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Magog, ce 11 décembre 1981, je viens de terminer ma 313e plongée dans le
lac Memphrémagog en 1981. À cela il faut ajouter 27 plongées à Haïti au
début de l'année et ce pour un total de 340 plongées. Il faut dire que mon
but était de faire environ 250 plongées, mais à raison d'une plongée à la
fois je suis venu à ce résultat. Pas si pire pour un bonhomme de 49 ans qui a
été opéré à coeur ouvert en 1978 (4 pontages), qui continue de travailler
une demi-journée à sa profession de courtier d'assurances et de faire de la
plongée dans ses temps libres...
UNE CARRIÈRE DIFFICILE
Oui,
tout cela tient de la vérité et d'une grande joie, car lorsque j'ai débuté
à plonger en 1964, beaucoup de choses m'ont empêché de pratiquer ce
magnifique loisir. Même à une certaine période de ma vie, après une crise
cardiaque en 1971, j'ai "donné" et non vendu (je ne pouvais pas me
résigner à ce point-là) tout mon équipement de plongée. À la suite de mon
opération, j'ai demandé à mon médecin la permission de pratiquer la plongée
sous-marine. Il m'a répondu : "SURTOUT PAS !". Ignorant que j'étais
courtier d'assurances depuis plus de 30 ans, il ne s'est pas douté que
j'essaierais de lui "vendre" mon idée de plonger. Après une
rencontre durant laquelle je lui ai expliqué le jeu des pressions et de la
"non-fatigue" dans la pratique de ce sport etc..., il me donna la
permission de recommencer. Le 26 décembre 1978 j'ai effectué ma première
plongée dans la baie d'Acapulco. Dès le printemps suivant, l'ai commencé la
plongée en apnée et ce jusqu'à la fête du Travail en 1979. Je n'ai débuté
réellement qu'à cette date la plongée en scaphandre autonome.
Toutefois, le 25 novembre de cette même année, je me suis perforé le
tympan de l'oreille gauche en descendant. Tenant une ancre de mes 2 mains et me
dirigeant vers une profondeur de 18 pieds, j'avais cru que le tympan pouvait
endurer la pression: je peux maintenant vous répondre que NON.
C'est alors que l'idée m'est venu de suivre un cours de plongée avancée et
ce malgré tous mes déboires. Je me suis rendu en Floride et j'ai obtenu mon
certificat d'instructeur de plongée. Ma deuxième carrière de plongeur venait
de débuter. L'an passé j'ai "Ioggé" 243 plongées et cette année
340, ce qui fait un total de tout près de 600 plongées et ce en moins de 24
mois! Si l'on considère que la moyenne des plongées au Québec est d'environ
12 à 15 par année, j'ai été rattraper environ 20 ans d'expérience en
quelques années.
LE FAMEUX MEMPHRÉMAGOG
Pour
moi d'abord c'est assez facile de pratiquer ce sport. J'habite la ville de Magog
et ma résidence est située au bord du lac Memphrémagog. Ce lac a une longueur
d'environ 50 kilomètres. Il est donc assez facile de se rendre à un endroit
propice pour la plongée n'est-ce pas? L'autre source de motivation est que je
m'intéresse aux débris qui se trouvent au fond du lac. J'ai contribué à la
fondation de la SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU LAC MEMPHRÉMAGOG ENR, et mon but est de
reconstruire l'histoire à partir des débris recouvrés. Ici, je m'adresse à
tous les plongeurs Québécois qui déjà sont venus plonger dans notre lac de
bien vouloir me faire savoir leurs découvertes, pour que tous ensembles nous
puissions un jour fonder le MUSÉE DU LAC MEMPHRÉMAGOG. Je vous rappelle
simplement ceci: En 1867 nous avions un bateau du nom "Lady of the Lake"
de 167 pieds de long (vapeur à aubes) qui faisait la navette entre Magog et
Newport aux États-Unis (notre lac étant un lac international). À Newport, il
y avait un hôtel de 500 chambres (Memphrémagog House), au pied du Mont Owl's
Head, un autre (le Mountain House) de 400 chambres, à Georgeville un troisième
de 300 chambres et ce sans compter les autres hôtels. Aujourd'hui aucun de ces
établissements ne subsiste car tous ont été incendiées. D'ailleurs ces
années sont qualifiées "Les Splendides Années" par l'auteur
du livre (en anglais) "Frontier Crossroads", Mme Emily Nelson
qui soit dit en passant m'aide beaucoup dans la recherche historique.
À LA RECHERCHE DU PASSÉ
En
plongeant, j'ai également retrouvé l'épave d'un chaland et le Ministère des
Affaires Culturelles a engagé M. André Lépine, archéologue sous-marin
réputé. Celui-ci s'est dit impressionné par la qualité de fabrication du
chaland.
Ce qui m'a motivé à plonger dans le lac Memphrémagog est que pratiquement
à chaque plongée j'ai retrouvé des débris tels que: fusils, lumières de
navigation, bouteilles de collection (environ 4000), porcelaines, poteries,
ancres et moteurs, etc... Chose certaine je peux faire mentir l'adage:
"Je veux prendre un cours de plongée sous-marine pour ensuite aller
plonger dans les mers du Sud". Je trouve que la plongée dans un lac
est une très belle plongée mais il faut aussi connaître les bons endroits.
Parfois on commence une plongée pour s'apercevoir qu'on est dans 3 pieds de
boue. Lorsque vous viendrez plonger au Lac Memphrémagog, procurez-vous "Eau-Rage"
auprès de la Fédération et choisissez un bon endroit. À défaut communiquez
avec l'auteur de ces lignes et il vous suggérera un bon coin, pas
nécessairement le meilleur car la plongée, c'est un peu comme la pêche, il ne
faut pas trop se fier aux pêcheurs...
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