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L'EXPLORATION
DE
L'ARCHIPEL-DE-MlNGAN

Texte et photos Robert LaSalle

Revue LA PLONGÉE
Volume 17, No. 1, Février 1990

 

Au loin, devant nous, apparaît un minuscule point blanc. "Nous sommes arrivés" s'exclame le capitaine, identifiant à l'aide de ses jumelles, le phare blanc de l'île-aux-Perroquets.

Notre arrivée à l'archipel est marquée par la visite de phoques qui inspectent avec prudence la coque du bateau, pendant qu'autour de nous, sternes et mouettes, s'adonnent à coeur joie à la pêche. Les phoques ont cédé leur place à trois ou quatre petits rorquals, qui eux semblent tout à fait indifférents à notre présence. Quelques instants plus tard, éclairés par la chaude lueur du soleil couchant miroitant dans les vagues, nous jetons l'ancre dans la Baie de Quarry pour y passer la nuit.

Surtout connue pour ses formations rocheuses des plus spectaculaires, la réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan présente un intérêt certain pour ceux qui aiment l'exploration. Quarante plongées sur douze sites différents nous ont convaincus de son potentiel pour la plongée sous-marine.

Créée par la loi des parcs nationaux en 1984, la réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan en est à sa 5ième année d'existence. Elle est située sur la Moyenne-Côte-Nord du Saint-Laurent, directement au nord de l'île d'Anticosti. Constitué d'une quarantaine d'îles et d'îlots, l'archipel s'étend sur une distance de plus de 150 km, à environ 3.5 km du rivage.

Se rendre à l'archipel est relativement simple. De Montréal vous vous rendez d'abord à Québec. Vous empruntez ensuite la route 138 est, et, après quinze heures de route et plus de 1200 km, vous y êtes! Où la route 138 prend fin, vous tournez à droite et vous êtes à Havre St-Pierre. C'est la dernière petite ville sur la 138. Pour continuer plus à l'est, vous devez prendre le bateau ou l'avion.

C'est à Havre Saint-Pierre et à Longue-Pointe-de-Mingan (45 km plus à l'ouest) que se trouvent les bureaux de la réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan. À ces bureaux, il est possible d'obtenir une foule d'informations pertinentes concernant les activités offertes dans l'archipel.

Havre Saint-Pierre possède la plus grande capacité d'hébergement, mais il est aussi possible de loger à Longue-Pointe-de-Mingan et à Mingan. Ces trois localités vous offrent le choix entre le camping, l'hébergement famille et quatre hôtels.

Pour les plus aventuriers, il est possible de pratiquer le camping sauvage dans l'archipel. On y retrouve environ une demi-douzaine de sites, répartis sur six îles. Les seules services offerts sont toilettes sèches, tables de pique-nique, foyer et bois de chauffage.

Si vous aimez la vie abord de bateau, vous pourriez considérer les services de charters. Dans mon cas j'ai fait le voyage abord de l'Aurélie, un bateau de plongée naviguant sur le Saint-Laurent (Voir La Plongée vol.16 no.6).

Voyager d'une île à l'autre pour un touriste "régulier" est relativement facile. Un des choix possibles est de monter abord d'un des bateaux d'excursions spécialement aménagés à cet effet. Cependant, ils n'offrent que peu de flexibilité car vous devez demeurer en groupe et suivre le guide.

Un autre option est de louer les services des bateaux-taxis. Ce sont de petites embarcations qui sont intéressantes pour les campeurs, mais pas très adaptées pour une clientèle de plongeurs.

À moins de posséder votre propre embarcation, où d'en louer une, plonger l'Archipel-de-Mingan peut devenir un problème. Il n'existe aucun club ou service de bateau de plongée établi dans la région, encore moins une boutique de plongée. La boutique la plus près se trouve à Sept-îles.

Cette situation est malheureuse car les fonds marins de l'Archipel-de-Mingan sont d'une grande richesse et d'une beauté peu commune. Sur certains sites, nous avons exploré des falaises sous-marines pouvant rivaliser en terme de richesse animale avec celles des mers tropicales.

