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PLONGÉE D'ÉPAVE

DES ÉPAVES EN EAU DOUCE AU QUÉBEC

Revue LA PLONGÉE
Volume 8, No. 7-8, Juillet / Août 1981

 

Les principaux attraits d'un bon site de plongée sont évidemment la visibilité, la proximité, la facilité d'accès et la variété des fonds. Mais aucun de ces attributs ne saurait remplacer la présence d'une épave. Une telle découverte est pour le plongeur, quelle que soit son expérience, la cause d'émotions on ne peut plus fortes. S'il s'agit d'une épave connue, l'impression de pénétrer le passé sera tout aussi prenante.

Qu'est-ce qu'une épave ?

En eau douce, au Québec, il convient de définir le mot "épave". Il est entendu que cette définition n'a rien d'officielle, le lecteur trouvera en exergue la version légale du terme. À l'échelle maritime, disons qu'il s'agira généralement d'embarcation de faibles dimensions (de 20 à 60 pieds) qui ont coulé pour diverses raisons (tempête, accident, feu, sabordage etc.). La localisation géographique des plans d'eau (les lacs par exemple) expliquera principalement ce faible gabarit. Cependant, dans les eaux douces navigables, il se trouve et se trouvera encore des carcasses beaucoup plus imposantes.

Qualifier d'épave une simple embarcation de tourisme (yacht ou voilier) est peut-être exagéré, toutefois ces "épavettes" ont souvent leur petite histoire locale, voire familiale, d'où l'intérêt qu'elles suscitent chez ceux qui les localisent. Trouver les restes d'une pirogue amérindienne ne permettra certes pas d'éprouver les émotions d'une plongée sur le "vapeur de la compagnie X" mais à ce stade vous comprendrez qu'il s'agit là d'une trouvaille aux frontières de l'archéologie. Et là c'est une autre aventure qui s'annonce...

À quoi servaient ces bateaux?

Dans les eaux douces navigables, c'est évidemment le transport maritime, le cabotage, et le "pénichage" qui justifiaient la présence de la plupart des bâtiments. Ainsi le Richelieu, le St Laurent et l'Outaouais ont-ils livré ces dernières années nombre de leurs secrets cachés. Selon certains, le Lac St-Louis et le Lac St-François recèleraient nombre d'épaves dont plusieurs ne sont pas encore localisées. Le St.Maurice cache lui aussi dans ses eaux rouges quelques sites de naufrages. Le Lac St-Pierre n'échappe pas, lui non plus, aux rumeurs.

En lacs, parfois des lacs fort éloignés, c'est une toute autre histoire. L'industrie forestière explique la présence de nombre de sites de plongée d'épaves en eaux fermées. Le flottage du bois et le ravitaillement des postes avancés (chantiers) sont fréquemment associés à ces squelettes parfois imposants et bien conservés. Les "Minounes" comme les appellent encore les "gars de bois" servaient à hâler les "booms", sortes de chaînes flottantes de billots équarris servant à diriger le flot des "pitounes" (notez le vocabulaire "féminin") le long des cours d'eau. Les billots, descendant le cours des grandes rivières, étaient divisés, rassemblées, arrêtés, parqués grâce à ce réseau de chaînes flottantes.

Les petits bateaux de bois, maintenant de fer, servaient à franchir les parcs de billes flottantes, à pousser, à tirer, à démêler ces millions de cordes de bois d'oeuvre (billes de 12 à 16 pieds) ou de bois de pulpe (pitounes de 4 pieds). Les gros remorqueurs pour leur part étaient utilisés au remorquage des trains de bois flottant.

Ainsi la célèbre épave du Lac Simon aurait servi à remorquer le bois d'une extrémité à l'autre du lac, réunissant ainsi les deux sections de la Rivière Petite Nation.

Amenés et construits par morceaux, ces rafiots servaient leur capitaine jusqu'à ce que la faillite, l'orage, la rouille, les bris mécaniques, les conditions économiques etc., ne viennent les condamner à l'abandon ou à l'accident fatal.

Comment les localiser ?

Certains sont passés maîtres dans l'art de repérer les épave. En observant bien leur technique, ce qui en soit repose sur une de leur méthode les plus courantes, c'est-à-dire l'observation et l'écoute attentive, on constatera que le travail de recherche se fait de façon progressive:

1.- Contexte géographique (carte, étude du milieu et des conditions climatiques)
2.- Contexte historique (recherches d'archives)
3.- Contexte humain (rapports oraux recueillis sur le terrain)
4.- Approche générale au site: (balayage au sonar et/ou plongée de repérage)
5.- Plans de recherches systématiques (quadrillage - pendule - transit etc.).

Les épaves et la loi:

À ce stade, il convient de rappeler que l'épave n'appartient pas à celui qui la trouve. Voici ci-joint quelques extraits des lois fédérales sur le sujet.

La plongée d'épave:

Il faut souligner que pénétrer à l'intérieur d'une épave quelle qu'elle soit constitue une "plongée en espace confiné", et de ce fait, nécessite des connaissances et des précautions particulières. Nous invitons donc nos lecteurs à la prudence, à se documenter ou à suivre une session d'initiation à cette spécialité avec un moniteur compétent.

EXTRAITS DE LA LOI

Source: Garde côtière, Transport Canada, Bureau du Chef des Enquêtes et Épaves maritimes, Ottawa K1A 0N7.

Consultez également la partie X de la loi de la Marine marchande (Shipping Act., Canada) intitulée ÉPAVES, SAUVETAGE ET ENQUÉTES SUR LES SINISTRES MARITIMES.

