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Bienvenue
au 2ème Congrès subaquatique !
photo-reportage Danlelle ALARY
texte Tristan LÉONARD
C'est en ces termes simples mais bien à
l'image de l'hospitalité du Québec, que M. Bernard Regimbeau, président du
Comité d'organisation du Congrès subaquatique '84 a accueilli les centaines
de visiteurs présents à Longueuil au cours de cette fin de semaine des 16,
17 et 18 novembre dernier.
Ils étaient venus de partout, soit pour offrir leurs
produits, soit pour dévoiler leurs découvertes, soit pour démontrer leur
amitié et leur solidarité ou soit tout simplement pour voir, pour rencontrer
des amis ou pour s'en faire de nouveaux. Manufacturiers, revendeurs, experts,
explorateurs, scientifiques, professionnels, photographes et amateurs
d'activités subaquatiques, n'avaient qu'un but en tête en franchissant le
hall du Holiday Inn de Longueuil: LA PLONGÉE SOUS-MARINE.
Tous les observateurs ont été unanimes: de la plongée,
ils en ont eu à profusion. Tous, gavés d'images et de découvertes, en
redemandaient encore et encore à la clôture du Congrès. Bref, le 2ème
Congrès subaquatique a attisé la participation et touché la "corde
plongeuse" sensible chez plus d'un ou d'une adepte de loisirs
sous-marins.
Des gens et des événements.
Jamais
à Montréal, autant de personnalités du monde subaquatique canadien n'avait
eu l'occasion de dévoiler leurs travaux en l'espace de si peu de temps (3
jours).
En matière de patrimoine, le Congrès s/a fut l'occasion
pour le public de prendre connaissance des imposants travaux et découvertes
du site de RED BAY, au Labrador. Le Dr ROBERT GRENIER, archéologue marin de
Parcs Canada et directeur du projet de Red Bay annonça la fin prochaine des
travaux sur ce site parmi les plus significatifs au monde. Il démontra
l'étendue des découvertes prouvant qu'au XVlème siècle cette région
nordique de l'Amérique était le Bonanza de l'époque.
Plus tôt M. LAFLEUR, directeur du Parc National des Îles
de MINGAN, présentait avec l'humour des gens de "la Côte", les
merveilles de cette toute nouvelle destination coqueluche des plongeurs
québécois, la Minganie. Baleines, anémones, crabes, poissons, à Mingan
tout est plus beau et plus gros qu'ailleurs.
Un poétique exposé de M. Paul JANOSI, le président de la
Canadian Society of Underwater Photographers de Toronto, nous amena aux
PHILIPPINES. Tout le carrousel des émotions et toutes les couleurs de
l'arc-en-ciel défilèrent devant les spectateurs, opposant le pittoresque de
ce pays encore très démuni avec les beautés qu'offrent les fonds marins de
cet archipel du Pacifique.
De leur côté, les douze membres du Grand-Raid
Gaspésie '84, entraînèrent l'auditoire dans une étourdissante randonnée
de plongée en pneumatiques. En moins de 30 minutes, ils leur firent parcourir
plus de 600 km au rythme de 500 diapositives présentées sur 3 écrans
simultanés. Grands voiliers, falaises de Forillon, scènes de pêche et de plongée,
rocher Percé, Île Bonaventure, pittoresques gaspésiens, tout contribuait à
faire découvrir I'exaltation du Grand Raid de plongée.
Le Salon Maricourt pour sa part fut occupé trois jours
durant par l'exposition des manufacturiers, organismes et services de
plongée.
Les principales firmes oeuvrant sur le marché québécois y
étaient présentes comme en font foi certaines des photos de ces pages.
Du côté de la formation, on notait la présence de la
N.A.U.l. et de la P.A.D.l. dont les kiosques étaient animés par leurs
dirigeants canadiens. La F.Q.A.S. pour sa part avait choisi l'occasion pour
dévoiler son tout nouveau programme de formation et expliquer aux visiteurs
ses brevets de plongée québécois.
