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L'ÉQUIPE AQUALOG
TOUJOURS À LA
RECHERCHE DE REQUINS

Dimanche 24 février 2002
Journal l'Express de Drummondville

Une équipe d'experts plongeurs et de scientifiques a pris part, la semaine dernière, à la plus Importante expédition de recherche continue sur les requins au Canada.

Après avoir été les premiers à plonger avec des requins pélagiques au Canada l'an dernier, les fonds du majestueux Fjord du Saguenay étaient le point de mire des membres de l'équipe Aqualog, du 9 au 13 février derniers.

En effet, la Société Aqualog de Drummondville, en collaboration avec le Musée du Fjord, le Parc du Saguenay le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, l'institut de recherche sur les requins du Canada, l'Institut maritime du Québec et le Cégep de Drummondville, a mené une deuxième expédition afin d'étudier et de sensibiliser la population du Québec à l'existence du requin du Groenland. À cet effet, une équipe internationale de plongeurs chevronnés a exploré les profondeurs du fjord pour tenter de filmer et de photographier ce mystérieux requin. C'était la deuxième fois que des plongeurs munis d'un équipement hautement sophistiqué et protégés par une cage anti-requins conçue par Aqualog et fabriquée au Centre de formation professionnelle Paul-Rousseau ont cherché ce poisson rare au Saguenay. L'expédition, baptisée Opération Skalugsuak, a eu lieu à la baie Éternité.

Pourquoi une telle expédition ?

En plus de sensibiliser la population, l'un des objectifs de l'Opération Skalugsuak est d'obtenir des images sous-marines du requin du Groenland. L'équipe de chercheurs veut aussi prélever des échantillons de sang et de gras afin d'étudier son ADN ainsi que les éléments toxiques présents dans son organisme. Ainsi, ils pourront déterminer si les requins du fjord sont apparentés à des spécimens déjà étudiés dans le détroit de Cumberland ou s'ils sont une population endémique au Saguenay.

Comme le souligne le chef de l'expédition, Jeffrey Gallant, président de la Société Aqualog et professeur au Cégep de Drummondville, "sans l'équipement sophistiqué et l'application de procédures de sécurité très strictes, nous ne pourrions envisager une telle opération. Par exemple, la cage anti-requins spécialement conçue par Aqualog et le Centre de formation professionnelle Paul-Rousseau est évidemment requise lorsqu'on sait que le plus gros spécimen pris dans la région mesurait six mètres et que des chercheurs ont vu de ces requins jaillir de l'eau pour mordre des caribous à la tête et ensuite les entraîner à l'eau pour les dévorer. Aussi, le scaphandre semi-fermé Dräger Dolphin réduit au minimum le nombre de bulles produites par un plongeur qui expire. Ainsi, cela permet d'observer de plus près les requins qui sont parfois effrayés par le bruit de banales bulles.

Si la mission est inusitée, la composition de l'équipe de plus de 20 personnes l'est tout autant. Non moins de cinq Drummondvillois ont pris part à l'expédition, tant au niveau des opérations de plongée et de recherche qu'à l'organisation qui s'est préparée plusieurs mois d'avance. Yan Labrie, présentement étudiant à l'Institut maritime du Québec, était plongeur et chef de camp. Nancy Faucher a agi à titre de biologiste à la recherche de statistiques et d'anecdotes auprès des pêcheurs sur la glace. Davy Gallant a effectué des tests acoustiques sous l'eau afin d'attirer des requins vers le site de plongée.

Autre membre de l'équipe et un Drummondvillois fort connu du monde des affaires, François Bourret a agi à titre de coordonnateur adjoint de la campagne de financement totalisant des investissements dépassant 75 000$, en plus de supporter l'expédition directement avec une importante contribution matérielle et financière de Bourret Transport. La compagnie Kimpex a collaboré au niveau des accessoires de sécurité pour le transport en motoneige et l'abattoir Saint-Germain a fourni le sang requis pour le poste pour appâter et les lignes de pêche.

