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DAN
LE RÉSEAU AMÉRICAIN
D'URGENCE-SANTÉ

Revue LA PLONGÉE
Volume 11, No. 4, Septembre-Octobre 1984

 

Vers le début des années 1960, l'augmentation du nombre de plongeurs, et conséquemment, du nombre d'accidents de plongée, justifia la formation d'un réseau d'urgence-plongée aux États-Unis: le Diver Alert Network, mieux connu sous l'acronyme DAN. D'après les statistiques de la marine américaine, le taux d'échec du traitement initial en chambre de décompression passa de 14% à 47% en 1964, situation attribuable au nombre sans cesse croissant de plongeurs autonomes civils ayant omis de respecter les règles strictes auxquelles sont soumis les plongeurs de la marine. Et les piètres résultats de la chambre hyperbare à l'époque étaient dus aux longs délais entre le moment de l'accident et le début du traitement.

En outre, des recherches sur l'efficacité des tables utilisées pour le traitement à l'oxygène ont abouti en 1967 à l'élaboration des tables I, II, III, IV, V, VI, VA et VIA, nettement supérieures aux précédentes. Malheureusement, les résultats continuèrent de décevoir dans bien des cas, toujours en raison des délais trop longs entre l'accident et le traitement.

En outre, on se rendit compte que l'ignorance des plongeurs et des médecins face aux symptômes de la maladie des caissons et de l'embolie artérielle gazeuse ainsi que du traitement approprié avait un rôle important à jouer dans l'augmentation du nombre d'accidents de plongée.

Bien sûr, plusieurs établissements d'enseignement de même que certaines bases des forces navales et aériennes possèdent des médecins spécialisés dans les accidents de plongée, qu'on peut appeler pour obtenir des conseils. Toutefois, les installations qu'on retrouve à ces endroits ne sont pas toujours à la disposition des plongeurs civils. La base aérienne Brooks, par exemple, a déjà fourni un service de renseignements 24 heures, surnommé Leo-Fast; celui-ci renvoie maintenant les clients au DAN. Il fallait donc combler deux lacunes: l'absence d'un service d'urgence structuré à l'échelle du pays et les problèmes de communications auxquels devaient faire face les spécialistes pour prodiguer leurs conseils. C'est ainsi qu'on en est venu à proposer un service national à la disposition de tous, en cas d'accident de plongée.

En 1977, l'Undersea Medical Society (U.M.S.) entreprit la planification d'une organisation nationale ayant accès aux installations existantes pour le traitement en chambre hyperbare, qu'il serait possible de rejoindre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à partir d'un même numéro de téléphone pour tout le pays. Le DAN, installé à la chambre hyperbare du centre médical de l'Université Duke, à Durham en Caroline du Nord, devint donc une réalité en septembre 1980 grâce à une subvention de deux ans accordée par le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) et le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). On divisa les États-Unis en sept zones incluant l'Alaska, Hawaii et les territoires du Pacifique. Des experts en médecine relative aux accidents de plongée, familiers avec les chambres hyperbares existantes, se portèrent volontaires pour agir à titre de coordonnateurs régionaux.

Toutefois, les responsables de l'U.M.S. exprimèrent bientôt leur crainte que l'appui à court terme accordé par les autorités fédérales ne menace le développement du DAN. On s'empressa donc de rechercher des appuis ailleurs. Les responsables de l'industrie de la plongée, des agences de certification scuba et, bien entendu, du réseau DAN lui-même étaient d'avis que le service offert était nécessaire et louable mais ne réussissaient pas à s'entendre pour trouver une méthode de financement. Les divers plans proposés soulevèrent de nombreuses controverses. La suggestion d'ajouter des frais de cotisation au montant exigé pour les cartes de certification, à l'achat de pièces d'équipement ou au remplissage des bouteilles fut rejetée parce qu'il s'agissait là d'une sollicitation déguisée. On refusa également la proposition de financement direct par les agences de certification et les fabricants d'équipement. Finalement, on décida de solliciter d'abord les plongeurs eux-mêmes puis de faire appel aux organismes de certification et à plusieurs compagnies d'équipement de plongée. Ainsi, en 1982, presque le tiers du budget du DAN provenait directement des plongeurs. En outre, les clubs et les boutiques de plongée qui acceptaient de commanditer certains événements spéciaux envoyaient tous les profits directement au DAN. Un club de plongée a même organisé un pique-nique et un porc à la broche qui ont rapporté près de 1500$ au DAN !

Malheureusement, les prédictions de l'U.M.S. s'avérèrent justes; le montant alloué par le gouvernement fédéral fut réduit de 50% en 1982 puis de 25% du budget original l'année suivante. En 1984, la subvention fédérale sera nulle. A l'université Duke, les administrateurs du DAN durent reconnaître la nécessité d'un programme de financement plus ambitieux.

Depuis le début de son existence, le DAN a réussi à bien remplir son rôle tant sur le plan de la consultation que du traitement des victimes d'accidents de plongée. De plus, les responsables du réseau ont entrepris une cueillette scientifique et systématique de données relatives aux blessures particulières aux plongeurs et au traitement utilisé. L'exécution de ce projet a cependant engendré un climat de tension dans le milieu de l'industrie de la plongée, certaines personnes craignant que les données recueillies ne soient utilisées par le gouvernement fédéral dans le but de contrôler le champ des activités subaquatiques. En fait, aucun renseignement n'a jamais été divulgué publiquement, la politique du réseau étant de révéler certaines données uniquement à des organismes ou à des individus directement impliqués dans un accident. Les renseignements amassés par le réseau sont analysés confidentiellement, à l'aide d'une méthode tout à fait neutre visant non pas à nuire a qui que ce soit mais bien à profiter à tout le monde. Sans ces renseignements, il serait impossible d'identifier les bonnes méthodes de traitement, d'en analyser les résultats pour les différents types de blessures, ou de proposer de nouvelles techniques de plongée et de soins.