Une imposante délégation de l'Ontario (Ontario Underwater
Council) animait le kiosque de l'O.U.C. et invitait le public plongeur à
poursuivre leur recherche de nouveautés au Congrès Underwater Canada, qui se
tiendra à Toronto en mars '85. Évidemment Tobermory, la plus connue des
destinations-plongée ontarienne, était à l'honneur.
Cette fin de semaine mouvementée s'est terminée par la
nomination du nouveau conseil d'administration de la Fédération Québécoise
des Activités Subaquatiques. Ce nouveau groupe d'administrateurs a clairement
manifesté son intention d'appliquer une politique de rayonnement. Leurs
objectifs sont de faire connaître les destinations québécoises de plongée
aux divers publics-cibles qui entourent la province. Ce faisant, il est
certain que l'ensemble du marché québécois de la plongée sera appelé à
croître de façon significative.
En conclusion de ce compte rendu, nous tenons
à souligner les noms des véritables héros, pour ne pas dire
"vedettes", de ce 2ème Congrès subaquatique soit nos hôtes:
Pierre Amyot, Danielle Alary, Marc Arbour, Monelle Boucher, Lise Brousseau,
Richard Chouinard, Diane Coallier, François Demers, Michel Gilbert, Lise
Giroux, Louise Hallé, Michel Hallé, François Hamel, Christian Lacasse,
Roxanne Lamoureux, Ginette Leblanc, Christine Leroux, Jacqueline Malo-Rivet,
Serge Marcoux, Roger Martin, Marie-Hélène Provencher, Diane Racicot, Yves
Racicot, Bernard Regimbeau, Claude Rivet.
Vingt-cinq plongeuses et plongeurs sportifs ont en effet
été les véritables maîtres d'oeuvre de cette réussite. Omni-présente
tout en restant effacée, cette équipe efficace n'avait pour seul salaire
que celui des sourires des visiteurs. Certains ne dormirent que quelques
heures pour ne pas dire quelques instants, ou ne purent que prendre que 2 ou
3 brides de repas au cours du Congrès. Mais le pari semble avoir été
gagné puisque plusieurs jours après la clôture, l'équipe était encore
au travail. C'est ainsi qu'une liste d'améliorations à apporter pour l'an
prochain a été dressée.
Bref le comité d'organisation du Congrès 1985 est déjà
à l'oeuvre. Ils/elles étaient 25 en 1984, ils/elles devront être 50 en
1985. Pourquoi donc ne pas contribuer de vos talents et énergies à la
réalisation de la prochaine Grande Fête de la Plongée.
Revue LA PLONGÉE, Janvier-Février 1985
3 mars 1984
Ça se passait un 3 mars 1984…
LA BELLE AU BOIS DORMANT
"Le club organise une plongée sous-glace, histoire de
faire un pied de nez à ce long hiver qui n'en finit plus. Christian Lacasse se
promet bien alors de plonger avec chaque dame qui plongerait sous la glace
durant le week-end. Le sort en décide tout autrement. En voulant recoudre son
habit isothermique, notre "belle au bois dormant" s'est piquée le
bout … du doigt avec son aiguille. Au lieu d'endormir notre jeune prince, la
vilaine fée piqûre, lui paralyse la main durant son sommeil….
Heureusement, il était seul ! Christian se retrouve donc à
l'urgence dorloté par de superbes infirmières, alors qu'il projetait de
plonger avec de splendides sirènes sous la banquise…"
Grand
Raid Gaspésie 1984:
640 kilomètres de plongée en pneumatique
Revue LA PLONGÉE, Juillet-Août 1984
Le 1er juillet prochain, l'équipe du GRAND-RAID GASPÉSIE 1984 appareillera
du Port polyvalent de Rimouski-Est pour ce qui s'annonce être le plus
long voyage de plongée sous-marine entrepris à ce jour. Douze membres de
l'expédition plongeront presque chaque jour depuis Mont-Louis jusqu'à
Pointe-à la-Croix. Tout le matériel de plongée sera transporté a bord des
embarcations pneumatiques de marques ZODIAC, AVON, ACHILLES et CALLEGARI.
