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Activités hivernales / Souper - Conférence

LE SAINT-LAURENT ET LA POLLUTION

Présenté par M. Stéphane Lorrain

 

Bromont, mercredi le 17 mars,

C'est dans une atmosphère très détendue de la salle de conférence du Château Bromont que nous avons accueilli notre conférencier de la soirée, M. Stéphane Lorrain. Après un copieux buffet et suite à des échanges amicaux entre les participants par des discussions sur les belles plongées à venir à l'aube de la prochaine saison , nous avons écouté avec intérêt l'exposé de Stéphane sur ses récents travaux environnementaux dans la partie fluviale du fleuve St-Laurent.

Possédant une maîtrise en océanographie de l'Université McGill, Stéphane à travaillé durant 7 ans pour Environnement Canada. Depuis maintenant 3 ans, il agit à titre de consultant dans la caractérisation des sédiments lors de différents travaux pouvant affecter l'équilibre et la santé du fleuve.

C'est ainsi que nous avons appris que le fleuve St-Laurent est l'un des 10 plus grands fleuves au monde et qu'il franchi une distance de 1600 km entre le lac Ontario et le golfe. Son faible débit de 8,000 à 12,000 m3/sec n'est que le cinquième de celui du Mississippi. Pour cette raison, il transporte peu de sédiments (1/50 de celui du Mississippi) puisque le faible débit entraîne une meilleure dispersion. Il est à noter que les sédiments absorbent la majorité des contaminants.

Du côté géologique, Stéphane nous apprend que le fleuve St-Laurent est relativement jeune malgré le fait qu'il existe depuis 3,000 ans. Ce fleuve est peu profond dans son ensemble, la partie profonde se retrouvant dans le chenal. Ses travaux se sont concentrés surtout sur la portion fluviale située entre Cornwall en Ontario et Trois-Rivières au Québec.

Dans cette portion du fleuve, nous retrouvons les lacs St-Pierre, St-Louis et St-François, où l'écoulement se fait surtout dans les chenaux. Sur les fonds de moins de 5 mètres, les herbiers agissent comme filtre.

Le fleuve ne contribue pas par lui-même à sa turbidité. C'est l'apport des tributaires qui apportent la majeure partie des sédiments. Il existe un lien étroit entre la composition des sédiments et les débits. Des études démontrent que le fleuve est plus contaminé vers l'aval. Par l'échantillonnage des sédiments du lac St-François, il est constaté qu'il y a peu de mélange entre la rive nord et la rive sud, le chenal agissant comme une barrière à la propagation des sédiments.

Stéphane nous démontre trois techniques d'échantillonnage. Le premier est le carottier manuel utilisé en plongée à l'aide d'une masse pour l'enfoncer. Le second est le carottier électrique contrôlé de la surface. Le dernier est utilisé pour les parties profondes et consiste en un carottier de 20 mètres de long et pesant 2 tonnes. Les carottes ainsi recueillies sont alors tranchées, datées et analysées. C'est ainsi que l'on peu tracer un portrait assez fidèle de l'évolution de la santé du fleuve à travers les années. Nous apprenons alors que le niveau le plus élevé de pollution date des années 70 et que de nos jours le niveau de pollution est à son plus bas.

Cependant, tous les contaminants demeurent présents dans les sédiments, c'est pourquoi il y a beaucoup d'études environnementales lors de travaux majeurs de dragage dans le fleuve. L'abaissement de la voie maritime et les travaux de dragage peuvent remettre en suspension des sédiments très contaminés. Du côté américain, une loi rend responsable toutes les industries de la contamination des berges avoisinantes. Ainsi, à Massena, face à Cornwall, pour recueillir les sédiments contaminés, ils ont eu recours à des murets sous-marins pour isoler la dispersion des sédiments et éviter qu'il se retrouvent à la dérive dans le fleuve. L'extraction des sédiments s'est effectuée à l'aide de long tuyaux pour être, par la suite, acheminés au site d'enfouissement.

Les appareils de mesures consistent de trappes à sédiments, de transmissiomètres pour connaître la turbidité et de courantomètres électromagnétiques. Tous ces appareils sont placés sous la surface et reliés à une bouée 15 pieds sous la surface. Plusieurs plongées par années sont nécessaires pour recueillir les données. Stéphane nous a expliqué que lors des plongées d'hiver, ils ont recours au narguilé et au casque dur. Par mesure de sécurité, le transport sur le site s'effectue en hélicoptère.

Stéphane termine sont exposé par une superbe diapositive réalisée par notre trésorier actuel, Paul Gingras, qui montre les appareils de mesure situés à 50 pieds sous la surface de la glace et qui permet d'observer l'ombre du tendeur en surface. Par cette exemple de visibilité exceptionnelle, nous demeurons très optimiste quant à l'avenir de ce grand fleuve qu'est le St-Laurent.

Encore une fois, au nom de tous les participants, je tiens à remercier Stéphane pour ce bel exposé qui nous a renseigné sur une facette méconnue de notre fleuve St-Laurent.

Aussi, je tiens à lui souhaité la bienvenue dans la famille des Diables des Mers pour de nombreuses plongées avec nous.

Finalement, je tiens à m'excuser d'avance à Stéphane pour les inexactitudes qui peuvent s'être glissées dans mon compte rendu.

Références:      

   Rapport-synthèse sur l'état du St-Laurent. Environnement Canada. Éditions Multi-Mondes. 1992
   Bilan St-Laurent. Environnement Canada. 1997
   Revue FORCES  #122 1999


Bonnes plongées à tous,

Serge A Boudreau, sec.
Les Diables des Mers

 


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Dernière mise à jour:  26 mars, 2006