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Revue La Plongée              


 

GRAND RAID HALIFAX-PERCÉ

Texte de Richard Chouinard

Journal LA GRIFFE, Vol. 5, No. 4, automne 1986

 

Les maritimes, quel endroit de choix pour des amateurs de navigation et de plongée. Partant d’Halifax en direction de Percé, ce voyage nous fait parcourir près de 900 km en bateau pneumatique.

La réputation des sites de plongée en mer n’est pas à contester. La mer est pleine de surprise et chaque plongée est différente.

Première journée - Nous partons d’Halifax.

Dans le port tout est beau, le soleil est de la partie. À notre surprise, nous arrivons face à face avec l’un des quatre sous-marins canadien qui exécute des manœuvres dans la bai d’Halifax.

Sortant de cette baie, c’est à ce moment que nous réalisons que nous sommes en mer. Le brouillard nous attend, pas très loin de la côte, pour naviguer sur la côte de la Nouvelle-Écosse. Il nous faut s’éloigner de la côte pour ne pas heurter les récifs.

Dans l’itinéraire de notre première journée, nous avons fixé un rendez-vous avec notre camion de ravitaillement à mi-parcours pour des raisons de sécurité. Les bateaux arrivent les premiers au point de rencontre. Les conditions de navigations n’étant pas très bonnes, le groupe décide de finir la première étape dans le camion. Nous plaçons les bateaux sur la remorque et nous arrivons au site de campement, pour ma part un peu déçu de cette première journée.

Seconde journée - Visite du phare de Beaver Island.

Les conditions météo sont favorables à la navigation à l’estimé. C’est un nouveau départ. La mer est calme et nous partons plein gaz à la découverte de cette province que nous n’avons pas encore vue.

Durant cette journée, nous avons visité Beaver Island qui est surmonté d’un phare. C’est sûrement ce phare qui attira notre attention, puisque cette île nous semblait propice à une exploration et un petit repos bien mérité. À première vue, je croyais que cette île n’était pas habitée puisque les phares sont automatisés de nos jours. À notre surprise, nous apprenons que deux gardiens vivent là depuis très longtemps. L’un a 29 ans de service et l’autre 25 ans. Je ne pouvais pas m’imaginer que deux hommes pouvaient vivre dans cette île aussi longtemps que ça. M. Blair et D. Cameron nous ont fait visiter l’installation puis la maison dans laquelle ils vivent depuis plus de 25 ans (tout un bail !). Une petite pause Red Rose, quelques petites questions indiscrètes et nous voilà reparti à la découverte d’autres points d’intérêt de la région.

L’étape terminée, on se retrouve sur le rivage de Wine Harbour. Le campement est rapidement installé. Tout le monde a sa journée dans le corps. Le repos est nécessaire pour récupérer l’effort déployé au cours de la journée.

La nuit a Wine Harbour est à peine commencée que déjà on se fait réveiller par une voiture de police qui vient vérifier notre identité, car nous sommes, sans le savoir, sur un terrain privé. Après quelques instants de discussion avec l’agent de la GRC, tout le monde est d’accord que nous ne sommes sur ce terrain que pour la nuit et que dès l’aurore, nous quitterons les lieux.

Troisième journée - Rencontre avec les phoques

Le matin venu, le soleil est de la partie, le monde est en forme, à l’exception de l’une de nos compagnes qui souffre d’épuisement à notre avis. Nous prenons la décision qu’elle devrait demeurer dans la camionnette pour la journée et manger autre chose que juste des légumes (elle est végétarienne) pour refaire ses forces.

La matinée commence par une rencontre d’un groupe de phoques, mais ils gardent leur distance car la chasse aux phoques est un moyen de faire des dollars sur cette côte. Le gouvernement donne une prime aux chasseurs qui rapportent une mâchoire de phoque (25$/phoque). Il suffit de s’arrêter pour que les plus curieux du groupe viennent voir ce que font ces deux bateaux qui ne leur courent pas après.

Il était tout près de deux heures de l’après-midi quand tout à coup le bateau de Tristan s’arrêta brusquement sans prévenir. Je me dis : "Il vient de vider un de ses réservoirs à essence", mais non, après avoir vérifié, le réservoir est toujours à la moitié; c’est la panne de moteur qui vient de nous frapper. Le temps n’étant pas trop agité, je me rapproche et on attache les deux bateaux ensemble. On commence à vérifier point par point le moteur. Les bougies sont belles et le courant se fait bien, la poire du boyau à essence devient dure mais rien à faire, le moteur ne veut pas démarrer après plusieurs essais. Nous sommes un peu perplexe devant ce moteur qui ne veut pas démarrer. Une idée me vient à l’esprit : "L’essence va-t-elle au moteur ?". On se permet de démonter tout le conduit; au filtre, rien ne sort… Et bien, on a trouvé le problème. C’était le boyau entre le réservoir et le moteur qui était bloqué. On change le boyau et ça démarre comme un neuf.

Le point de rencontre n’est pas très loin, à peine une heure et demie. Le tout se fait sans autre problème. Quel Grand Raid plein de surprise et d’expérience nouvelle. C’est fantastique !!!


Richard Chouinard, capitaine du Grand Raid 86

 


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Dernière mise à jour:  26 mars, 2006