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Activités hivernales / Souper - Conférence

LA FAUNE ET LA FLORE DE NOS LACS

Présenté par M. Walter Bertacchi

 

Bromont, mardi le 6 avril 1999,

De nouveau, un bon groupe de Diables, accompagnés par de nouveaux visages, se sont rassemblés, ce mardi soir en semaine, à l'Hôtel Château Bromont, pour une autre soirée d'information sur l'environnement marin de notre région.

M. Walter Bertacchi, notre conférencier de la soirée, œuvre comme technicien de la faune depuis 1975 à Faune et Parcs Québec, le nouvel organisme gouvernemental qui a remplacé le Ministère du Tourisme, Chasse et Pêche de l'époque. Il connaît donc très bien le territoire et nous entretiendra surtout des études entreprises sur les lacs Massawippi et Memphrémagog.

Walter débute son exposé par une brève description du lac Memphrémagog. Il nous apprend que ce dernier renferme trois lacs en un. Il s'explique en mentionnant qu'il existe trois principales zones très différentes dans ce lac.

Une première partie peu profonde du lac Memphrémagog se retrouve au nord, depuis la ville de Magog jusqu'à l'île Lord. Au centre du lac, nous retrouvons une fosse, c'est-à-dire une partie très profonde et escarpée, depuis l'île Lord jusqu' au Banc de Sable face au Mont Owl's Head avec une profondeur moyenne de 185 pieds et maximale de 350 pieds !   Finalement, une troisième partie se continue au sud, au-delà de la frontière américaine dans des eaux très peu profondes ayant une profondeur moyenne de 26 pieds.

Nous apprenons qu'il faut compter environ 23 mois pour permettre à l'eau du lac Memphrémagog de se renouveler, par contre, le lac Massawippi se renouvelle en 18 mois. Malgré que 76% de la surface du lac Memphrémagog soit au Canada, les États-Unis possèdent 72% du bassin versant , qui recèle les eaux les plus riches du lac.

Dans les tributaires du côté américain, nous retrouvons les frayères pour le doré, la ouananiche ainsi que la truite brune. De plus, en revenant du côté canadien, les marécages de la baie de Fitch Bay sont les plus productifs du lac.Pour connaître le processus de vieillissement naturel du lac Memphrémagog, Walter nous explique le phénomène d'eutrophisation.

En débutant par la partie sud du lac, nous pouvons affirmer que cette partie est eutrophe, principalement pour la richesse de ses eaux apportée par ses nombreux tributaires. Nous qualifions la partie centrale d'oligotrophe, pour ses eaux froides et profondes. Finalement, nous pouvons qualifier de mésotrophe la partie nord du lac qui reçoit un apport additionnel de matières organiques affectant ainsi la transparence de l'eau.

Stades évolutifs

  Pollution   substances nutritives   déséquilibre   accum. matière organique
    production biologique     profondeur moyenne
        température
        DBO   oxygène dissout

Eutrophisation du lac Memphrémagog

Partie centrale

Partie nord Partie sud

Oligotrophe

Mésotrophe Eutrophe

lacs jeunes

stade intermédiaire profondeur faible

production faible

enrichiss. matière organique riche en substances nutritives

eaux transparentes

transparence diminue faible transparence

profondeur élevée

O2 dissout + ou - déficient O2 dissout déficient

O2 dissout sans problème

   


Travaux effectués au lac Memphrémagog depuis quelques années.

1988 Recensement de la pêche estivale.
1994 Pêche expérimentale dans l'habitat du Touladi (15 à 40 mètres), dans le cadre du plan tactique provincial sur cette espèce.
1995 Inventaires ichtyologiques dans les autres habitats
   (0-2m., 2-15m., pélagique)
Évaluation des frayères à Touladi dans l'ensemble du lac.
Fraye du Touladi (automne 94 et 95)

Hiver 95-96

Recensement de la pêche hivernale.