Propulsés par des hors-bords MERCURY, les embarcations de 4,70 à
8,50 mètres franchiront chaque jour de 50 à 160 kilomètres selon un cahier
de course pré-établi.
Les membres de l'expédition sont :
-
Michel ARCAND (Montréal) (Diables
des Mers)
-
Richard CHOUINARD (Brossard) (Diables
des Mers)
-
Pierre COLLIN (Montréal) (Plongée Jonas)
-
Charles FOURNIER (Montréal)
-
AIine HAMEL (Montréal) (Plongée Jonas)
-
Christian LACASSE (St-Hubert) (Diables
des Mers)
-
Tristan LÉONARD (Mercier) (Communications
Hydrosphère)
-
Jacques PAYETTE (Ste-Martine)
-
Marielle et Jacques PERREAULT (St-Hyacinthe)
(Plongée Jonas)
-
Claude ST-ONGE (Montréal)
-
Richard THOUIN (Joliette) (Hyppocampes de
Lanaudière)
Le GRAND-RAID GASPÉSIE 1984 a pour objectifs la
promotion de l'utilisation de l'environnement marin québécois.
Cette expédition est parrainée par la Fédération
Québécoise des Activités Subaquatiques, et commanditée par: ACHILLES
ENFLATABLES, AVON INFLATABLES, G. et A. BOURQUE, CENTRE DE PLONGÉE MERCIER1
ISOTEQ CREATIONS INTERNATIONALES1 MERCURY MARINE DU CANADA, PLONGÉE JONAS
et ZODIAC INFLATTABLES 0F CANADA.
On recherche
Pour la troisième année, Les Diables des Mers sont à la
recherche de clubs qui désireraient connaître les activités de la fin de
semaine du "ICE FLOE RACE"; le moyen d'association avec d'autres
permet de réduire les coûts de transport ainsi que de faire connaître une
activité qui existe depuis 20 ans en Ontario à Peterborough.
Pour plus de renseignements, contactez Les Diables des Mers.
Revue LA PLONGÉE, Hiver 1984
4 novembre 1984
Après cinq années de règne et de dévouement, Bernard Regimbeau passe
la fourche du grand Diable à Diane Coallier qui devient de ce fait la
deuxième présidente de l'histoire du club et aussi la première femme à
occuper un poste à la haute direction du club ! Diane sera bien
entourée pour assumer la relève. Vincent Ardizzone viendra seconder Diane,
au poste de vice-président… les membres n'ont qu'à bien se tenir… c'est
tout un gaillard, policier pour la SQ, qui plus est. François Demers,
quant à lui, accepte la lourde tâche du secrétariat. Une femme à la
présidence, un homme aux tâches cléricales, décidément les Diables sont
très innovateurs.
Le départ de Bernard a été souligné par la remise
d'une plaque soulignant son apport important à la création et à la vie du
club. Moment historique indéniable, puisque c'est la première fois que Bernard ne
parle pas… Il est resté sans voix. On aurait dû lui rendre hommage
beaucoup plus tôt! C'est un petit truc qu'on devrait refiler aux autres
membres du conseil d'administration de la fédération, où Bernard vient
d'être élu 2ième vice-président,
sinon, c'est pas certain qu'ils pourront placer un mot !
Le
Grand Raid Gaspésie 1984
VIVRE EN MER
par Tristan Léonard, Responsable des communications
La Plongée, novembre-décembre 1984
Du
1er au 12 septembre 1984, une équipe de 12 plongeurs ont franchi en
embarcation pneumatique les 640 kilomètres séparant le Port Polyvalent de
Rimouski Est de la Marina de Carleton. Au terme de leur expédition, ils
considèrent avoir atteint presque tous leurs objectifs. Avec le support
inestimable des médias écrits et électroniques, ils ont réussi à
sensibiliser le public en démontrant qu'il était possible d'utiliser' en
toute sécurité le milieu marin à des fins de transport et de récréation,
sans pour autant avoir besoin d'embarcations d'envergure.
Plonger en Gaspésie, vivre 24 heures sur 24 sur la mer ou sur son rivage,
rencontrer les gens pour qui cette mer est à la fois un gagne-pain et une
passion; telle était un peu la trame qui servait de motivation au groupe.
