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HAITI
PLONGÉES DE CLASSE
INTERNATIONALE

par Pierre D'Amours

Revue LA PLONGÉE
Vol. 12, No. 5, Septembre / Octobre 1985

 

Les endroits sur la planète où l'on peut vivre l'expérience d'explorateur sont extrêmement rares. L'homme a foulé tous les continents. Il est donc étonnant de découvrir les régions où ses traces ne se sont pas encore manifestées.

"Il n'y a plus de 300 kilomètres de littoral ici, mais à peine deux kilomètres ont été systématiquement explorés. De quoi faire des découvertes pendant des vies entières !"

C'est Allan Baskin propriétaire du centre de plongée Baskin in the Sun, qui parle. Ce centre est niché dans une petite anse pittoresque près de la Pointe Paturon, sur la Gonave, à 45 min. de Port-au-Prince, en Haïti. Baskin évoque la splendeur encore originale des eaux du Golfe de la Gonave où les bancs de coraux sont encore miraculeusement intacts. Baskin est là depuis 8 ans et fait bon ménage, d'ailleurs avec le club Kaliko.

Ce village-hôtel est situé sur une propriété de 70,000 mètres carrés dont 600 mètres de plage. Plusieurs activités sportives et culturelles y sont offertes faisant de cette station balnéaire un excellent complément pour une vacance de plongée. Le complexe est disposé en un village de huttes coiffées du toit en chaume caractéristique de l'architecture locale. Les chambres sont spacieuses et offrent un isolement apprécié. Certaines huttes regroupent deux chambres et puisque l'hôtel est très fréquenté des familles, il serait bon de spécifier lors des réservations, que vous voulez une chambre simple.

La cuisine est excellente. Les équipements de tennis, volley-ball et de planches à voile, gratuits pour les clients de l'hôtel, sont facilement disponibles et en bonnes conditions.

La journée typique du plongeur-vacancier commence à 8 heures au petit déjeuner. Pendant qu'on se gorge de fruits frais, de pains au maniok et de "memba" (sorte de beurre d'arachide épicé), Allan Baskin et son équipe s'affairent sur le catamaran de plongée, "Tap Tap la mer". Votre équipement étiqueté la veille et placé dans un sac portant votre nom est soigneusement rangé a bord. Baskin peut équiper une vingtaine de plongeurs de la tête au pied.

On a prévu les bévues. Grâce à "l'idiot bag", Baskin peut dépanner les plus égarés.

Le départ se fait précisément à 9h30. Les bouteilles sont logées dans une enclave spéciale à bord. Le "Tap Tap" fait 25 m. de long et 6 de large, avec une toilette et une plate-forme supérieure pour les bains de soleil.

L'excursion est courte. Baskin n'est jamais a plus d'une heure d'un site de plongée. "Cette proximité aux différents mouillages est un avantage capital sur les autres centres de plongée des mers du sud", estime Arthur Travers, président de Poseidon Adventure Tours, qui sait de quoi il parle. Venu en Haïti pour évaluer l'entreprise de Baskin, M. Travers démontre d'ailleurs aimer ce qu'il voit. Ayant plongé un peu partout à travers le monde, il croit que les 27 sites reconnus par Baskin jusqu'ici comptent parmi les meilleurs au monde.

Il n'est pas seul à tenir cette opinion. Dans son édition de juillet 1983, le magazine américain Undercurrent, sorte de Guide Michelin de la plongée, accordait au centre Baskin in the Sun, 4 étoiles et demie à un demi-point de la perfection.

Une seule plongée suffit pour s'en convaincre. Eva's Garden, dans la petite archipel des Arcadins, en est un bon exemple. La visibilité le matin de notre plongée était "passable" seulement. Elle s'établit entre 25 et 30 m. Selon Baskin, la visibilité moyenne est normalement d'une cinquantaine de mètres et ce, partout le long de la côte.

Quant à la température de l'eau, elle oscille entre 22 et 27 degrés C. Il suffit d'un petit chandail pour être à l'abri des frissons par 30 mètres de fond! et ainsi, apprécier toute la liberté que procure une eau aussi confortable et limpide !