Jusqu'à ce jour, le principal résultat de la cueillette de données a été la rédaction d'un guide pratique pour les cas d'urgence en plongée. L'Underwater Diving Accident Manual du DAN offre une description simple des symptômes des principales blessures reliées à la plongée de même que les soins appropriés. On y retrouve, en outre, les lignes directrices ayant trait aux médicaments et aux intraveineuses qu'un médecin doit administrer à un plongeur blessé.

Vers la fin de 1982, le personnel du DAN constata deux choses: d'abord que la demande de la part des plongeurs pour l'information sur la médecine relative aux accidents de plongée allait croissant et deuxièmement, que les dons constituaient un mode de financement trop incertain. Puis en août 1983, le Diving Accident Network devint un regroupement de membres qui prit le nom de Divers Alert Network. Les services d'urgence du DAN restèrent toutefois les mêmes. Quant à la diffusion de l'information sur la médecine relative aux accidents de plongée, elle est assurée par le bulletin du DAN, Alert Diver, par les articles publiés dans des périodiques traitant de plongée, par l'Underwater Diving Accident Manual et grâce aux cours de médecine spécialisée dans le domaine de la plongée, lesquels sont parrainés par le DAN.

Par ailleurs, la cotisation des membres du DAN permet à un plus grand nombre de plongeurs de tirer profit de l'information fournie tout en assurant le support vital indispensable à la survie du réseau. En plus de la carte incluant le numéro du DAN et une liste des symptômes propres aux diverses blessures, les membres reçoivent un manuel de soins d'urgence, des décalques indiquant le numéro d'urgence du DAN, à coller sur la bouteille, ainsi qu'un abonnement à AIert Diver, le bulletin médical du DAN conçu aussi bien pour le profane que pour le professionnel.

Le Divers Alert Network, dirigé par le Dr Peter Bennett, regroupe les installations hyperbares suivantes:

Sud-Est: (Durham, Caroline du Nord)
Dr G. Yancey Mebane et M. Chris Wachholz (919) 684-8111
Caroline du Nord, Tennessee, Caroline du Sud, Georgie, Alabama, Floride et les Caraïbes.

Nord-Est: (Baltimore, Maryland)
Dr Roy Myers et M. Charles Gross (301) 528-6152
Pennsylvanie, Maine, Vermont, New Hampshire, Massachusetts, Connecticut, Rhode Island, New York, New Jersey, Delaware, Maryland, district de Columbia, Virginie, Virginie de l'Ouest.

Midwest: (Milwaukee, Wisconsin)
Dr Eric Kindwall et M. Larry Stevens (414) 647-7466 ou (414) 649-7920
Wisconsin, Michigan, Ohio, Indiana, Kentucky, Illinois, Minnesota, Iowa, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Wyoming, Nebraska.

Côte du Golfe: (Nouvelle-Orléans, Louisiane)
Dr Keith Van Meter et M. Jim Persels (504) 363-7655
Louisiane, Texas, Mississippi, Arkansas, Missouri, Kansas, Colorado, Nouveau-Mexique, Oklahoma.

Nord-Ouest: (Seattle, Washington)
Dr Robert Crawford et Dr Richard Dunford (306) 624-1144
Washington, Oregon, Idaho, Montana, Alaska.

Sud-Ouest: (Santa Barbara, Californie)
Dr Paul Linaweaver (805) 964-6211
Californie, Nevada, Utah, Arizona.

Pacifique: (Honolulu, Hawaii)
Amiral Charles Waite, médecin à la retraite, et M. Frank Farm (808) 523-9155
les îles Hawaii, Mariana, Marshall, Caroline, Samoa, Johnston, Wake, Howland, Palmyra et Kingman Reel.

Dans une situation d'urgence, un plongeur ou son médecin n'a qu'à composer le numéro (919) 684-8111 et demander DAN. Les appels à frais virés sont acceptés dans les cas vraiment très urgents. Le médecin en service qui répond peut soit prodiguer ses conseils directement à l'interlocuteur, soit référer celui-ci à un médecin spécialiste local et à la chambre la plus proche. Au besoin, le médecin peut travailler en collaboration avec l'un des coordonnateurs régionaux du DAN, dont les noms apparaissent un peu plus haut, pour organiser le transport et l'admission de la victime aux installations appropriées. Quant aux personnes qui désirent simplement obtenir des renseignements, elles peuvent téléphoner du lundi au vendredi entre 9 heures et 17 heures (heure de l'Est).

Le DAN a été mis sur pied pour répondre à certains besoins spécifiques des plongeurs; les membres ont droit non seulement à des conseils en cas d'urgence mais encore à des renseignements relatifs à des problèmes d'ordre médical. Pour plus de détails, on peut écrire à:

Divers Alert Network
Box 3823
Duke University Medical Center
Durham, NC 27710
U.S.A.

 


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Dernière mise à jour:  08 octobre, 2003

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