus dérangeait...

Le 10 avril 1981, juste en face de la station de pompage de Magog, la glace n’était pas encore toute partie, j'ai vu un gros poisson. L'examinant de près je me suis aperçu qu'il était aveugle: des cataractes blanches recouvraient ses yeux. Alors, je me suis approché et l'ai pris entre mes mains, il mesurait environ 30 pouces de long. Lentement il a commencé à agiter la queue et s'est mis à avancer. Je ne pouvais le tenir à cause de sa viscosité. J'ai revu au sud du Mont Owl's Head ce même type de poisson en 1984. J'ai parlé du fait à notre autorité sur la pêche, M. Marcel Langlois, qui m'a confié avoir déjà attrapé ce genre de poisson. D'après la description que je lui en ai fait, il s'agirait de la lotte américaine de l'est ("lota lota lacustris" dans le langage d'érudit).

Vers 1982, entre 70 à 90 pieds de profondeur je retrouvais des petits poissons bizarres que j'avais alors surnommés "les sauteux". Un jour je reviens au bateau et m'aperçois qu'un de ces petits "sauteux" était dans le sac que j'utilisais pour rapporter mes trouvailles.

C'est alors que j'ai communiqué avec un biologiste de l'Université McGill, M. Mark Hanson, qui m'a demandé d'essayer d'en capturer un pour qu'il puisse l'étudier. Un bon jour j'en ai fait "sauter" un dans mon sac, j'étais très content de le remettre à M. Hanson. C'était un chabot des profondeurs communément appelé en anglais: "deep water sculpin". Ce poisson vit dans la partie froide du lac et on peut ne le retrouver qu'à certaines profondeurs. Ce poisson doit longer le fond pour atteindre la surface car il ne possède pas de vessie natatoire pour l’aider à nager entre deux eaux comme les autres poissons. Il ressemble à un têtard. Lorsque j'ai rencontré le biologiste pour lui remettre le poisson, il était très heureux car c'était la première fois qu'il lui était possible d'en voir un vivant. Il en avait souvent vu dans Ie ventre de d'autres poissons. Il m'a dit qu'il serai4 conservé dans du formol à la faculté de biologie de l'Université McGill avec la date de la capture et le nom du pourvoyeur. Je taquine souvent mes amis en leur rappelant que je suis le "pourvoyeur officiel" de chabots des profondeurs pour l'Université McGill.

L’observation de la nature m'émerveille toujours et c'est toujours une grande joie qui m'envahit chaque printemps et chaque été alors que je retrouve mes amis du fond de l'eau.

Jacques Boisvert

 


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005