L'équipe de 2002 était complétée par un groupe de plongeurs et de scientifiques provenant du Canada, des États-Unis et de l'Australie, dont Rick Martin, directeur national de l'Institut de recherche sur les requins, John Batt, biologiste à l'université Dalhousie, Aaron Fisk, chercheur à l'Institut national de recherche sur les eaux, et de Aaron MacNeil de l'université de Georgie. Tout ce monde a travaillé sous l'oeil vigilant de Jeffrey Gallant, qui est aussi directeur à l'Institut de recherche sur les requins.

Si aucun requin n'a été péché depuis au moins cinq ans et qu'aucun n'a encore été observé en 2001 ou en 2062, Jeffrey Gallant est confiant qu'ils en verront un jour moyennant un peu de chance et de nouvelles techniques. Gallant a innové la semaine dernière en étant le premier à utiliser un haut-parleur sous-marin afin d'agrandir le rayon d'efficacité du poste d'appâtage avec une dimension sonore. Il faut dire que ce n'est que la sixième expédition de ce genre au monde et qu'une seule a connu un peu de succès en 1996. Autre facteur, le climat a été très néfaste la semaine dernière avec des températures descendant jusqu'à -50°C avec le facteur vent. D'ailleurs, ce vent glacial atteignant des pointes de 80 km/h faisait geler l'équipement de plongée et a empêché les plongeurs de descendre sous la glace lors des deux dernières journées.

Gallant explique aussi que les conditions dans lesquelles plongent les membres de son équipe sont particulières et présentent des risques importants. "La température de l'eau se situait aux alentours de 0°C", indique-t-il. "À plus de cinq mètres de profondeur, les plongeurs se retrouvaient dans l'obscurité totale. À cause de la stratification des eaux du Saguenay, nous devions descendre à environ douze mètres de profondeur pour rejoindre l'eau salée et un milieu marin. Aussi, les marées et la rivière produisaient un courant très fort sous la glace, ce qui limitait les plongées à de très courtes périodes entre les mouvements d'eau." Afin de retrouver l'unique trou dans la glace, les plongeurs équipés de lampes étaient reliés à la surface par une série de câbles et étaient équipés d'un système de communications sous-marin, de sonars, et d'une caméra vidéo. Soulignons que les plongeurs de l'équipe provenaient du domaine de la science et de la plongée technique et qu'ils étaient habitués à des expéditions sous-marines de haut niveau. La plongée sous-marine dans le Saguenay est normalement proscrite.

À la lumière des travaux de recherche et des images tournées lors de l'expédition 2002, la Société Aqualog produira, avec l'aide du Cégep de Drummondville, un documentaire sur l'Opération Skalugsuak, sur le requin du Groenland et sur la faune sous-marine unique et diversifiée du fjord du Saguenay. D'ailleurs, la rivière Saguenay compte bien plus de poissons (55 espèces ) que le laissait entendre un article dans L'Express du 3 février traitant de la rivière Saint-François. Le vidéo et les résultats de l'expédition seront présentés au grand public lors d'une conférence au Cégep de Drummondville et lors d'une activité spéciale à l'école primaire du Collège Saint-Bernard en mars. Le Musée du Fjord et la Société Aqualog préparent aussi une exposition itinérante sur les requins du Canada qui fera le tour du pays en 2003, de quoi mettre à jour les découvertes de ces Drummondvillois fort passionnés par la mer et l'exploration. Enfin, Jeffrey Gallant, qui fut le premier à se prononcer publiquement contre le projet de barrage aux rapides Spicer à l'automne, prépare un documentaire inédit sur la faune et la flore sous-marines de la rivière Saint-François qui en surprendront plusieurs. De plus amples détails sur ce projet local de la Société Aqualog seront annoncés d'ici juin.

Le détail de l'expédition, y compris des rapports quotidiens et une galerie d'images, sont affichés sur le site web de Aqualog Magazine.


www.aqualog.com

Voir aussi :
À la recherche de requins du Groenland

 


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Dernière mise à jour:  09 septembre, 2007