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MISE EN GARDE
DE L'AUTEUR
Le présent article ne se propose pas de
traiter du sujet en profondeur. L'étendue du domaine à décrire (cœlentérés,
cnidaires et hydrozoaires) dépasse le cadre de notre revue. Considérez le
présent article comme une introduction bien humble au sujet et comme une
invitation à pousser plus loin vos recherches. Une courte bibliographie vous
aidera à approfondir vos connaissances...
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Combinaison, palmes, masque et tuba! Nous nous jetons à l'eau pour
"flotter" plutôt que pour plonger. Si c'est beau, nous reviendrons cet après-midi avec les bouteilles et les autres plongeurs.
Il n'y a que quelques mètres de profondeurs ici entre les rochers. Devant
nous un dédale de couloirs sous-marins nous attire. Nous survolons un
véritable labyrinthe quand soudain nous entrons dans un secteurs qui nous fera
découvrir un des plus beaux fonds que nous ayons observé de toute notre
carrière de plongeur !
ANÉMONES ou ACTINIES ?
Cœlentérés, Cnidaires. Anthozoaires. Zoantharia... Nous y voilà! Plus de
6000 espèces dans le monde incluant les coraux, les gorgones et le reste. Dans
tout ce tas de mollusques, il fallait démêler les espèces d'eau froide du
Québec. Enfin quelques noms sortirent de cette masse d'informations. D'abord
"ACTINIE". le véritable nom de l'anémone de mer. puis les espèces
les plus fréquentes.'
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L'ANÉMONE ROUGE DU NORD (Tealia felina)
Rouge, orangée, rose aux tentacules bleues, grise ou vertes.
L'ANÉMONE PLUMEUSE (Metridium senile).
Superbe, au pied orange et lisse, au plumage blanc (tentacules duveteuses).
L'ANÉMONE À POINTS BLANCS (Bunodactis stella)
Petite. trapue, aux tentacules plus courtes et multicolore.
L'ANÉMONE DES SYMBIOTES (Adamsia palliata ou Calliactis parasitica /
tricolor)
Qui s'associe au Bernard l'Hermite.
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UN JARDIN SOUS LA MER
Dans cette anse retirée de la Côte-Nord, peu connue des plongeurs, peu
fréquentée, nous flottions au-dessus d'un parterre d'anémones multicolores.
Ici et là une méduse battait de sa coupole, dansant au-dessus du paysage. Nous
étions à marée basse et, dans chaque anfractuosité, sur chaque pierre, dans
à peine 2 à 3 mètres d'eau, nous pouvions observer des centaines de
"fleurs animales", des actinies. Et c'est après plus d'une heure et
demie de "flottage", après qu'un certain frisson se soit emparé de
nous, que nous mettions fin à notre promenade sous-marine.
C'est à ce moment que nous avons pris conscience de notre ignorance.
Un plongeur avait eu le visage doucement caressé par une méduse et se
plaignait de "brûlures". Quoi faire pour le soulager? Un autre
essayait tant bien que mal d'identifier les espèces observées pour les
inscrire à son cahier de plongée. Pas de vocabulaire pour décrire ce
merveilleux spectacle subaquatique.
Après une telle mise en situation, il est tout à fait normal qu'à notre
retour "en ville" nous nous précipitions vers la plus proche
bibliothèque. Les bibliothécaires répondirent avec amusement à nos
questions: les amateurs d'anémones et de méduses, cela ne courre pas les
rues...
LA VIE D'UNE ACTINIE
Les actinies sont des invertébrés qui se retrouvent dans toutes les mers
du monde. Chez nous, au Québec, elles vivent en colonies dans quelques mètres
d'eau; il est donc inutile de plonger creux pour les observer sauf dans certains
sites trop populaires (Escoumins, Forillon, Port Daniel entre autres).
Elles sont constituées d'un pied musclé (sphincter) qui renferme le sac
digestif. Fixées temporairement au rocher par un disque adhésif, elles peuvent
se déplacer mais un coup de palme ou le poids d'un plongeur un peu nonchalant
ont vite fait de les faire mourir.
Elles sont très fragiles et ne doivent pas être manipulées. Aussi là où
les plongeurs sont rares ou très prudent, les anémones seront abondantes et
resplendissantes.
Les Actinies vivent très longtemps (jusqu'à 80 ans en laboratoire) et n'ont
que très peu d'ennemis.
Heureusement pour elles, et pour nous, plusieurs fuient la lumière en se
cachant sous les surplombs, sous les quais, dans des crevasses, ou dans des
cavernes. Elles sont surtout actives la nuit et parce qu'elles vivent en faible
profondeur(à partir de la ligne de basse mer), justifient d'admirables
plongées de nuit.
Elles se reproduisent de deux façons: par fragmentation (reproduction
asexuée) en scindant leurs corps en deux sur le sens vertical, ou par la ponte
d'oeufs. Dans ce cas, les larves nageuses se développent dans la cavité
digestive et sortent par la bouche quand le moment est venu !
Que mangent-elles? Elles sont carnivores et leurs bras (tentacules)
recouverts de cnidoblastes (cellules à dard venimeux) paralysent leurs proies
avant de les diriger vers la bouche. Leur menu est constitué de zooplancton, de
vers marins, de petits crabes et de larves de poissons.
ANTHOZOAIRES: ANIMAUX-FLEURS
Les anémones sont aux eaux québécoises ce que les coraux sont aux eaux
tropicales. Leur beauté, leur fragilité et leur abondance doivent être
connues et protégées. Un des seuls ennemis actuel des anémones est le
plongeur inconscient! Par ignorance, il suffit d'un groupe de plongeurs peu
informés pour dévisager un site autrefois magnifique. Ces animaux-fleurs,
notre arc-en-ciel sous-marin, sont déjà disparus de certains sites. Dans un
endroit sauvage et retiré, elles pourront être photographiées presqu'en
surface, et leurs couleurs appréciées à la "lumière du jour".