 

Recensement de la pêche estivale, 1988

Le lac Memphrémagog est le lac le plus fréquenté en terme de pêcheurs et de non-pêcheurs. Nous estimons environ 38,000 jours-pêcheurs et 60,000 jours-utilisateurs non pêcheurs. Le total estimé de la récolte par la pêche sportive estivale est de 114,000 poissons, soit 22,900 kg annuellement. Le lac Massawippi a un total estimé de 25% de ces montants, soit 28,500 poissons pour un total annuel de 5,725 kg.

Les captures se composent principalement de perchaudes et d'achigans à petite bouche (92%). Parmi les salmonidés (8%), nous retrouvons la Ouananiche (4 500, 58 %) et le Touladi (3 700, 42%).

Quelques faits sur le TOULADI

C'est l'un des plus gros poissons d'eau douce et le plus connu (record: 46,7 Kg en Saskatchewan). La majorité des prises à la pêche sportive mesure entre 0,8 et 2,5 Kg.

Cette truite profite d'une distribution naturelle très étendue au Québec. Elle préfère des eaux biens oxygénées à une température comprise entre 10° - 12°C. Elle se retrouve au nord de la province dans les lacs et rivières. Dans la partie sud, nous la retrouvons dans les lacs plus profonds.

À la fin des années 80, cette espèce fut surexploitée sur l'ensemble du territoire libre du sud du Québec. Une série de mesures furent mise en place en 1989, pour réduire la récolte:

  • Élimination de la pêche d'hiver.
  • Report de l'ouverture de la saison de pêche au 1er juin.
  • Diminution de la limite de prises quotidiennes de 3 à 2 individus.
  • Programme d'ensemencement (au 2 ans sur 10 ans).
  • En 1993: gamme de taille protégée (350 à 500mm à la fourche).
  • Évaluation de l'état des populations dans chacune des régions.

Étude du Touladi (1994)

Les frayères à Touladi sont principalement concentrées dans les parties nord et centrale du lac Memphrémagog. Nous avons inventorié 53 frayères dans la partie centrale du lac, soit 30 frayères naturelles et 23 frayères artificielles. La partie nord possède 3 frayères naturelles et 23 frayères artificielles, pour un total de 26 frayères.

Le choix d'une frayère doit comporter les 4 critères suivants:

  • Granulométrie : fond de gravier
  • Perméabilité: quantité suffisante de gravier pour permettre aux œufs d'être protégés des prédateurs.
  • Propreté.
  • Pente supérieure à 20%

Habitat préférentiel: 2 secteurs; fosse nord et fosse centrale

Échantillonnage à l'aide d'une pêche au filet en profondeur sur 55 stations établies.
260 captures au total: Unité de mesure = CPUE = nbre capture / nbre stations

  Memphrémagog        partie nord:   
  fosse centrale:   
         moyenne:   
1,19
8,14
4,73
  Massawippi en 1993          8,70
  Mégantic en 1991     1,96

 

115 mâles

125 femelles

  Longueur: 200-804mm (8-32 po.)   Longueur: 155-878mm (6-35 po.)
  Moyenne: 523mm (21 po.)   Moyenne: 505mm (20 po.)
  Masse: le plus gros; 5,751g (12.7 lbs)   Masse: le plus gros 8,068g (17.8 lbs)
  Moyenne: 1,812g (4 lbs)   Moyenne: 1,739g (3.8 lbs)

Maturité sexuelle mâle: 5 ans, 573mm; femelles: 6 ans, 649mm

RSD: indique quelle portion de la population fait partie des différents groupes de taille intéressants pour le pêcheur.

  <stock (< 30mm) 12 po.

18.1%

 
  stock (300-509mm) 12-20 po.

39.6%

Reproducteurs et à venir
  qualité (510-659mm) 20-26 po.

22.3%

Reproducteurs et à venir
  préféré (660-809mm) 26-32 po.

19.6%

 
  mémorable (810-1019mm) 32-39 po.

00,4%

 
  trophée (> 1020mm) > 39 po.

