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UNE SOURIS SOUS LA MER
(Aphrodita hastata Moore 1905)

par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume 16, No. 6, Décembre 1989

 

Un gros ver trapu et poilu recouvert de mucus et de vase, de 15 cm de long par 7.5 de large (6 x 3po). "Yeurk!" Est-ce une plaisanterie? Non, c'est bel et bien vrai, et ça porte même un nom: une souris de mer (Aphrodita hastata). Ce polychète (ou ver) est très peu connu, mais lorsqu'on a lu sa description une fois, on ne peut se tromper sur son identité lorsqu'on le repère sur le fond.

Même s'il fréquente des profondeurs accessibles à tous soit de 2 à 1829 m., il n'est que très rarement croisé lors d'une plongée. Il faut vraiment le chercher et explorer la vase, activité que les plongeurs de lac n'aiment guère pratiquer lorsqu'ils arrivent sur le bord de la mer. Quant aux résidents maritimes il leur faut plonger tard à l'automne. C'est donc à ce moment que j'ai fait ma rencontre avec deux de ces spécimens. J'étais vraiment enthousiasmée ainsi que ma compagne. Nous les avons examinés de tous bords et tous côtés pour bien mémoriser les caractéristiques de ce ver errant (ainsi classé).

Qui pense souris, pense longue queue et déplacement rapide. Alors je ne comprends pas pourquoi on l'appelle ainsi. Premièrement. c'est un ver, et non, un mammifère, deuxièmement ça n'a pas de queue et si on le touche il ne se sauve pas mais se recroqueville sur lui-même. Il prend presque 5 minutes à se redresser lorsqu'on le dépose sur le fond. Quant aux déplacements rapides et bien là, vous pouvez vider votre bouteille à le regarder ramper sur un mètre ou deux... En fait tout ce qui le fait ressembler à une souris, ce sont les poils appelés "setae". Ils sont longs (1 cm) sur les côtés sur les parties latérales du dos tandis qu'ils sont courts et drus sur la partie centrale. Ces poils sont recouverts de mucus auquel adhère de la vase fine donnant une couleur grisâtre à tout le corps. Ce qui est surprenant cependant, c'est que si on le débarrasse de toute cette saleté, la "fourrure" devient soyeuse car elle est composée de poils fins comme des cheveux ou épais comme du crin. Elle prend alors de belles couleurs de jaune. de bronze ou de vert sur les poils fins tandis que les plus épais ont des couleurs plus sobres. Sous cette masse chevelue, on peut distinguer les anneaux semi-rigides au nombre de 40 qui forment son corps et sous ce corps, les pieds semblables à ceux d'une chenille servant à la locomotion.

La tête, je n'ai pas trouvé de quel côté elle était; et ce que ça mange. il paraîtrait que c'est carnivore. Quant à la reproduction, ils emploient la méthode la plus paresseuse qui soit: elle pond et il éjacule dans l'eau et les courants font le reste.

Voilà ce que j'ai pu récolter comme informations sur ce gros ver. Si vous n'avez pas la chance de les voir dans leur milieu naturel, peut-être que si vous parcourez les plages après une tempête vous en découvrirez un gisant sur le rivage.

 

Bromley, Joan E. C., Bleakney, J. Sherman, Keys to the Fauna and Flora of Minas Basin,
Conseil national de recherches du Canada, 1985

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Dernière mise à jour:  04 December, 2005