L'hypothèse voulant qu'en visitant la Gaspésie par mer on lui découvrirait
un nouveau visage s'est vérifiée dès les premiers instants.
Dès les 29 et 30 juin, notre arrivée à Rimouski coïncida avec les
fêtes d'inauguration de la nouvelle marina du Port Polyvalent. Accueillis
chaleureusement par M. Philippe Dionne et son équipe, tout fut mis en oeuvre
pour permettre le déploiement des 5 pneumatiques et de la tonne et demie
d'équipement devant servir à assurer survie et sécurité aux membres de
l'expédition. Quatre pneumatiques de 4 à 4,75 m (un ACHILLES SHD-1 56, un
AVON sport boat, deux ZODIACS Mark III GR) transporteraient deux plongeurs
chacun. Les autres membres de l'expédition soit Pierre, Aline, Marielle et
Jacques, étaient déjà à quai à bord du JONAS, un pneumatique CALLEGARI de
8,5 m. Côté mécanique, toute l'expédition misait sur des hors-bord Mercury
dont quatre XD 25 derniers modèles.
Sur les pontons de la marina, plusieurs plongeurs furent rencontrés qui
nous vantèrent les beautés de l'Empress coulée à proximité.
Nos amis de Gaspésie
Les
5 premiers jours de l'expédition furent fertiles en rebondissements. Tout se
déroulait comme prévu sauf que des avaries répétées ralentissaient la
marche. Victime du mauvais sort, mais surtout des suites d'un sauvetage
houleux exécuté quelques jours auparavant sur la Côte Nord, Jonas tramait
de la patte. L'occasion de s'entraider a réparer les blessures de Cet immense
pneumatique acheva de cimenter l'équipe, mais surtout de nous faire
apprécier le merveilleux esprit d'entraide et la légendaire hospitalité des
Gaspésiens. À Matane, l'équipe toute entière de la marina, elle aussi en
pleines festivités inaugurales, s'évertua a nous rendre la tâche facile.
Et que dire de l'accueil formidable de la population de Grosses Roches.
Malgré notre arrivée imprévue à une heure tardive, on s'affaira a nous
aider à l'amarrage de nos bateaux. Maurice Desjardins un pêcheur, nous
hébergea sur son terrain et cette première soirée fut l'occasion d'un
souper aux fruits de mer.
Dés le lendemain, Marc et Richard effectuèrent la première plongée du
voyage à la recherche d'une ancre égarée par nos hôtes. Ils mirent plus
d'une heure à la retrouver tant ils furent émerveillés par l'abondance et
la variété de la faune et de la flore sous-marine. L'eau très froide du
courant de Gaspé était particulièrement riche en plancton mais, par 7 à 10 mètres de fond, la visibilité restait toutefois très acceptable, soit de
5 à 8 mètres. Concombres de mer, bourgots, anémones, plies, crabes,
astéries, et j'en passe, étaient au rendez-vous Si on en juge par
l'enthousiasme de nos deux compagnons à leur retour de plongée. Marc, qui
arrivait à peine d'une série de plongées aux Escoumins, ne tarissait pas
d'éloges pour le site. Il avait adoré sa plongée.
En surface les événements ne manquaient pas non plus. Au grand plaisir de
tous, il fut possible de faire un brin de navigation aux côtés de trois des
plus majestueuses cathédrales de la mer. Le SAGRES, le EAGLE et enfin
l'immense KRUZENSHTERN, trois grands voiliers qui redescendaient de Québec
purent donc être admirés à loisir. Miche et Jacques ont surtout apprécié
l'aventure, tandis que Richard tentait d'immortaliser ces rencontres sur
pellicule.
Plongée d'épave à Grande
Vallée
Que
d'événements en quelques heures et comment passer sous silence l'accueil
fraternel des Fournier de Grande-Vallée. C'est d'ailleurs là que JONAS est
ressuscité sous les mains habiles de Carol et Jean-Yves Fournier. Ces deux
ébénistes réussirent en moins de quelques heures à remettre à neuf toute
une section de la quille, tandis que Pierre, Jacques, Richard et quelques
autres s'occupaient à recoudre l'échancrure qu'avait créée le bris de la
quille dans le fond du bateau.
