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Revue La Plongée              


Le Eastcliffe Hall
Une vraie plongée courant…

Épave du Eastcliffe Hall
Morrisburg (Ontario)

Samedi le 27 juillet 2002

Un texte de Michel Perreault

Comme avec d'autres épaves dormant dans le courant comme le Daryaw (plus difficile) ou le Lillie Parsons, la plongée courant n'est chose facile mais peut révéler certains trésors qui valent la peine d'y plonger.

Arrivé à la sortie de Upper Canada Village, je m'aperçois que le numéro de sortie que j'ai donné n'est pas bon, c'est plutôt 758 et non 750 qui aurait du être indiqué ."Ça commence bien, pour ma première sortie que j'organise". À 8h45, je suis à la Marina Chrysler suivi de près par Guy Élie qui s'empresse de me rappeler le fameux numéro de sortie."Oups! je vais me faire taper sur les doigts...". Mais non, les gens n'en ont pas fait d'histoire. Merci, merci! Mea culpa!

Tout le monde (15 plongeurs plus 3 membres du charter) est à l'heure au rendez-vous (y parait que c'est rare...). Même le soleil y était aussi. Paperasserie, préparation des bateaux et de l'équipement, tout se déroule bien ("we're on time" comme prévue !). Après un briefing très complet sur les directives, les procédures et la sécurité, nous partons à deux bateaux, direction Eastcliffe Hall

Arrivé à la bouée, nous n’observons qu’un seul autre charter sur place : nous ne serons donc pas trop de monde en bas !!! Les premières palanquées se préparent et hop à l'eau. Ouf! Le courant surprend certains. "Ça prend assez d'énergie pour se hisser le long de la "driftline" jusqu'à la bouée; en plus qu'il faut continuer ensuite jusqu'à l'épave". Sans nommer personne, deux plongeurs ont abandonné dès le début. "Je suis inquiet à ce moment", en plus qu'un plongeur manque à l'appel et que son copain est remonté fatigué. Je vais voir à la bouée… Heureusement, le plongeur manquant est sur la corde, remontant tranquillement. Je lui fais signe que son copain est à la surface et il me suit.

Ok, maintenant que les deux plongeurs en difficulté sont en sécurité et que tout semble être revenu dans l'ordre, je m'apprête à descendre avec Jean Rondeau et mon accompagnateur Benoît. Tout va bien, Jean suit très aisément à l'arrière le long de la corde "y vente, hein?". Le Eastcliffe Hall se dévoile. Visibilité réduite à 15 pieds, nous nous aidons avec l'épave pour nous hisser vers l'avant. Nous descendons dans la deuxième cale avant pour ensuite traverser dans la première. Après avoir regardé le « wheelhouse », on se tape (à la grande joie de Jean et de moi-même) une drift jusqu'à la partie arrière du bateau. "On a ben du fun à faire nos acrobaties sous-marines". Nous explorons la partie (ce qui en reste) arrière de l'épave pour ensuite nous mettre à l'abri du courant pour voir la partie où il y avait des hélices jadis. Jean m'exprime alors sa gratitude en mimant un sourire avec ses mains. Nous vérifions nos pression et azote, tous OK. On retourne aux cales pour se diriger vers celle donnant à la corde de remonté. On revérifie nos pressions à nouveau et planifions notre retour.

De retour à la marina pour le dîner, les plongeurs expriment leurs aventures.

À la deuxième plongée, trois autres plongeurs ne seront pas de la plongée pour différentes raisons : r-v, fatigue et solidarité (wow). On a eu droit à un échange de couple. Une palanquée partie à 3 est revenue à deux tandis qu'une palanquée de 2 s'est retrouvée à trois. "Hey J-F, es-tu color blind ?" ;-) On l'a bien rit celle là. Aussi, il y en a certains qui ne s’énervent pas trop de perdre un body...

Tout a fini bien et à temps comme prévue avec toujours à nos côtés mer nature qui nous a offert une très belle journée ensoleillée avec une douce brise.

Les membres et non membres présents étaient: Guy Élie, Joe Bush, Jean Rondeau + 2 accompagnateurs (Julie Dutil et Pierre-Yves Charbonneau), Gilles Pruneau + 2 accompagnateurs (Martin Laplointe et Gilles de Laplante), Marc-André Labrosse + 1 accompagnatrice (Maryse Lebrun), Jean-François Blard + 2 accompagnateurs (Daniel Lecavalier et Mario Langlois), moi-même + 1 accompagnateur (Benoît).

Merci à tout les participants et merci aussi à Michel Labre et son équipe (Céline Labre et Richard Bradette) pour leur excellent travail très sécuritaire.

Grâce à vous, cette journée a été une Diable de belle journée réussie.

Michel Perreault

 

J'ai fait deux superbes plongées sur le Eastcliffe Hall….

