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FABRICATION
D'UN HABIT DE PLONGÉE

Visite des productions Atlan Inc.

par Danielle Alary & Michel Gilbert

Revue LA PLONGÉE, Volume 13, No.4, Août 1986

 

Qui d'entre vous ne s'est jamais exclamé en voyant le prix d'un vêtement de plongée: "C'est donc coûteux...". Peu nombreux sont ceux qui, suite à une telle remarque, se sont demandés quelle était la somme de travail nécessaire à la confection d'un habit isothermique moderne.

LA PLONGÉE a voulu en savoir plus long et s'est rendue chez LES PRODUCTIONS ATLAN Inc., de Cap Rouge en banlieue de Québec, pour voir comment on produisait ce que plusieurs appellent un "wetsuit" ou un "dry-suit". Cette entreprise d'à peine un an d'existence occupe déjà une part très importante du marché québécois. Il s'agit en fait du seul fabricant de ce type d'équipement actuellement en opération au Québec.

Comme vous pourrez le constater il n'est pas si simple de concevoir et surtout de produire un vêtement isothermique. Le travail demeure artisanal et si le fait-main assure souvent une qualité irréprochable, il entraîne des coûts qui se reflètent sur le prix des produits. Il est d'ailleurs intéressant de constater qu'en définitive, depuis dix ans, le prix des vêtements a progressé à un rythme fort raisonnable compte tenu de l'évolution en terme de qualité du produit.

Le design s'est fait plus confortable et les matériaux ont gagné en flexibilité, en durabilité et en couleurs. Les finis ont aussi grandi en nombre cependant que les nylons, lycra et autres fibres modernes recouvraient peu à peu le Néoprène brut d'antan.

Si les "machos" y ont laissé leur image de conquérant, les "sirènes" ont davantage senti "l'appel des profondeurs" à travers l'arc-en-ciel des nouveaux coloris. Nous ne serions pas surpris de voir apparaître un nombre grandissant d'adeptes grâce à l'évolution de l'équipement et, en particulier des vêtements.

Voyons donc les principales étapes de construction d'un vêtement de plongée:

1 - La coupe

C'est à même de grandes feuilles de Néoprène que l'on taille les différentes parties du vêtement. Après avoir disposé un patron sur une feuille de Néoprène brut, on en reproduit les contours au moyen d'une craie. Par la suite, on empile jusqu'à une dizaine de feuilles du matériau que l'on découpe au moyen d'un outil électrique ressemblant à une scie sauteuse. Cette technique de découpage épargne beaucoup de temps mais elle ne peut être employée que pour les vêtements humides.

Dans le cas des habits secs, la taille se fait feuille par feuille, à la main, au moyen de ciseaux. Cette méthode assure une coupe plus régulière que la précédente et, partant, garantit une meilleure étanchéité.

Les petites pièces tels les gants, les bottillons et autres découpes de faible dimension s'effectuent au moyen de divers emporte-pièce. La taille est alors parfaite.

2 - La pose des fermetures

La pose des fermetures-éclairs, des bandes de velcro (md) et le perçage des trous pour les soupapes (dans le cas des vêtements secs) sont ensuite réalisés au moyen de l'outillage approprié (machines à coudre, emporte-pièces).

3 - L'encollage

Après la coupe et la pose des fermetures-éclairs, on procède à l'encollage de toutes les pièces du vêtement. Une à deux couches de colle s'avèrent nécessaires dans le cas des vêtements humides cependant que l'étanchéité des vêtements secs commande un minimum de trois applications. Pour ce dernier type de vêtement une fermeture éclair spéciale doit être employée et elle est fixée au Néoprène avec six à huit couches d'adhésif.

Une période de séchage suit chaque application. M. Paul Boissinot nous a d'ailleurs livré un truc relatif à la technique de l'encollage: Pour vérifier si la colle est suffisamment sèche, on la touche légèrement avec l'ongle, jamais avec la peau des doigts. Les huiles naturelles sécrétées par la peau rendent l'adhésif moins efficace.

4 - Le montage

Une fois la dernière couche de colle appliquée, on débute l'assemblage final du costume. Cette opération se subdivise en plusieurs étapes. Tout d'abord on assemble la partie supérieure du vêtement. La colle est réactivée au moyen d'un solvant juste avant le montage.

Une fois les pièces aboutées, on coud chacun des joints avec une machine spécialement conçue. L'aiguille de cet outil ne perce pas le Néoprène de part en part. Elle trace plutôt un point à travers la couche superficielle du matériau, préservant par le fait même sa solidité et, dans le cas des "vêtements secs", son étanchéité.

Les joints étanches du cou et des poignets et la fermeture-éclair spéciale sont ensuite fixés à la partie supérieure de l'habit s'il s'agit d'un modèle "sec".

L'assemblage de la partie inférieure du costume s'effectue de manière analogue à celui de la partie supérieure. Par la suite, si besoin est, les deux parties sont réunies et cousues.

Fait intéressant à noter, les coutures du vêtement sont là surtout pour améliorer l'apparence; en effet après un délai de 14 jours la colle a terminé sa réaction et l'on pourrait très bien se passer des coutures car c'est l'adhésif qui assure la solidité des joints.

5 - Pose des valves

S'il s'agit d'un "vêtement sec" on procède ultimement à la pose des soupapes qui assurent l'admission et l'évacuation de l'air comprimé en provenance de la bouteille.

Plusieurs accessoires peuvent être installés sur les divers costumes et leur pose se fait en concordance avec les diverses étapes déjà décrites.

Chez ATLAN on produit également des sous-vêtements destinés aux propriétaires de "costumes secs". Fabriqués de polyester ou de "Borg", ces sous-vêtements sont destinés à maintenir le plongeur bien au chaud et, dans le cas du premier type, parfaitement au sec grâce à l'emploi d'un tissu imperméable.

La production d'un vêtement de plongée requiert un travail précis et chez ce fabricant nous avons été à même d'apprécier que c'est en terme d'heures que se mesure le temps nécessaire pour passer du Néoprène brut à l'habit que le consommateur achètera dans une boutique de plongée. Par contre, un souci du travail bien fait assure le client d'une durabilité et d'une apparence optimales.

La prochaine fois que vous magasinerez votre "wet suit" ou votre "dry suit", songez au travail nécessaire pour en arriver au produit fini et dites-vous que les spécialistes qui l'ont produit ont mis toute leur expérience à votre service.

En terminant, nous tenons à remercier tous les employés des PRODUCTIONS ATLAN Inc. qui ont gracieusement consenti à nous informer.

L'équipe des PRODUCTIONS ATLAN, de gauche à droite: André St-Pierre, Nicole Gagnon, Alain Guay, de même que Paul Boissinot et Diane Guay, les deux propriétaires.

 


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Dernière mise à jour:  12 mars, 2006