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HAROLD ARSENAULT

Une entrevue de Roxanne Lamoureux

Photos : Louis Falardeau

Revue LA PLONGÉE
Volume 17, No. 4, Août 1990

 

Un jeune cinéaste bien de chez nous, un Gaspésien pure laine en plus. Peu de gens le connaissent et pourtant son premier film sous-marin a été diffusé à plusieurs reprises à la télé. Ceux et celles qui ont vu "La vie cachée du St-Laurent" ont immédiatement été séduits par la beauté des prises de vue sous-marines tournées dans les eaux gaspésiennes. Ce film s'était mérité le prix Gémeaux de la meilleure émission documentaire et avait attiré l'attention au Festival Mondial de l'image Sous-marine d'Antibes en 1988.

Mais qui est donc ce jeune cinéaste sous-marin québécois? Harold est né à Gaspé et y a fait toutes ces études jusqu'au niveau collégial. Certifié plongeur en 1984, n'ayant que 6 heures d'expérience en plongée et aucune en cinéma, il est engagé par la Société de production sous-marine dont son père était le propriétaire, pour le tournage de "La vie cachée du St-Laurent".

ce moment tout était nouveau pour moi; la caméra, les sites de plongée et même pour ainsi dire, la plongée elle-même puisque je n'avais que très peu d'expérience sous l'eau. Tout ce que je filmais était une source d'émerveillement. La plupart des espèces rencontrées ne m'étaient connues que par des descriptions de livres."

Ce film a nécessité 6 mois de tournage. Quand on sait que la caméra utilisée, une Bolex 16mm datant d'une vingtaine d'années ne peut tourner que 150 secondes (2½ min.) de film à la fois et qu'ensuite il faut sortir de l'eau pour recharger, vous vous imaginez alors la somme de travail nécessaire pour le tournage d'un documentaire d'une heure!

Depuis le tournage de ce film, Harold n'a cessé de s'intéresser à la cinématographie que ce soit sous-marine ou terrestre. Il a été entre autres assistant de production sur le long métrage "Les fous de Bassan" (1986), stagiaire à la caméra sur le long métrage "Marie s'en va t'en ville" (1986), cameraman sur le court métrage "L'homme qui a vu l'ours" (1987). En 1988, il devient propriétaire de la Société de Production Sous-marine appartenant auparavant à son père. Puis l'année '89 a été bien remplie: des tournages de prises de vues sous-marines dans la Série chasse et pêche, "Sport O'Keefe" et comme assistant-cameraman sur le film Cargo et j'en passe.

Venons-en enfin à "HOMARUS AMERICANUS", le documentaire tourné en 1989 qui lui a valu la Palme d'or, le Prix de la ville d'Antibes, le prix du Ministère de la culture et des communications au 16ème festival mondial de l'Image Sous-marine d'Antibes Juan-les-Pins.

C'est lors de ce tournage que j'ai rencontré ce jeune homme ainsi que sa compagne de travail, Michèle. Nous avons travaillé ensemble pendant 2 jours, et je vous assure que les moyens techniques utilisés pour le tournage sont plus que rudimentaires. Comment communiquer avec Harold qui nous attendait au fond pour savoir quand nous devions faire ceci ou cela? Ce n'était pas très difficile: dès qu'il était prêt à filmer, Harold laissait remonter une bouteille de jus d'orange vide. C'était le signal pour que nous du bateau commencions à jouer notre rôle. Mais les courants et le vent n'aidant pas, il aura fallu recommencer la scène du "lancer du casier à homard à l'eau" plusieurs fois. Il a même fallu une fois qu'il se déplace rapidement car la cage tombait directement sur lui. Par la quantité de bulles qui est apparue à la surface à ce moment, Michèle et moi nous sommes dit: "Il doit être en maudit". Mais non! Harold est remonté en riant tellement qu'il a failli s'étouffer. Et c'est ce côté de Harold que j'ai admiré le plus. Il ne se décourage jamais, il est patient, calme et si cela ne marche pas, on recommence... c'est tout! L'eau est froide, alors "papa" lui prêtera de bon coeur sont "Dry suit". Mais le problème, c'est que "papa" fait une fois et demi son poids... mais ce n'est qu'un détail! Ça coule de partout, ça déplace beaucoup d'eau, ce n'est pas grave! C'est plus chaud qu'en "Wet"...

Philosophe, Harold ne recherche pas le "sensass". Quand il parle de l'eau, il dit: "C'est un milieu que j'aime exploiter visuellement pour ses jeux de lumière à travers la surface, sur le fond, dans les algues". Il travaille surtout en lumière naturelle et quand une lumière artificielle est nécessaire, il évite de la faire paraître. En fait ce qu'il veut c'est de rendre ses films "visuellement intéressants". Je crois que jusqu'à présent, c'est réussi !

Je souhaite donc bonne chance à ce jeune cinéaste prometteur et j'espère pour lui qu'un jour il pourra se payer un "Dry Suit" et une ciné-caméra qui lui permettra de tourner plus de quelques dizaines de secondes à la fois.

 

Harold ARSENAULT - réalisateur, cameraman et monteur - Palme d'Or, Prix de la ville d'Antibes, Prix du Ministère de la Culture et des Communications (France) - Prix GÉMEAUX 1988 (documentaire).

HOMARUS AMERICANUS : Film couleur 27 minutes en 16mm
Pour informations (514) 931-6180 Filmoption Internationale Inc.

 


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Dernière mise à jour:  22 juin, 2009