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LES MOLLUSQUES ET LEUR CONTRÔLE

par Roger Gélinas et André Thibodeau,
Division du contrôle des zones coquillières
Direction des opérations Pêches et Océans, Canada,
Région du Québec

Revue LA PLONGÉE, Volume 14, No. 2, Avril 1987

 

Au Québec, une grande quantité de gens habitant les secteurs maritimes ainsi que les touristes qui les fréquentent adorent déguster des mollusques et ce, dès que la neige disparaît, et plus tôt pour certains. Malheureusement, beaucoup d'entre eux ne se préoccupent pas de savoir si ces mollusques présentent un danger pour la santé. Il n'osent pas s'informer auprès des organismes gouvernementaux avant de les récolter. Au Canada, c'est le Québec qui, depuis 1880, a obtenu le plus grand nombre de cas d'intoxication paralysante par les mollusques.

Depuis le 1er avril 1984, la surveillance des zones de récolte des mollusques est sous la responsabilité des Pêches et des Océans du gouvernement du Canada.

La Division de l'inspection du ministère a donc mis sur pied un programme d'échantillonnage et d'analyse des mollusques et la Division de la protection a mandaté ses agents des pêches pour la surveillance des zones de cueillette sur le littoral de toute la région maritime du Québec. Environ 560 zones susceptibles d'être ouvertes ou fermées à la cueillette des mollusques se retrouvent sur la Côte-Nord (de Baie St-Paul à Natashquan), aux îles de la Madeleine, sur l'île d'Anticosti et dans les régions du Bas du Fleuve et de la Gaspésie. Cette surveillance est effectuée afin de protéger le public consommateur, tout en lui permettant de récolter les mollusques a des endroits sains.

Pourquoi une zone est-elle fermée ?

Une zone peut être fermée soit pour POLLUTION, soit pour TOXICITÉ.

LA POLLUTION

La pollution est principalement provoquée par les égouts domestiques, par le drainage des terres de culture et d'élevage amenant à l'eau la matière fécale des animaux domestiques ainsi que certains produits chimiques, par l'épandage d'insecticides pour protéger les forêts, par les égouts industriels qui ne sont pas traités et par les différents déchets jetés sur les rivages et les plages fréquentés par les baigneurs. Les pluies peuvent augmenter le niveau de pollution en y apportant de nouveaux éléments et en activant le drainage des terres et des plages. Une zone polluée demeure fermée en permanence à moins d'amélioration majeure.

Symptômes causés par la pollution

En consommant des mollusques cueillis dans une zone polluée, les gens peuvent éprouver des troubles digestifs et intestinaux allant jusqu'à la fièvre typhoïde. Les bactéries pathogènes et les virus sont les principaux micro-organismes impliqués.

LA TOXICITÉ

La toxicité ne peut pas être considérée comme une pollution parce qu'elle est complètement indépendante des activités de l'homme. C'est un phénomène naturel dû à une algue microscopique (Gonyaulax tamarensis) qui est intégrée par les mollusques filtreurs. Environ neuf (9) toxines peuvent être produites par Gonyaulax et les mollusques n'en sont pas affectés. L'apparence, l'odeur, le goût, la couleur ne peuvent pas nous permettre de distinguer un mollusque sain de celui qui est toxique.

Toutes les croyances populaires qu'on a utilisées pour déterminer la comestibilité ou non d'un mollusque sont fausses. Ainsi, des cas d'intoxication paralysante par les mollusques ont été décelés du mois de mars au mois de novembre et peuvent se produire à n'importe quel jour de la semaine Seules des analyses effectuées en laboratoire permettent de déceler les toxines. C'est la raison qui a incité le ministère des Pêches et des Océans à établir un système d'échantillonnages et d'analyses qui permettent de connaître les zones susceptibles d'être toxiques afin de protéger la santé des consommateurs de mollusques.

Symptômes d'intoxication paralysante par les mollusques

Si les toxines de Gonyaulax n'affectent pas les mollusques, elles causent par contre d'énormes problèmes chez les humains, provoquant même la mort. Les symptômes peuvent se manifester 30 minutes après avoir mangé des mollusques toxiques et peuvent varier selon plusieurs facteurs et selon les individus. Les symptômes spécifiques à l'intoxication paralysante par les mollusques sont habituellement les suivants:

  • Sensation de picotement ou d'engourdissement dans la région des lèvres, s'étendant graduellement à la figure et au cou.
  • Sensation de fourmillement au bout des doigts et des orteils pouvant progresser jusqu'aux bras et aux jambes.
  • Maux de tête, étourdissements, nausées, langage incohérent, raideur et non-coordination des membres, faiblesse générale et sensation de légèreté, pouls rapide, paralysie musculaire, respiration difficile.
  • Dans le cas d'intoxication fatale, la mort vient par paralysie respiratoire et collapsus cardio-vasculaire habituellement dans les 72 heures qui suivent l'ingestion des mollusques toxiques.

