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Plonger sur l'épave
du charbonnier

HENRY C. DARYAW

par Monique Bellefeuille

Revue LA PLONGÉE
Volume 20, No.2, Juin 1993

Tout un défi !

Plonger sur l'épave du charbonnier Henry C. Daryaw représente une véritable plongée avancée du fait des courants, de sa profondeur, de la visibilité et de la température de l'eau.

L'épave du Henry C. Daryaw repose dans 90 pieds d'eau, à 100 pieds du rivage. L'eau du fleuve, déplacée par un courant de 2,5 noeuds, est sombre et froide. Comme le Lillie Parsons, l'épave est renversée au fond: tout un défi pour les plongeurs. Il faut faire des plans de plongée et les suivre à la lettre. On ne doit jamais quitter les lignes d'amarre. Le tout requiert une préparation minutieuse. Mike et son copain Dave avaient déjà plongé sur l'épave afin de faire une reconnaissance des lieux pour permettre de mieux la photographier.

Le plan d'action était le suivant : temps de fond de 20 minutes avec un arrêt de décompression de 4 minutes. Puisqu'il s'agissait d'une séance de photo, il n'avait pas été prévu d'entrer dans l'épave. J'étais responsable de chronométrer le temps de fond des deux plongeurs et de prévenir la garde côtière en cas de signe de détresse. Un autre groupe de plongeurs, posté sur un second bateau, nous assistaient. Notre embarcation était amarrée sur la première ligne qui mène à la poupe de l'épave, tout près de la superstructure principale et des hélices. De là, on peut voir une autre ligne qui dirige le plongeur, en toute sécurité, à la superstructure principale du navire. Le second bateau était amarré à l'amarre qui mène au gouvernail.

La superstructure supporte l'arrière du bateau, tandis que la proue repose sur le haut-fond. Cela laisse un espace de 10 pieds sous lequel les plongeurs peuvent passer. Plusieurs plongeurs s'en servent pour se rendre sur le pont de l'épave qui devient plafond, ou encore, le plafond de l'épave devient plancher...

Mike et Dave ont respecté leur plan de plongée. Ils ont trouvé que l'épave était en très bon état, mais que le courant, ce jour-là, était assez fort, merci! Le plus difficile au dire de Mike a été la descente avec l'équipement photo. Dave et Mike se souvenaient d'avoir vu les ancres du navire lors de précédentes plongées. Mais elles n'y sont plus. Voilà donc un vieux problème qui refait surface : les pilleurs d'épaves! Toutefois, les échelles sont encore là, utilisées par les poissons qui y ont fait leur demeure. On peut voir des éviers brisés par l'impact du naufrage ainsi que des tasses et des assiettes reposant ici et là parmi les débris. Des hublots donnent sur des espaces lugubres. Des garde-fous ne protègent plus personne. Un treuil y est immobilisé par la rouille et l'oisiveté. Dans tout ce charivari, Mike a cru, l'instant d'une seconde, ressentir les premiers signes d'une narcose. Mais en se concentrant quelques instants, il remit les images en place: le bas en haut et le haut en bas!

Mike déconseille fortement de plonger sur la coque. Après tout, le plus intéressant est sous le pont. Jusqu'à maintenant, l'indice de sécurité de cette épave est excellent. Il est toutefois essentiel de dresser un plan de plongée détaillé et de le suivre minutieusement. Selon Dave, l'eau était plus froide et plus turbulente que d'habitude. Ni l'un ni l'autre n'ont vu la cargaison de charbon. On suppose que la cargaison pourrait reposer sur le fond, en profondeur, à la suite de l'impact.

La tragédie

C'était le vendredi 21 novembre 1941. Le bateau (230' X 35' X 16'), avec à son bord une équipe d'expérience, partait de Kingston en Ontario à destination de Montréal et il transportait une cargaison de 1,200 tonnes de charbon. Peu après quatre heures du matin, à environ neuf kilomètres de Brockville, le Henry C. Daryaw frappa un haut-fond. Le capitaine ordonna immédiatement la marche-arrière des moteurs, mais le charbonnier glissa du haut-fond et le poids de son chargement le fit couler rapidement. Les gens, de la rive, pouvaient apercevoir clairement sa superstructure, mais personne n'a pu aider les membres de l'équipage en détresse. Plusieurs d'entre eux ont réussi à se rendre au rivage en nageant dans les eaux glacées de la rivière, d'autres grâce aux embarcations de sauvetage. Seulement un membre de l'équipe est décédé dans la tragédie.

Ben Garrah aurait péri après avoir sauvé la vie d'Henry Chauncey Daryaw, un officier en second, et d'un autre co-équipier. Il se serait ensuite rendu à la chambre des moteurs pour les éteindre, mais n'y serait pas parvenu au milieu de la panique générale.

Pour vous joindre à une expédition

Plusieurs clubs locaux organisent des expéditions au Daryaw, dont Bottom Timers, Ottawa Seaway Valley ainsi que des boutiques comme Ron's Scuba Shop à Cornwall en Ontario.

À la prochaine, et soyez prudent, nous voulons garder en santé nos fidèles lecteurs.

 


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005