Ailleurs, nous avons plongé sur des fonds rocheux caractérisés par leur topographie plate, en pentes, ou en éboulis, où chaque interstice est incrusté d'une vie marine aussi variée que colorée. Moins colorés mais non moins intéressants sont les fonds meubles sablonneux ou vaseux. Ces derniers sont souvent délaissés des plongeurs, mais un observateur curieux peut y découvrir une multitude d'espèces de mollusques, de vers marins, de crustacés. d'amphipodes, de poissons et j'en passe.

À bord du bateau de plongée L'Aurélie, nous avons exploré les fonds marins de l'archipel d'est en ouest, de l'île de la Maison jusqu'à l'île à la Chasse. En tout, douze sites de plongée répartis sur dix îles.

Sans vous énumérer chacun des sites, j'aimerais partager avec vous mes impressions sur les plus intéressants. Durant le voyage nous avons eu la chance de plonger sur trois murs sous-marins. Deux de ces murs sont localisés sur la Petite Île au Marteau. Il s'agit d'une petite île située en face de Havre Saint-Pierre.

Le mur le plus accessible est situé sur le côté nord-est de l'île. Il débute à quelques mètres du bord et descend jusqu'à environ quinze mètres. À son extrémité nord, des milliers de petites pattes dépassent de la paroi et battent au gré des courants. Ce sont des ophiures, des petites étoiles de mer très fragiles qui se réfugient dans les interstices des algues calcaires et qui attrapent des particules organiques avec leurs pattes pour se nourrir. Se dirigeant du côté sud du mur, on peut observer d'immenses colonies de pêches de mer. Un peu plus loin des colonies d'anémones plumeuses ainsi que des lits de moules envahissent le mur.

Moins accessible cette fois est le mur situé du côté ouest de l'île. Localisé à 75 mètres du bord et débutant à 10 mètres de profondeur, le mur descend jusqu'à environ 30 mètres. Il n'y a pas un centimètre carré qui ne soit couvert d'organismes marins. Caractérisé par la présence de moules géantes et de quelques pétoncles d'Islande, il est aussi très garni en anémones plumeuses, en éponges et en pêches de mer.

Un autre mur superbe est situé à l'île à la Chasse. Le mur n'est pas aussi garni envie marine que ceux de la Petite Île au Marteau mais son exploration n'en est pas moins intéressante. J'ai pu y photographier plusieurs espèces d'hydres ainsi que d'avoir le privilège de plonger avec une magnifique crinière de lion, une méduse du nom de Cyanea capillata.

Le site le plus accessible de l'archipel est situé à la pointe est de l'île du Havre, à quelques minutes par bateau de Havre Saint-Pierre. Les plongées peuvent s'effectuer à une profondeur moyenne de 10 à 15 mètres et on peut y observer une vie marine abondante et diversifiée. C'est sur ce site que j'ai eu la chance de photographier un mollusque que je n'avais jamais rencontré auparavant. Son nom, Neptunia despecta tornata, un mollusque qui ressemble beaucoup au buccin commun (Buccinum undatum) et qui comme ce dernier s'enfouit dans le sable.

En ce qui à trait à l'exploration sous-marine, tout est à faire à l'Archipel-de-Mingan. Un guide décrivant les sites de plongée de l'archipel serait sûrement le bienvenu.

J'ai adoré mon séjour à l'Archipel-de-Mingan et je le recommande à tous plongeurs du Québec et d'ailleurs. Une recommandation par contre, préparez votre voyage à l'avance.

 

J'aimerais remercier Claude Grenier de l'A.P.E.Q., André Fiset et Luc Pouliot de l'Auberge du Plongeur, Paul Boissineault des Production Atlan et la magazine LA PLONGÉE pour leur soutien lors de la réalisation de la série de reportages sur le St-Laurent.

 


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Dernière mise à jour:  22 juin, 2009