00,0%

 


Autres espèces

0 -2 m

2 - 15 m

raseux-de-terre noir: 56% perchaude: 78%
achigan à petite bouche: 48% éperlan: 12%
perchaude: 47% autres: 7%
méné pâle: 34% achigan à petite bouche: 3%
crapet-soleil: 31%  
méné émeraude: 25%  


Étude de pêche d'hiver 1995

But des travaux: évaluer l'importance de la récolte de salmonidés par la pêche d'hiver sur le lac.
(demande de l'association locale)

Résultats:

  • Effort de pêche: 15% de la saison de pêche estivale.
  • Fréquentation (importante): 3000 pêcheurs sur une période de 100 jours.
  • Récolte: Sauf la truite brune, la majorité de la récolte sont des espèces autres que les salmonidés. Par ordre décroissant; perchaude, éperlan arc-en-ciel, achigan à petite bouche, brochet maillé.

Comparaison de la récolte selon la saison.

Espèce

Variables

Saison
Été 1988

Saison
Hiver
1995

Rapport
Hiver / Été
%

Perchaude

Nombre
Poids (kilo)

100 788
10 865

50 531
7 267

50
67

Éperlan
arc-en-ciel

Nombre
Poids (kilo)

-
-

9 777
217

-
-

Brochet
maillé

Nombre
Poids (kilo)

-
-

475
-

-
-

Achigan à
petite bouche

Nombre
Poids (kilo)

4 319
1 926

376
277

9
14

Truite
brune

Nombre
Poids (kilo)

144
216
109
69

76
82

Truite
arc-en-ciel

Nombre
Poids (kilo)

555
582
4
3

<1
<1

Touladi

Nombre
Poids (kilo)

3 702
5 899
10
-

-
-


ENSEMENCEMENT
Depuis 1948, annuellement depuis 1951

Espèces

Stades

  Saumon atlantique   œuf, alevin, fretin
  Ouananiche   1 an +, 2 ans +, adulte
  Omble de fontaine  
  Truite brune  
  Truite arc-en-ciel  
  Touladi  
  Maskinongé   (1971, 667 fretins)


Mise à jour: 5 Juin 1998

ANNÉE

ESPÈCE

NOMBRE

STADE

1986

  Touladi

6850      

1 an +

1987

  Truite arc-en-ciel
  Truite arc-en-ciel
  Truite brune
  Touladi

40000      
35      
25000      
8000      

1 an +
Adulte
1 an +
1 an +

1988

  Truite arc-en-ciel
  Truite arc-en-ciel
  Truite brune
  Touladi

3000      
75      
4000      
10000      

1 an +
Adulte
1 an +
1 an +

1989

  Truite arc-en-ciel
  Truite brune
  Ouananiche
  Touladi

4000      
20000      
300      
8000      

1 an +
1 an +
Saumoneau
1 an +

1990

  Truite arc-en-ciel
  Truite brune

15000      
10000      

1 an +
1 an +

1991

  Truite arc-en-ciel
  Truite brune
  Touladi

15000      
5000      
10000      

1 an +
1 an +
1 an +

1992

  Truite arc-en-ciel
  Truite brune

15000      
10000      

1 an +
1 an +

1993

  Truite arc-en-ciel
  Touladi

17860      
10000      

1 an +
1 an +

1994

  Truite arc-en-ciel
  Truite brune

25000      
229      

1 an +
2 ans +

1995

  Truite arc-en-ciel
  Truite arc-en-ciel
  Touladi

7734      
10000      
11558      

Fretin
1 an +
1 an +

1996

  Truite arc-en-ciel
  Touladi

84      
6321      

Adulte
Oeufs

1997

  Ouananiche
  Touladi

76      
10240      

Adulte
1 an +


ÉPONGE D'EAU DOUCE
Porifera

Éponge d'eau douceL'éponge d'eau douce fait partie du règne animal des invertébrés qui se composent de 3,000 espèces principalement marine. L'éponge d'eau douce fait partie de la famille des Spongillidae, la seule famille présente en eau douce, qui comprend 150 espèces dont 30 aux USA.

