Retour

RETOUR

Retour à la page d'accueil

  


POISSON-ALLIGATOR ATLANTIQUE
Aspidophoroides monopterygius (Bloch)

par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume 18, No. 2, Avril 1991

 

Wow! Un poisson presque inconnu. Les informations manquantes à son sujet ajoutent une petite touche mystérieuse au nom déjà très suggestif de ce poisson. L'unique affinité qu'il possède avec l'alligator, sont les plaques osseuses qui recouvrent son corps. Claude Provencher le compare à un fume-cigarette à cause de sa forme allongée; pour moi il évoquerait plutôt un bébé esturgeon, forme de la queue en moins. Quoiqu'il en soit, le poisson-alligator n'est jusqu'à présent que très peu connu, même si la première mention de ce spécimen date de 1786. On sait qu'il peu atteindre 17,8 cm, mais on ignore tout sur sa vitesse de croissance. De plus, on ne possède aucune information sur son régime alimentaire, mais on présume qu'il se nourrit de petits invertébrés. Quant à ses prédateurs on en a retrouvé quelques spécimens dans l'estomac des morues, des aiglefins et des flétans, mais c'est tout ce que l'on possède jusqu'à ce jour à ce sujet.

Même si la description de ce poisson était très détaillée, je ne crois pas que vous pourriez vous en faire une image exacte. Je vais donc me limiter à quelques détails. Les deux tiers arrière du corps sont très élancés ressemblant un peu à une couleuvre. La tête et le corps sont entièrement couverts de plaques osseuses. La tête est quelque peu aplatie de forme triangulaire et surmontée de deux arcades sourcilières proéminentes afin de protéger 2 yeux relativement grands. Le museau formant la pointe du triangle est aussi surmonté de deux petites cornes acérées. Sa coloration est tout ce qu'il y a de plus banal: dessus brun foncé, dessous plus pâle, quatre ou cinq bandes transversales foncées entre la nageoire dorsale et la caudale. Ce serait un des peu nombreux poissons à posséder un dimorphisme sexuel assez apparent; le mâle est pourvu de nageoires pelviennes beaucoup plus longues que celles de la femelle.

L'aspidiphore (autre nom vulgaire), est un poisson qui fréquenterait des fonds boueux ou sablonneux entre 18 et 332 m. On aurait trouvé occasionnellement des larves et des spécimens dans les parties profondes du Golfe du St-Laurent, dans la région de Trois-Pistoles ainsi que des larves de moins de 3 cm près du Cap Gaspé.

Si vous vous posez des questions sur leur vie de couple, alors là c'est le mystère complet. En 1942 une femelle contenant 600 oeufs a été capturée et on aurait trouvé des larves dans la Baie Passamaquody (Nouveau-Brunswick) entre avril et juin (1922) (ref. W.B. Scott et M.G. Scott).

Le spécimen de la photo (13 cm) a été capturé dans les filets des pêcheurs de crevettes au printemps '90. Il resterait à savoir dans quelle partie du Golfe du St-Laurent ils auraient dragué à ce moment. De plus, plusieurs petits sébastes (de 7 à 8 cm de long) se trouvaient en compagnie du poisson-alligator.

Deux autres poissons lui ressembleraient de très près: l'agone atlantique (Agonus decagonus) qui lui, aurait deux nageoires dorsales et le poisson-alligator arctique (Aspidophoroides olriki) qui ne mesurerait pas plus de 8 cm.

Voilà pour ce poisson. Contentez-vous de vous l'imaginer mentalement, et ne plongez pas dans le but de le rencontrer, vous serez déçu.

Vivre au bord de la mer réserve de grandes et petites surprises: le poisson-alligator atlantique est une grande "petite surprise". Il est très rarement observé et les biologistes se l'arrachent. Notre spécimen sera confié a l'Institut Maurice Lamontagne de Ste-Flavie.

 


Si vous avez des commentaires sur ces pages SVP, communiquez avec l'administrateur.
Dernière mise à jour:  04 December, 2005