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LES RAIES DU QUÉBEC

par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume 17, No. 2, Avril 1990

 

Les raies font partie de la même classe que les requins c'est-à-dire la classe des Selachii, sous-classe des Euselachii. Ces poissons ont un squelette entièrement cartilagineux (crâne compris), sans os véritable mais souvent calcifié, il n'ont a pas de vessie natatoire, ce qui fait que ces poissons doivent nager pour rester entre 2 eaux ou se reposer sur le fond lorsqu'ils sont immobiles.

Lors de la reproduction, les raies s'accouplent et le mâle féconde la femelle intérieurement grâce à l'appendice que formera ses deux nageoires pelviennes modifiées, les ptérygopodes. Chaque oeuf se développera dans une capsule cornée rectangulaire qui est l'équivalent d'une coquille chez les oiseaux. Après la ponte, ces capsules prolongées par de grandes cornes munies de fins crochets éviteront à l'oeuf de se faire ballotter au gré des courants et des vagues en s'accrochant à tout ce qui pourra l'aider à se stabiliser.

La forme typique des raies fait en sorte qu'elle ne peut être confondue avec aucun autre poisson. Un petit requin sur lequel on aura passé un rouleau compresseur vous donne une idée assez exacte de l'aspect de cet habitant des eaux salées. Leur nage est, par le fait même, plutôt planante car elle s'accomplit par l'ondulation de leurs larges nageoires. Ce vol sous-marin est très agréable à voir: tantôt elles pivotent sur l'aile pour un virage prononcé, tantôt elles atterrissent sur le fond sans soulever un grain de sable ou décollent à toute vitesse pour échapper aux plongeurs. Cette efficacité dans toutes ses manoeuvres pourrait, sans contredit, servir d'exemple aux pilotes d'avion.

Les yeux sont placés sur le dessus de la tête et les évents juste derrière ceux-ci par lesquels elle aspire l'eau pour la rejeter par les 5 paires de branchies situées sur la face ventrale du corps. De ce fait, elle ne peut reposer complètement à plat sur le fond car la respiration serait perturbée. C'est pourquoi lorsque la raie est immobile, elle se surélève sur ses pectorales légèrement incurvées afin de ménager un espace entre son ventre blanc et le sol.

On rencontre des raies dans tous les océans. Certaines vont même jusqu'à remonter les estuaires des rivières sur une distance de plusieurs kilomètres vers l'amont. Les raies québécoises sont au nombre de quatre (c.f. A.H. Leem et W.B. Scott). La raie lisse (Raja senta Garman) et la raie épineuse (Raja radiata Donovan) ne fréquentent que les eaux profondes de 10 à 300 brasses.

Par contre, la raie hérisson (Raja érinacea Mitchell) et la raie tachetée (Raja ocellata Mitchell) sont plus susceptibles d'être rencontrées aux profondeurs accessibles aux plongeurs sportifs. Ces deux raies sont difficiles à différencier. La raie hérisson possède 38 à 64 rangées de dents, un museau très obtus et une longueur maximum de 53 cm tandis que la raie tachetée possède 72 à 110 rangées de dents, un museau obtus et une longueur maximum de 110 cm. Un aspect qui permet de les distinguer "aisément" c'est que le mâle hérisson atteint sa maturité sexuelle à une longueur de 40 à 45 cm tandis que le tacheté attend d'avoir 66 cm ou plus pour s'accoupler. Un autre caractère distinctif de la raie tachetée: une à quatre ocelles noires ou brunes foncées bordées de blanc sur chaque pectorale. Ces ocelles peuvent cependant faire défaut, il suffit alors de compter le nombre de séries de dents et cela suffit généralement pour distinguer cette raie de la raie hérisson.

Lorsque les jeunes raies sortent de leur capsule comme le ferait un poussin, elles sont la réplique exacte de leurs parents. Ces petits disques à queue sont cependant dotés d'un plus grand nombre d'épines sur la ligne médiane du dos les rendant ainsi moins attirants pour leurs prédateurs. Certaines de ces épines disparaissent avec l'âge et ne sont aucunement dangereuses pour le plongeur portant des mitaines. Manipulez-les avec délicatesse et n'essayez pas de faire des vols planés à la Cousteau avec des raies québécoises et, même si elles portent le nom anglais de "skate" (patin), n'essayez pas de les chausser !

Enfin un dernier mot sur leur diète: amphipodes (petits crustacés) et annélides (vers), lançons, harengs, tanche tautogue, gaspareau et poulamon leur permettent de varier leur menu à volonté.

Voilà ce que l'on peut dire sur ces gracieux "volatiles" sous-marins et même si vous n'avez pu dire si c'était la raie hérisson ou la raie tachetée que vous avez observée, vous pourrez quand même affirmer à coup sûr que c'était une raie.

 


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005