La prochaine fois que vous plongerez "sur un lit d'anémones", ne
vous y couchez pas de grâce! Planez au-dessus du spectacle et ne vous traînez
pas au fond! Si vous ne pouvez contrôler votre flottabilité, retournez suivre
un cours de base...
PRIÈRE DE NE PAS MARCHER SUR LES
FLEURS DE LA MER...
LES MÉDUSES:
Proche parents des anémones, les méduses ont une plus mauvaise
réputation. Certains leur reproche la cuisante "brûlure" de leurs
tentacules, d'autres d'emplir et de briser les filets, plusieurs de détruire
les types de planctons qui assurent de bonnes pêches.
Certes ces cnidaires ("animaux qui piquent") sont dotés de
nématocystes (cellules urticantes) qui injectent des toxines, mais rares sont
celles qui peuvent gêner l'être humain.
Établissons d'abord que la plupart des méduses québécoises sont très
petites (6 seulement dépasseraient les 10 cm) et inoffensives. D'ailleurs
beaucoup de plongeurs les confondent à du plancton.
Formées à 95% d'eau, elles respirent à travers leur peau et certaines
(aurélie), à travers la paroi de l'estomac. Elles se reproduisent en 6
étapes. La méduse adulte est pourvue de glandes reproductrices (gonades) où
se développent des oeufs. Une fois lâchés, ces oeufs deviennent des planules
(planutas), larves qui nagent grâce à des cils vibratiles. Celles-ci finissent
par se fixer et forment des polypes (ressemblant à des hydres), qui
bourgeonneront et formeront à leur tour des petites méduses errantes.
La plupart des méduses se nourrissent de zooplancton, de larves de homard
entre autre! Ce qui ne contribue pas à leur popularité !
Si certaines piquent les hommes, certains hommes leur rendent la pareille.
Ainsi les Chinois du Nord, les Coréens et les Japonais les font sécher, les
assaisonnent et les dégustent comme amuse-gueules.
On peut d'ailleurs acheter des méduses comestibles dans les épiceries du
quartier chinois et en consommer toutes apprêtées dans un restaurant de la rue
Lagauchetière à Montréal (le YEN KING, cuisine du SCHECHUAN et de PÉKIN,
demandez à Chow, le maître d'hôtel de vous expliquer).
LES MÉDUSES DANGEREUSES
Des 5 espèces vraiment nuisibles à l'homme des eaux canadiennes
atlantiques seulement 3 se retrouvent en eaux québécoises (Fleuve et Golfe
St-Laurent).
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ESPÈCE |
FRÉQUENCE |
SYMPTÔMES |
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SARSIE À TUBE
(Sarsia tubulosa)
18 mm |
FRÉQUENT
Baie de Fundy
Côte atlantique de Terre-Neuve et du Labrador
Golfe du St-Laurent |
MINEURS
Irritation cutanée locale
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GALÈRE ou PHYSALIE
Portuguese man-of-war
(Physalia physalis)
jusqu'à 30 cm |
RARE
en Baie de Fundy seulement |
GRAVE
Urticaire linéaire ou dispersé
Douleurs ganglionnaires
Muscles et jointures endoloris
Maux de têtes - hystérie
Fièvre et frisson - Crampes et nausée |
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PÉLAGIE
Mauve stinger
(Pelagia noctiluca)
luminescente (65 mm) |
RARE
en Nouvelle-Écosse |
MINEURS
Urticaire localisé |
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CRINIÈRE DE LION
Lion's mane
(Cyanea capillata)
jusqu'à 1 m |
FRÉQUENT
Gaspé et Côte Nord |
DE MINEUR À SÉRIEUX
Lésions épidermiques
Crampes-étouffement
Troubles respiratoires et sensation de congestion thoracique |
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AURÉLIE
Moon jelly
(Aurelia aurita)
40 cm
gonades évidentes
en fer à cheval |
FRÉQUENT |
MINEURS
Irritation locale de la peau |
PREMIERS SOINS (1)
- Éviter de manipuler les méduses
- En cas de "brûlure":
- Retirer les tentacules
- Laver avec du savon abrasif (ou frotter avec du sable ou un tissu le cas
échéant
- Appliquer au choix : alcool, sucre, vinaigre, jus de citron, ammoniaque,
acide borique, bicarbonate de soude, onguent, calamine.
C. En cas sérieux :
- Appliquer des compresses froides
D. En cas GRAVE:
- Consulter un médecin
(codéine, oxygène, respiration artificielle)
(1) SOURCES :
Guide des Méduses des Eaux Canadiennes de l'Atlantique. page 21
Handbook for Beach Strollers from Maine to Cape Hatteras. page 20
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ZINN, Donald J., 1975, The Handbook for Beach Strollers from Maine
to Cape Hatteras, The Pequot Press, Chester, Connecticut 128 pp.
SHIH, Chang-Tai, 1977, Guide des méduses des eaux canadiennes de
l'Atlantique,
Musée national des Sciences naturelles, Collection d'Histoire naturelle
No. 5;
Ottawa,
Canada, 90 pp. ISBN 0-660-00018-0
BRINKHURST, RD., LINKLETTER, L. E., LORD, E.I., CONNORS, SA. et DADSWELL, M J.,
circa 1975, A Preliminary Guide to the Littoral and Sublittoral Marine
Invertebrates of Passamaquoddy Bay,
St-Andrews, New-Brunswick, biological
Station, 166 pp
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