|
Je me prépare donc pour le grand départ, je
bourre mon auto de tout ce qui est nécessaire. Je suis un peu sur le gros nerf
parce que ma famille a fêté mes quarante ans la semaine dernière mais la vrai
fête c'est demain. Mon subconscient me travaille.... Je passe chez mes parents
pour leur dire bonjour. Catastrophe, urgence, mes neveux Hubert et Gaspard se
sont embarrés en dehors de chez eux. Leur mère est au travail et le professeur
de clarinette arrive, sans parler de leur père qui vient les chercher pour le
week-end. Je dois les sauver en voiturant mon père qui a les clés. J'effectue
donc le sauvetage de mes neveux et après un bec reconnaissant de mon neveux
Hubert, je part vers 12h30. J'arrive aux douanes : craintes, angoisse, je n'ai
pas mon passeport ! Est-ce que le douanier va me laisser entrer au pays des
merveilles ? Finalement ça se passe bien et me voilà roulant à tombeau ouvert
sur les autoroutes américaines. L'itinéraire est précis je suis à York Beach
dans le temps de le dire. Je m'installe donc en attendant les Diables.
Première journée
(celle ou j'ai quarante
ans et qu’il pleut averse sur Nubble Ligth)
Je plonge très tôt avec notre
Trésor. Celui-ci n'est
pas dans notre chalet, il est ailleurs avec sa petite famille. En gros on est
allé vers la pointe de gauche avec un petit arrêt dans le sable. On a vue des
Hémitriptères et beaucoup de homards vigoureux, nous avons observé aussi
plusieurs plies sur le fond de sable. La mise à l'eau est facile, pas trop de
profondeur. Je me suis bien amusé, cela ressemble un peu à la Gaspésie en un
peu plus froid. À la fin de la plongée, on remarque qu'en surface il pleut à
boire debout. Je sors de l’eau aux trois quart de ma bouteille, je la garde
donc sur le dos et j'attends l’arrivée du groupe pour enclencher
immédiatement avec une autre plongée. Paul-Yves se porte volontaire… Ok
Paul-Yves ! Il revient dix minutes plus tard pour m’apprendre qu’il a
oublié son détendeur chez lui. Ah bon! cela doit être un geste manqué ou
quelque chose comme ça, finalement il n'y a pas que mon subconscient qui
travaille... Notre Trésor en profite : "Ok Malabrosse, je met mon 120 p3
haute pression et on y vas", dit-il. Il me dit aussi que Serge et Paul sont
arrivés. Bravo la fête ne serait pas complète sans eux. Je vois Françoise
avec son nouveau dry. Benoit et moi, on enchaîne donc vers la pointe de droite.
Un petit mur d'anémone et un fond rocheux pleins de petites choses amusantes.
Je sors et décide de faire la vigie en après-midi pour me permettre une petite
plongée de nuit en soirée.
Après un petit
dîner, le groupe part pour la
deuxième plongée. Christiane et Françoise plongent ensemble. Françoise
essaie son nouveau dry et j'espérait pouvoir rire un peu… Mais non, c'était
sans compter sur son expérience, elle a maîtrisé la situation sans problème
et son dry vas très bien. Christiane, qui l'accompagne, est en récupération
d'habilité à ce que j'ai compris. Elle est de plus en plus souriante, plongée
après plongées. Bon, le club des doubles se prépare. Guy et Serge avait un
grand plan : le tour de l'île du phare, on ne rit plus. Mais entre temps, le
brouillard s'est levé et là, c’est la divemaster, le grand manitou, la SS (surveillant
de surface ) dirait certain, qui a tranché : "Non les gars trop dangereux
de vous perdre !… On y voit pas à 10 pieds en surface !" Ce sera donc une
plongée un peu plus standard. On retourne donc au chalet. Soudain la nouvelle
arrive : Catastrophe ! Le club des doubles a eu des problèmes.... Serge s'est
foulé la cheville. Il arrive, boitillant, supporté physiquement par deux
Diables et moralement par tout le monde. Pour faire une histoire courte, nous
avons réussi à lui enlever son dry sans qu'il crie trop fort (il a crié un
peu quand même…). Nous avons pu vérifier la couleur de ces bobettes et sa
cheville avait des reflets bleutés. On lui a mis de la glace. C'est un
évènement malheureux. Il garde son sang-froid. Mais déjà les bruits courts
que sa blessure va compromettre ses projets de plongée pour les prochaines
semaines...