Le nombre de coraux épatent le plongeur. J'en ai compté plus d'une dizaine de variétés au cours d'une seule plongée. Ici, la splendeur primordiale de la nature reste éternelle. Les amateurs de souvenirs, ennemis mortels du corail, n'ont pas encore envahit la région, et s'il n'en tient qu'à Allan Baskin, il ne se montreront jamais.

"Je cumule les emplois de guide et d'agent de conservation et je suis loin de me plaindre. Tout plongeur qui retire, ne serait ce qu'une parcelle de vie de ces eaux, est passible d'une amende de $5,000 et d'un an de prison! L'amende est endurable mais laissez-moi vous dire qu'un an de prison haïtienne, ce n'est vraiment pas gai !"

L'abondance d'éponge contribue, avec les coraux, à entretenir une faune populeuse et diversifiée. C'est ici, par plus de 50 m. qu'on observe la plus grosse éponge existante. Elle fait plus de 5 m. de largeur et quelques 3 m. de hauteur !

Les poissons aux formes bigarrées et aux couleurs éclatantes, se disputent l'attention de l'explorateur. Les civelles à tête bleue affrontent bravement l'intrus qui ose déranger leur domaine.

Plus loin, un holocentridé se croit bien à l'abri, caché sous un recoin dans le corail. Mais son corps orange, ses nageoires jaunes et surtout sa nageoire dorsale hérissée couleur d'argent, le trahissent à coup sûr.

Des habitants plus imposants font, occasionnellement, leur apparition. Pendant une plongée, un Aigle de mer, espèce de la famille des mantes qui atteint normalement une largeur de 3 à 4 m., nous a surveillés à distance tout en offrant un spectacle dont la grâce trouve peu d'égal dans la nature. Au large de l'île de la Gonave, c'est un grand Barracuda qui est venu nous saluer. Pour les amateurs d'émotions fortes, une déception, les requins n'abondent pas dans les eaux du Golfe de la Gonave. La température de l'eau y est trop élevée et les requins supportent mal la chaleur, semble-t-il.

Cela ne veut pas dire qu'on peut s'aventurer ici impunément. D'autres avaries guettent le plongeur insouciant, légères mais tout de même à surveiller. Deux espèces différentes de coraux irritants habitent cette région. Ils sont facilement reconnaissables à leur couleur doré et leur forme. Un offre un développement en carré, alors que l'autre évoque étrangement le cactus.

L'éponge de feu est aussi à proscrire. Sa couleur rouge et très vive annonce sa nature malveillante. Quant aux oursins et aux méduses, ils sont suffisamment connus des plongeurs pour que leurs "talents" se passent de commentaire.

Il n'y a pas que la plongée qui laisse des souvenirs dans le Golfe de la Gonave, le retour à l'escale peut également épater. Si ce ne sont pas les poissons volants qui divertissent avec leurs acrobaties, ce sera peut-être un groupe de dauphins qui soulèvera l'admiration en escortant le bateau au rivage. Ce fut précisément notre cas au retour de l'île de la Gonave et cette brève expérience vaut à elle seule, la sortie. Les performances de nos spécimens en captivité ne sont qu'un pâle reflet de l'habileté de ces créatures.

Les tarifs respectent la norme dans la région des Caraïbes et se comparent bien aux taux facturés dans l'archipel Fiji et même aux Philippines. Ils sont concurrentiels aussi avec la plupart des tarifs nords-américains.

Les forfaits offerts en collaboration avec le centre de villégiature Kaliko offrent des avantages certains sur la plongée à la pièce. Ils comprennent les tarifs de petits déjeuners et soupers, ainsi que toutes les taxes et les pourboires. Il y a 5 plongées comprises dans un premier forfait et 10 au second. Les plongées de nuit à partir de la plage sont également incluses ainsi que le remplissage des bouteilles. On peut d'ailleurs à l'occasion, bénéficier d'un "Baskin bonus" c'est-à-dire un cent ou deux cents livres d'air supplémentaires dans nos bouteilles.

Note : M. Alan Baskin est décédé à Miami, Floride, le 8 octobre 1999 à l'âge de 70 ans.


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Dernière mise à jour:  15 janvier, 2004

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Dernière mise à jour:  04 December, 2005