Malgré tout, 3 plongées furent effectuées dans les
environs. AIine, Richard et Jacques, suivant les renseignements fournis par
Rémi Fournier, retrouvèrent les restes de l'épave du Frederica Lensen.
Coulée en 1942 par une torpille allemande, la carcasse resta visible jusque
dans les années '60, la poupe sortant de l'eau au milieu de l'anse. De nos
jours, l'épave gît éparpillée dans le fond entre 4 et 10 mètres de
profondeur sur fond de sable et gravier.
Plus loin en aval, à l'Anse à Mercier, Charles et Marc plongeaient sur un
site qui s'avéra décevant. Au rocher de Petite Vallée, Tristan repéra
sensiblement les mêmes conditions de faible visibilité (1 à 2 mètres) tout
au plus. Cependant, la faune y présentait certains intérêts. Le rocher,
fréquenté par des goélands, des cormorans, et des kakawis, était encerclé
d'une épaisse végétation sous-marine parmi laquelle on pouvait voir des
étoiles de mer, des anémones, d'énormes néréis de 40 cm de long, des
bourgots et bien sûr de nombreux crabes. L'eau y était très froide (52°F)
même en surface.
Direction plongée à Percé
Au fil des jours qui survirent de bons souvenirs nous restent de l'Anse
à Valleau, de la visite du havre de Rivière-au-Renard et de notre arrivée
au Cap-des-Rosiers.
Les falaises du Cap Bon-Ami, leurs oiseaux et leurs phoques,
le houleux passage du Cap de la Vieille (Cap Gaspé) sont des moments
inoubliables.
Notre halte au Parc national ForilIon (Grande-Grave et
Petit-Gaspé) nous fit comprendre la rigueur de la réglementation de ce parc.
Certes nos besoins étaient très différents de ceux manifestés pour les
visiteurs habituels du parc. Quoi qu'il en soit l'accueil y fut apprécié et
le personnel a réussi a s'adapter à la situation. On comprend que quelqu'un
veuille faire le tour de la Gaspésie en vélo ou sur le pouce, mais qu'il
arrive par mer à bord d'un pneumatique, a de quoi surprendre. Mais après
tout n'est-ce pas par mer que tout transport s'effectuait harmonieusement, il
y a à peine 60 ans ou 70 ans? Le Grand Raid sonne-t-il le retour à un
tourisme maritime? L'expérience humaine, le panorama et l'aventure en valent
certainement le coup.
Mais ici nous étions en territoire connu. Ainsi le plein d'essence et
d'air comprimé le transit d'équipement se firent grâce à l'aimable
assistance de Pierre-Paul Lauzon et Georges Cassivi, deux plongeurs bien
connus des habitués de Forillon.
Le lendemain soir, après un arrêt pittoresque à l'Île Plate (Pointe
St-Pierre), nous allons goûter à notre premier véritable lit après une
semaine de bivouacs dans des ports de pêche. Sidney Maloney et Lise Deguire
nous accueillirent dans leur chaleureuse Auberge au Coin du Banc. C'est lors
d'une soirée amicale, en présence d'un reporter de Radio Gaspésie, que
s'effectua le lancement du Guide de Plongée de la Gaspésie dont nous avions
apporté symboliquement des exemplaires par mer de Rimouski à Percé pour
l'occasion.
Le lendemain, nous prenions contact avec Georges Mamelonet du Parc
sous-marin de Percé qui nous servit de guide lors d'une plongée de l'Île
Bonaventure sur le site surnommé La Pierre Carrée, situé non loin de la
"caverne d'Alibaba". Dans une eau à 58°F, toute l'équipe s'est
amusée à suivre les câbles reliant les balises rouges des sentiers
sous-marins tracés par Georges et son équipe. De paroi en cavité, de muret
en caverne, nous avons nagé parmi les murs d'anémones et l'invraisemblable
abondance sous-marine de ce site de plongée, un des plus beaux du Québec.
