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Le Québec perd un grand plongeur

Décès de Jacques Boisvert: une légende disparaît

Jacques Boisvert, le père du monstre Memphré et plongeur émérite qui connaissait le lac Memphrémagog sous tous ses angles, est décédé le samedi 4 février 2006.

Ce décès se compare à un monument qui disparaît à Magog. D’abord homme d’affaires au centre-ville de Magog comme assureur, il a également fait sa marque au sein de la Chambre de commerce, de la défunte Sidac en plus de son engagement politique sur les scènes municipale, provinciale et fédérale. Féru d’histoire, il a fondé la Société d’histoire du lac Memphrémagog en plus de militer au sein de la Société d’histoire de Magog.

Sa plus grande fierté serait sans doute la naissance du monstre Memphré qui, qu’on y croit ou non, a fait connaître Magog et son lac dans plusieurs pays. Sa plus grande déception serait probablement de ne pas mourir dans le lac Memphrémagog, lui qui avait plongé dans les profondeurs du lac Memphrémagog à des milliers de reprises.

Il en a d’ailleurs rapporté de nombreux vestiges, comme une poterie indienne assez bien conservée, datant entre 4 000 et
5 000 ans.

Le père du monstre Memphré rend l'âme

Journal La Tribune
lundi le 6 février 2006
par Jean-François Gagnon

Jacques Boisvert adorait la plongée sous-marine et fouiller les fonds du lac Memphrémagog. On lui doit la découverte de nombreux objets de grande valeur.

L'homme qui a fait du monstre du lac Memphrémagog une célébrité internationale, le Magogois Jacques Boisvert, est décédé chez lui subitement dans la soirée samedi.

Âgé de 73 ans, Jacques Boisvert était assis devant son ordinateur lorsqu'il a rendu son dernier souffle. Tout indique que son coeur a flanché. Il avait subi sept pontages cardiaques au cours de sa vie. On lui avait aussi installé un pacemaker dans les dernières années.

"Il avait de gros problèmes cardiaques depuis de nombreuses années. Il savait qu'il n'en avait plus pour longtemps. Mais ça ne paraissait pas quand on le voyait", révèle celle qui a été sa compagne de vie durant les 35 dernières années, Ginette Choquette.

Plusieurs seront d'autant plus surpris d'apprendre la mort du Magogois que ce dernier continuait à plonger régulièrement dans le lac Memphrémagog.

« On n’aurait pas recommandé ça à un homme dans son état. Mais la plongée sous-marine était sa passion », explique-t-elle.

Au total, cet ancien agent d’assurance a effectué près de 5500 plongées dans le lac Memphrémagog. Il a rapporté du fond de ce large plan d’eau de nombreux objets rattachés à l’histoire de la région de Magog.

On peut notamment observer l’une de ses trouvailles à proximité du bureau du maire, à l’hôtel de ville de Magog. Il s’agit d’une des deux roues de gouvernail du légendaire bateau The Lady of the Lake, qui a jadis vogué sur les flots du Memphrémagog.

La Société de dracontologie

Ayant fait revivre la légende oubliée du monstre du Memphrémagog après en avoir pris connaissance dans de vieux ouvrages, Jacques Boisvert a par la suite fondé la Société Internationale de dracontologie du lac Memphrémagog.

À travers les années, M. Boisvert aura répertorié de nombreuses apparitions alléguées du fameux monstre sous-marin.

Il aura su par toutes ses démarches en lien avec cette légende susciter l’intérêt des médias. Grâce à lui, une série de documentaires relatent son existence.

Ajoutons par ailleurs que le Magogois figure parmi les fondateurs de la Société d’histoire de Magog. On lui avait rendu hommage à ce titre dans les dernières années.

Une de ses plus récentes sorties publiques a été effectuée au Vieux clocher de Magog pour appuyer le projet immobilier de la station Mont-Orford.

Un hommage à rendre

Ami du disparu, le maire de Magog, Marc Poulin, considère qu’il faudra offrir une place aux objets trouvés par le plongeur lorsqu’un musée sur la région magogoise verra le jour.

La création d’un musée était d’ailleurs un rêve que caressait ce grand amoureux de l’histoire. « On en parlait souvent de cette idée qu’il avait », souligne M. Poulin.

De plus, le maire invitera ses collaborateurs à l’hôtel de ville à réfléchir dans le but de trouver une façon d’honorer la mémoire de Jacques Boisvert, dont la renommée s’est accrue au même rythme que celle du légendaire monstre du lac Memphémagog durant les 20 dernières années.

« Il faudra sûrement donner son nom à quelque chose. C’est un homme qui s’est toujours impliqué dans le milieu. Il a entre autres aidé beaucoup de gens sans s’en vanter à personnes », Mentionne Marc Poulin, visiblement triste de la mort de Jacques Boisvert.

De plus, le maire Poulin affirme que le projet du disparu de faire du monstre Memphré la mascotte officielle de la ville de Magog mérite d’être étudié sérieusement dans un proche avenir.

« Je sais qu’il y a eu des débats pour déterminer qui était le vrai créateur de Memphré. Mais, pour moi, c’était lui le père du monstre », note Marc Poulin.

Robert Grimard révèle pour sa part avoir appris la plongée sous-marine en compagnie de Jacques Boisvert. « C’est lui qui m’a transmis l’amour du lac Memphrémagog » explique cet ami du disparu.

« Je considère qu’il était un homme très discipliné, en bonne partie à cause de ses problèmes de santé. Il était curieux et avait un côté enfant, dans le bon sens. Il était en plus très sociable et attachant même s’il était plutôt secret », ajoute M. Grimard.

Ex-président de la société d’histoire de Magog, Pierre Cabana connaissait également bien Jacques Boisvert, et ce, depuis de nombreuses années. « Il avait une opinion sur plein de choses. J’avais beaucoup d’estime pour lui. Sa mort est une triste nouvelle », dit-il.

Jacques Boisvert et le lac Memphrémagog

 


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Dernière mise à jour:  22 avril, 2007