QUE SONT LES MOLLUSQUES

Les mollusques représentent l'un des groupes les plus importants parmi le règne animal. Après les insectes, ils comptent plus d'espèces que n'importe qu'elle autre subdivision animale, soit environ 800 000 espèces connues. Le terme mollusque vient du latin "mollis" qui signifie mou (c'est donc un corps mou à l'intérieur d'une coquille dure). Nous présentons ici les principaux mollusques marins que l'on peut trouver le long des côtes de l'estuaire du Saint-Laurent et dans la baie des Chaleurs.

LES BIVALVES

La mye, la moule, la clovisse, le couteau, la palourde et le pétoncle sont des espèces qui font partie de la classe de bivalves. Cette classe se caractérise par une coquille formée de deux valves réunies par une charnière faite d'un ligament élastique.

Les bivalves se nourrissent en aspirant les sédiments dans leur milieu afin de retenir les aliments nutritifs dont Gonyaulax tamarensis, responsable de l'intoxication paralysante par les mollusques.

Chez les espèces nommées précédemment, on trouve des individus mâles et des individus femelles sans toutefois avoir d'accouplement. La femelle libère ses oeufs dans l'eau et le sperme du mâle les féconde. Une fois fécondé, l'oeuf se transforme en larve nageuse planctonique avant de devenir adulte.

La mye, la palourde et la moule ont déjà causé plusieurs cas d'intoxication paralysante par les mollusques chez les consommateurs. La clovisse ne devrait jamais être cueillie pour consommation puisqu'elle est toujours toxique et par le fait même très dangereuse. Le couteau et le pétoncle n'ont heureusement fait aucune victime jusqu'à maintenant. Cependant. il est bon de noter que les oeufs de pétoncle peuvent être toxiques, mais pas le muscle bien lavé.

LES GASTÉROPODES

Le buccin, la lunatie et le bigorneau sont des espèces qui font partie de la classe des gastéropodes, dont la coquille est faite d'une seule pièce sous forme spiralée.

Le buccin et la lunatie se nourrissent de chair de poissons ou de mollusques vivants ou morts et sont donc carnivores. Ils deviennent eux-même toxiques en mangeant certains bivalves toxiques comme la moule. À l'opposé, le bigorneau est herbivore et se nourrit d'algues macroscopiques et microscopiques.

Chez les gastéropodes. la reproduction se fait par accouplement et la fécondation des oeufs se manifeste à l'intérieur de la femelle.

Le buccin a déjà provoqué l'intoxication paralysante par les mollusques chez plusieurs consommateurs. Des cas d'intoxication par le bigorneau ont été établis dans le passé mais sont maintenant contestés (ce qui illustre ici la nécessité de bien identifier les espèces et de ne pas confondre les appellations, notamment devant un médecin). Heureusement, la lunatie n'est généralement pas consommée.

OÛ RÉCOLTER LES MOLLUSQUES

Il suffit de signaler, à toute heure du jour et sans frais, l'un des numéros téléphoniques suivants:

Sept-îles (de Baie-Trinité à Havre-Saint-Pierre):
1-800-252-1736 ou 962-1736, dans la région immédiate de Sept-Îles.

Baie Comeau (de Tadoussac à Baie-Trinité):
1-800-252-8558 ou 296-8558, dans la région immédiate de Baie-Comeau.

Rimouski (du Bic ou pont de Gaspé):
1-800-252-0807 ou 723-0807, dans la région immédiate de Rimouski

Grande-Rivière (de Matapédia jusqu'au pont de Gaspé):
1-800-252-4204 ou 689-4204, dans la région immédiate de Grande-Rivière.

On peut également appeler. durant les heures d'ouverture, les bureaux suivants du ministère des Pêches et des Océans, à Québec:

(418) 648-4442 (Service des communications)
ou
(418) 648-3370 (Contrôle des zones coquillières)

 


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005