Protégé des vents d'ouest ou de sud-ouest dominants, ce site est
particulièrement bien éclairé au début de la matinée. La visibilité y
dépasse fréquemment les 10 mètres pour y atteindre 20 mètres à
l'occasion. Accessibles seulement en bateau, la plupart des sites de l'île
Bonaventure sont de véritables joyaux de plongée. C'est d'ailleurs afin de
les faire mieux connaître, apprécier et de les protéger que Georges et son
groupe veulent qu'ils soient inclus et mis en valeur dans le futur parc
provincial de Percé.
Ce fut donc un menu de morue gaspésienne et d'éperlans qui fut servi sur
le quai du havre, le tout agrémenté de crabe des neiges s'il vous plaît...
Les derniers moments vers Carleton
Un voyage en Gaspésie n'est pas complet sans un bon repas de homard ou de
crabe. C'est donc à Ste-Thérèse puis à Gascons que furent achetés ces
délices. On taira le sort qui leur fut fait. Les haltes de Newport et de
Paspébiac furent plus calmes que celles qui avaient précédé. En effet,
partout notre arrivée dans un port suscitait des attroupements, les questions
fusaient. Presque tous avaient été mis au courant par les journaux, par la
radio de Radio-Canada Matane ou par certaines entrevues à la télévision.
L'équipe, qui naviguait vêtue de combinaisons Mustang d'un jaune flamboyant,
attirait le regard. Bien que ce n'était pas nécessairement l'effet
recherché, le spectacle des 5 bateaux naviguant en flottille, venant par mer
de si loin, tout contribuait à créer un événement excitant.
Au fil des derniers jours, deux autres plongées furent effectuées entre
les brumes, les coups de vent et de pluie. Un site fantastique fut découvert
à Reddish Point, près de l'Anse aux Gascons. L'eau, plus chaude (62°F),
était très claire, 8 à 12 mètres de visibilité. Le fond rocheux très
vivant avec plusieurs homards énormes, des étoiles de mer de toutes sortes,
des poules de mer, des raies épineuses, des loups de mer et des loquettes
bref, tout ce qu'il faut pour faire de la belle plongée. Le rivage en
falaises crevassées et caverneuses contribuait a renforcer l'impression
d'aventure. Ce site, connu localement sous le nom de l'Anse à Joe, vaut le
déplacement.
Après nos avant-dernières haltes à Paspébiac, puis à Bonaventure, une
plongée fut effectuée aux Caps Noirs près de New-Richmond. Là un
phénomène nous attendait: une eau a 72°F ! Incroyable mais vrai! En
surface, faire de l'apnée sans combinaison isothermique entre 0 et 6 mètres
en Gaspésie, quelle révélation! Inutile de vous dire que ce fut l'hystérie
collective à bord! Il fallut une bonne heure avant que tout le monde ne
retrouve ses esprits, son habit de plongée, son cylindre et ses plombs. Au
fond, après une couche saumâtre de 0 à 6-7 m., le milieu devenait plus
salin et Claude fit la découverte d'un énorme homard qu'il eut toute la
misère du monde à nous montrer. Un environnement sous-marin plutôt
estuarien (Baie de la rivière Cascapédia) s'offrait aux plongeurs.
Carleton - étape ultime
C'est à la marina de Carleton que nous attendaient les journalistes de la
presse parlée et écrite et à cause de la journée de tempête qui nous
empêcha le lendemain de pousser jusqu'à Pointe à la Croix, c'est là que se
termina la première tournée en pneumatique de la Gaspésie. Ici encore nous
étions attendus. Daniel St-Onge nous servit d'hôte et de guide. Sous son
habile gouverne, l'équipe épuisée, il faut bien l'avouer, retrouva le
plancher des vaches après 12 jours de navigation et de péripéties.
Le Grand Raid venait d'ajouter deux autres cordes à son arc:
associer la plongée et les contacts personnels à l'aventure merveilleuse de
redécouvrir un pays à bord de ces embarcations extrêmement sécuritaires
que sont les pneumatiques.
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