Bon tant pis, Benoit, Maryse et moi, on se
prépare. Plongée de nuit en vue, le souper attendra. 19h30 à l'eau,
Jean-François Blard fait la vigie. Maryse est une nouvelle venue qui accompagne
Jean-François. Une femme très généreuse, vous verrez pourquoi un peu plus
tard. Comme nous sommes au solstice d'été, il fait clair même à 19h30. Je ne
m'inquiète donc pas trop quand je m'aperçois que ma lampe que j'ai eu en
cadeau pour mes quarante ans ne fonctionne pas après seulement une plongée !
Mais Maryse s'en aperçoit au milieu de la plongée. Elle m'offre donc gentiment
son backup. Je me demande un moment si je vais lui faire comprendre que j'ai moi
aussi un backup dans ma poche de dry mais que je le réserve pour un cas
d'urgence. Bof finalement j'accepte sa lampe. À la fin de la plongée, sa lampe
principale fait défaut. Je lui offre alors triomphalement ma lampe de backup!
C'est ainsi que j'ai fait connaissance avec Maryse, nous avons échangé nos
lampes sous l'eau, scellant ainsi une relation de copain, maintenant à toute
épreuve. On retourne au chalet et là oui surprise, mes amis Diables m'ont
préparé une petite fête pour mes quarante ans. Un beau gâteau vraiment, et
oui, encore une fois on m'a demandé de dire à voix haute le titre de ma
maîtrise en physique mathématique.
Deuxième journée
Je passe mon tour pour la plongée du matin en
espérant en faire une en après-midi et une autre en soirée. Je paresse donc
au chalet. Les gens reviennent et je commence à me chercher des copains pour
l'après-midi. Maryse et Jean-François se présentent. Youpi, on va plonger !
Mon plan, c'est de faire une première plongée, de rester habillé et d'en
faire une seconde de nuit après. Le plan de plongée de la première: Nous
allons vers la pointe de gauche, on explore celle-ci, on revient. Je me prends
un repère à la boussole car j'ai été promu navigateur en chef. Alors une ou
deux poules d'eau plus tard et un fond assez intéressant, on se retrouve dans
un endroit où tout est différent. La mer est plus agitée, un peu de courant,
relief très intéressant. Plusieurs bancs de petits poissons. Je me demande si
on ne s'est pas aventuré trop loin. Le plan de plongée est simple et on a
qu'à suivre la paroi rocheuse pour revenir mais... Je fais signe à Maryse et
Jean-François que je vais jeter un coup d'œil en haut pour vérifier. Oups, le
brouillard s'est levé ! Un monde blanc et sans repère, l'Europe d'un côté,
l'Amérique de l'autre. Mais le phare qui fait un bruit de phoque en chaleur est
précisément à l'endroit où il doit être selon le plan projeté. On est ok.
Je descends on vas continuer à explorer 5 minutes et puis on retourne. Maryse
et moi, on passe au-dessus d'une roche qui nous amène à 10 pieds de la
surface. On se fait brasser, et puis tous d'un coup, on voit un monstre, une
bibitte massive de trois pieds de long, avec une forme de thon qui nous fonce
dessus. Je la vois et je pense à la petite remarque de Paul sur les requins
blancs (il parait qu'il y en a !). J'ai à peine le temps d'avoir peur qu’elle
se sauve en me montrant des rayures sur le côté qui me rassure : Ce n'est pas
un requin, mais plutôt un bar rayé. On revient après cette belle plongée.
La plongée du soir était une vrai plongée de
nuit, nous étions 5 de front avec beaucoup de lampes puissantes. On ressemblait
à un groupe de plongeurs techno en vadrouille. Là encore on a fait du chemin
et ce fut une belle plongée. Le soir on a eu droit à un petit festival de
homard préparé entre autre par la compagne vietnamienne de Paul-Yves.
Troisième journée
Je retourne à Montréal en écoutant la 9ième de Beethoven à tue-tête pendant tout le
trajet. Finalement le cap
des quarante ans s’est passé dans un doux moment d'euphorie grâce à la
compagnie d'une belle petite troupe de Diables et de Diablesses.
Merci à vous tous,
Marc-André
|