Visibilité réduite, courant de 2 noeuds (je croyais que c'était 25 noeuds une fois sous l'eau) et une belle épave à visiter. Les conditions étaient idéales avec un beau gros soleil, deux bons bateaux et des organisateurs chevronnés (de Sub Aquatech).

Ça vaut la peine de garder la forme pour faire, ne serait-ce qu'une fois par année, une belle plongée comme ça...

Merci Michel, j'y retournerai sûrement cet été.

Jean A. Rondeau

 

Accroché à un câble

Première plongée mouvementée en surface. Un monsieur dont je ne connais pas le nom était en dry et avait très chaud. Nous étions sur le deuxième bateau, alors il nous fallait remonter la corde un peu plus longtemps. Il fallait passer le premier bateau ( 40 pieds), puis faire un petit trajet de 50 pieds dans 2 nœuds de courant. Le monsieur a eu un malaise et il a fallu le maintenir et le sortir de l'eau après qu'il eu repris son calme. Bon, on est bien encadré car en même temps Michel était déjà en train de récupérer un plongeur. La première plongée débute donc après cet incident et elle fut un peu fatigante. Mais cela valait la peine. Je dîne et puis hop on rembarque pour une deuxième plongée.

Curieusement je me retrouve dans l'eau accroché à un câble et essoufflé quelque peu. Et je me suis mis à entendre des voix :

Hé plongeur !!! Que faites-vous sur ce câble ? Vous avez l'air un peu essoufflé. Êtes-vous vraiment prêt pour cette plongée ?

Oui, oui je vais sûrement reprendre mon souffle. J'ai 145 plongées en deux ans. Je me suis entraîné cette hiver. Je faisais 6 km de natation par semaine. J'ai plongé dans du courant de 4 nœuds à Tahiti. Je reviens tout juste de la Caroline du Nord où j'ai affronté une des mers les plus dangereuses du monde. De plus, j'ai un moral et un sang froid incroyable. Je n'ai pas peur des requins. Je ne suis pas frileux. J'ai fait le Lock 21 dans des conditions semblables à celle-ci la semaine passée. Je plonge tous les mercredis soirs au Memphré. Je ne narcose pas, même à 130 pieds. J'ai une maîtrise de ma flottabilité parfaite. Je plonge en eau froide sans problème.

Alors plongeur, comment expliquez-vous le fait que vous soufflez comme un phoque sur ce câble depuis trois bonnes minutes ?

Mais non, je suis en train de récupérer grâce à mes poumons surdimensionnés.

Curieux plongeur ??? Le monsieur dans le bateau à plutôt l'air de croire que vous êtes en détresse respiratoire ! Comment expliquez-vous cela ?

Et bien, euh, ma bouteille s'est détachée alors que j'allais me mettre à l'eau et je suis resté plié en deux pendant que les autres me la replaçaient. J'étais donc essoufflé avant de me mettre à l'eau...

Et vous n'avez pas attendu de reprendre votre souffle avant d'aller à l'eau ?

Non, non, pas besoin !

Est-ce que c'est tout ?

Bien au lieu de contourner le bateau par l'avant, je me suis laissé dériver et j'ai rattrapé la corde d'un mouvement expert à 30 pieds en arrière pour rejoindre l'autre bord du bateau. Et puis j'ai eu une crampe à la fin de l'autre plongée à cause de mes nouvelles palmes. Alors étant donné que j'ai des bras surdimensionnés, je n'ai pas utilisé mes jambes pour avancer sur le câble. Et maintenant, mes bras sont complètement pétés. C'est un effort de me maintenir sur la corde actuellement.

Et quel genre de vie avez-vous mené ces derniers temps plongeurs ?

Bien, depuis un mois j'ai cessé l'entraînement. Puis j'ai recommencer à fumer et ma consommation à immédiatement augmenter. Et puis il me manque environ 6 heures de sommeil cette semaine parce que ma vie est plus amusante ces temps-ci.... et puis j'ai quarante ans et puis, et puis…

Et pourquoi vous n'avez pas écouté le sage conseil de votre « buddy » Maryse qui vous a dit de vous accrocher avec le mousqueton pour reprendre votre souffle?

Euh… Peut-être parce que je vous écoute monsieur…

Non plongeur, vous avez du sang-froid mais cela ressemble à un symptôme de panique ça !?

Ouais, peut-être que c'est parce que mon souffle se calme mais que je me sent complètement épuisé et que l'idée même de faire encore 50 pieds à contre courant me semble surréaliste.

Dehors plongeur !!! On reviendra une autre fois, ok ?

Ok m’sieur

Merci à Maryse qui a accepté gentiment l'abandon de cette plongée et à l'équipe qui m'a aidé à décapelé avant que je me hisse par mes propres moyens (quand même) à bord du bateau.

Marc-André Labrosse

 


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005