Ministère des Transports
Avis aux sauveteurs d'épaves

Toute personne prenant possession d'une épave quelconque doit immédiatement en aviser le receveur local d'épaves, l'agent en chef des douanes, un membre de la Gendarmerie royale, un agent du ministère des Transports ou tout autre fonctionnaire compétent du gouvernement du Canada,

En vertu des dispositions de la Loi sur la Marine marchande, toute épave doit être remise le plus tôt possible, au Receveur et l'omission de le faire rend passible d'amende et d'être déchu de tout droit è l'indemnité aux termes de la Loi.

EN AUCUN CAS, UNE ÉPAVE NE DOIT ÉTRE SORTIE  DU CANADA, SANS 
L'AUTORISATION ÊCRITE,  AU PRÉALABLE, DU MINISTRE DES TRANSPORTS.

(1) Quiconque prend possession d'une épave dans les limites du Canada doit la remettre au receveur le plut tôt possible, mais le ministre peut, relativement à épave, dispenser de cette remise aux conditions qu'il juge convenables.

(2) Le présent article s'applique à tout aéronef, partie d'aéronef ou chargement d'aéronef abandonné à la mer en dehors des limites territoriales du Canada et amené dans les limites territoriales du Canada.

(3) Quiconque, ayant ainsi pris possession d'une épave, omet, sans motifs raisonnables, de se conformer aux dispositions du présent article, est passible d'une amende de quatre cents dollars au maximum et, en sus, d'une amende représentant le double de la valeur de l'épave, et est déchu, relativement à cette épave, de tout droit à l'indemnité de sauvetage ou de tout droit à réclamer une telle indemnité,

Extraits du code criminel
Section 2

"Épave" comprend la cargaison, les approvisionnements, agrès et apparaux d'un navire, ainsi que toutes les parties d'un navire qui en sont séparées, de même que les biens des personnes qui font partie de l'équipage d'un navire naufragé, échoué ou en détresse en quelque endroit du Canada, ou qui sont à bord d'un tel navire ou l'ont quitté.

Section 373 - Infractions relatives aux épaves.

Quiconque

(a) cache une épave, ou maquille ou oblitère les marques que porte une épave, ou prend quelque moyen pour cacher ou déguiser le fait qu'une chose est une épave, ou de quelque manière dissimule le caractère d'épave à une personne qui a le droit d'enquêter sur l'épave,

(b) reçoit une épave, sachant que c'est une épave, d'une personne autre que le propriétaire de cette épave ou un Receveur des épaves et n'en informe pas dans les quarante-huit heures le Receveur des épaves,

(c) offre en vente une épave ou trafique autrement de cette épave, sachant que c'est une épave, sans avoir une autorisation légitime de la vendre ou d'en trafiquer,

(d) garde en sa possession une épave, sachant que c'est une épave, sans autorisation légitime de la garder, pendant plus de temps qu'il n'en faut raisonnablement pour la remettre au Receveur des épaves, ou

(e) aborde un navire naufragé, échoué ou en détresse, contre la volonté du capitaine, à moins d'être un Receveur des épaves ou une personne agissant sous les ordres d'un Receveur des épaves, est coupable,

(f) d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement de deux ans, ou

(g) d'une infraction punissable sur déclaration sommaire de culpabilité.

Section 394

(1) Est coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement de cinq ans, quiconque, volontairement, empêche ou entrave, ou volontairement cherche à empêcher ou à entraver

(a) le sauvetage d'un navire naufragé, échoué, abandonné ou en détresse, ou
(b) une personne qui tente de sauver un navire naufragé. échoué, abandonné ou en détresse.

(2) Est coupable d'une infraction punissable sur déclaration sommaire de culpabilité, quiconque volontairement empêche ou entrave, ou volontairement cherche à empêcher ou à entraver le sauvetage d'une épave.

Extraits de la loi des douanes

56. Les effets abandonnés, flottants, jetés à la mer, naufragés, débarqués ou sauvés de tout navire échoué, naufragé ou perdu, apportés ou venant au Canada, sont assujettis aux mêmes droits et règlements que le sont les effets de même espèce importés.

128. Si les droits imposés sur des effets abandonnés, flottants, jetés à la mer ou débarqués ou sauvés de tout navire échoué, naufragé ou perdu, ne sont pas acquittés dans les dix-huit mois de la date de leur livraison au préposé compétent tel qu'il est ci-dessous mentionné, ils peuvent être vendus de la même manière et aux mêmes fins que les effets importés peuvent l'être sur semblable défaut; et s'ils sont vendus à raison d'une somme plus que suffisante pour acquitter les droits et frais, le surplus est remis à la personne qui a droit de la recevoir.

190. Toute personne qui a en sa possession, dans le port ou sur terre, des effets abandonnés, flottants, jetés à la mer ou naufragés, sujets à des droits, et qui n'en donne pas avis au préposé le plus voisin, sans retard inutile, ou, lorsqu'elle en est requise, ne paie pas les droits, dont ils sont frappés ou ne les livre pas au prépose compétent, est passible d'une amende de deux cents dollars, en sus de toutes autres responsabilités et peines encourues par elle, et les effets sont saisis et confisqués.

191. Quiconque enlève des effets abandonnés, flottants, jetés à la mer ou naufragés, ou en change la quantité ou la qualité, ou en ouvre ou dérange inutilement quelque colis, avant que les effets soient déposés à l'entrepôt sous la garde des préposés, est passible d'une amende de deux cents dollars, en sus de toutes autres responsabilités et peines encourues par lui.

 


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Dernière mise à jour:  04 avril, 2004

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Dernière mise à jour:  04 December, 2005