Elle est présente dans les ruisseaux, les rivières, les étangs et lacs aux eaux claires. Les éponges d'eau douce se présentent de formes et de grosseurs variées: en lobes, branches ou doigts, en tapis de quelques cm2 jusqu'à plus de 40 m2, 1-2 mm jusqu'à 40 mm d'épaisseur. Leur coloration s'étend des teintes de vert, brun, beige et rouge. Ce sont des organismes de construction simple qui ne possèdent pas d'organes et qui ont des tissus non-spécialisés. Nous avons peu de renseignements sur la reproduction de l'espèce.

L'éponge d'eau douce meurt à l'automne ou tombe en dormance et se désintègre partiellement au courant de l'hiver avec une reprise possible de la croissance au printemps. Elles se retrouve la plupart du temps dans moins de 2 mètres de profondeur, rarement plus que 4 mètres, mais ont été rencontrées jusqu'à 50 mètres (rarement sur des fonds boueux ou vaseux). Elles sont sensibles aux variations environnementales et, en général, préfèrent les eaux alcalines. Nous retrouvons souvent trois espèces dans un même lac, souvent quatre, et rarement cinq à six espèces.


CREVETTE D'EAU DOUCE
Mysis oculata

Crevette d'eau douce (mysis oculata)

Ce crustacé d'eau douce est une relique de l'époque glaciaire. Il préfère les lacs oligotrophes: froids et profonds. Il se retrouve dans le fond à l'été, à la recherche d'eau froide. À la brunante, il voyage en surface pour se nourrir. Il supporte la température plus élevée de l'eau pour quelques heures. Il reste beaucoup d'études à entreprendre pour en connaître d'avantage sur ce crustacé d'eau douce.

 

 


   Références et sites Internet d'intérêt   

Livres sur les poissons.        

Scott, W.B. et E.J. Crossman.

Scott, W.B. et E.J. Crossman. 1974. Les poissons d'eau douce du Canada.
Ministère de l'Environnement. Ottawa. Bulletin 184. 1026 p.
Même si ce livre date déjà de quelques années, il demeure toujours la bible des ichtyologistes du Canada.

McAllister D.E., E.J. Crossman. 1973. Poissons de pêche sportive du Canada. Musée national des Sciences naturelles. Collection d'histoire naturelle no. 1. Musées nationaux du Canada. Ottawa. 91 p.
Résume bien les critères d'identification des espèces. Information sur la pêche sportive.

Bematchez L. M. Giroux. 1991. Guide des poissons d'eau douce du Québec et leur distribution dans l'Est du Canada. Éditions Broquet. Québec. 304 p. ISBN: 2-89000-2934, environ 30$.
Excellent. Traite de 111 espèces de poissons. Photographies couleurs.

Magazine Sentier Chasse-Pêche. 1994. Poissons sportifs du Québec. Collection Guides de la pêche. Le Groupe Polygone Éditeurs Inc. Montréal-Nord. 134 p. ISBN 2-920675-64-8. Environ 13$.
Très bon, avec renseignements axés sur la pêche sportive.

Sites Internet: poissons

http://www.aquarium.qc.ca/
Site de l'Aquarium de Québec.

Sites Internet: moules d'eau douce

Annotations par Louise Lapierre, Faune et Parcs Québec. DFH.

http://coa.acnatsci.org/conchnet/
Contient des informations générales sur la biologie des moules d'eau douce ainsi que des informations sur leur déclin, et une bibliographie.

http://www.cciw.ca/eman-temp/reports/publications/nm97_mussels/intro.html
Contient un rapport similaire à ce que j'ai entrepris de faire mais pour l'Ontario. Contient des photos de moules.

http://www.cciw.ca/eman-temp/reports/publications/Mixedwood/molluscs/intro.htm
Contient des informations pour l'Ontario surtout, bien que la zone de forêt mixte contienne la vallée du Saint-Laurent, c'est comme si elle n'existait pas.

http://www.inhs.uiuc.edu/cbd/main/collections/mollusk.html

 


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Dernière mise à jour:  26 mars, 2006