Voici
mon récit personnel de la plongée sur le Eastcliffe Hall, au Crysler
Park Marina, organisée par Marc-André Labrosse, en ce petit dimanche du 15
septembre... aux aurores pluvieuses et peu invitantes...
Nous étions trois palanquées, Louise Giguère et Joe
Bush, Jacques Richer et Maryse Lebrun, et Marc-André Labrosse et moi, sous
l'oeil attentif de notre capitaine Alain St-Marseille, dans un beau zodiaque
gris pâle. C'était ben le fun!
C'était ma première plongée-courant cette année, et je
sentais le groupe beaucoup plus expérimenté que moi. La veille, ils avaient
fait deux plongées courant à Brockville et Louise avait fait de
l'entraînement en drysuit... Ça plonge beaucoup ce monde-là!
Je ne connaissais pas le copain de plongée qu'on m'avait
assigné, j'avais rencontré Marc-André une fois au Memphré et je n'avais
jamais plongé le Eastcliffe Hall... à une profondeur de 69 pieds (pas
trop profond quand même).
À la première plongée, en arrivant sur le site, j'ai
trouvé qu'il y avait beaucoup de courant! Ça m'a un peu inquiété. Pensant à
la pénétration de l'épave, j'avais emporté avec moi ma grosse lampe halogène
UK-1200 assez lourde... et en descendant le long de la corde, la ganse de la
lampe s'est prise sous moi et a cédé et je me suis retrouvée à être
obligée de tenir la lampe à la poignée, si bien que pour tenir solidement la
corde, égaliser en descendant, tenir la lampe de l'autre main... Ça
commençait à être une gestion difficile.
La
jupette de mon masque s'est mise à prendre l'eau dans le courant, j'ai cru un
instant qu'elle était fendue... je me suis donc retrouvée à mi-chemin sur la
corde avec plein d'eau dans l'espace attribuée au nez et un peu d'eau dans la
lunette du masque... Donc à chaque fois que je levais la tête j'avais une
bonne cuillerée d'eau qui passait par le nez et qui me tombait dans l'arrière
gorge... Eau que je n'arrivais pas à bien évacuer du masque, une main tenant
la lampe, les jambes bien serrées autour de la corde dans le courant... Je le
vidais et il se remplissait aussitôt! Ouin... piètre performance... Le courant
était beaucoup plus fort en surface qu'au fond de l'eau heureusement...
Arrivée sur l'épave, il y a des structures de métal
toutes tordues par l'explosion de la chaudière j'imagine, amoncellements sculpturaux,
cabines inversées... C'est l'hécatombe dans la barge. Le spectacle est
impressionnant avec le peu de visibilité, il y avait peut-être 30 pieds de
visibilité, oui, mais comme dans une tempête de neige poussée par un bon
vent, les sédiments en suspension passaient à bonne
vitesse... Il y avait un peu de courant à l'intérieur de l'épave à certains
endroits, les poissons restaient au fond ou bien cachés dans les chambres
obscures. Crapets de roche, perchaudes, dorés et des bancs de petits poissons
qui nageaient à un centimètre du fond.
En sortant j'étais un peu piteuse, j'avais siphonné mon
air, j'étais partie avec 3,250 psi (bouteille HP Genesis) et je suis revenue à
800... Je trouvais que j'avais travaillé fort... Heureusement Louise a aussi
trouvé qu'il y avait beaucoup de courant, ça m'a un peu encouragé.
J'ai
quand même récidivé, et après le lunch (où j'ai perdu une dent!!! Euh... ce
n'était pas à cause du sandwich d'Alain!), je suis allé plonger une deuxième
fois sur l'épave en changeant de masque cette fois, et sans lampe pour avoir
mes deux mains libres, (quand il y a beaucoup de courant, vaut mieux être moins
chargé!) malgré que Jacques avait réparé la ganse de ma lampe en vrai pro!
Merci Jacques!!! Je l'ai laissé dans le bateau. Une chose à la fois! Je
voulais régler mon appréhension du courant, et faire une bonne descente
cette fois.
Cette fois-ci j'ai eu une approche plus combative, je
savais à quoi m'attendre du courant qui m'a semblé moins fort tout à coup,
j'ai mieux négocié avec le courant lors de la descente, la plongée s'est
très bien passée, nous avons suivi, Marc-André et moi, le plan de plongée
élaboré par la palanquée de Maryse, Jacques et Joe, c'était un bon plan, ça
me tentait et nous nous sommes beaucoup amusé. Mon masque n'a pas fuit et le
soleil est sorti des nuages ce qui améliorait sensiblement la visibilité...
Très très belle plongée! Et j'ai eu beaucoup de plaisir à me laisser
fouetter par le courant à l'arrêt de sécurité sur la corde... Marc-André
était un bon compagnon, très calme et patient... Parce qu'à la première
plongée, ça allait mal mes affaires!...
J'ai eu le sentiment d'avoir amélioré mes aptitudes et
j'ai réalisé que le courant, au premier abord peut sembler effrayant mais
l'approche et notre état d'esprit y fait une grande différence.
Merci
pour cette autre belle occasion de plonger en sécurité, entourée de plongeurs
d'expérience, et "très rigolos!"
Suzanne Duranceau