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LES MÉDUSES DU QUÉBEC

Crinière de Lion

par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume 20, numéro 5, Février 1994

 

Les méduses se retrouvent dans toutes les mers du monde. La documentation révèle que 56 espèces se retrouveraient en eaux canadiennes dont seulement 3 seraient toxiques pour les humains.

La Cyanéa capillata est une méduse qui ne passe pas inaperçue. La plus imposante de toutes les méduses de nos eaux, elle peut atteindre un mètre de diamètre avec des tentacules de plusieurs mètres de longueur. Elle peut donc recouvrir plusieurs mètres carrés de surface. On la surnomme Crinière de Lion et, en Gaspésie, soleil de mer.

Elle occasionne une sensation de brûlure instantanée dès que ses tentacules touchent la peau. Elle libère une toxine à la moindre stimulation de ses nématocystes. Ce poison est destiné à paralyser ses proies, mais les cyanées ne font pas la différence entre un plongeur et une crevette.

Les méduses ne poursuivent pas leur proie: c'est celle-ci qui se jette dans le rideau tendu de ses tentacules. Le plongeur qui n'a souvent d'yeux que pour le fond, fonce souvent tête baissée dans le piège de la méduse qui flotte au-dessus de lui.

Il arrive souvent que le plongeur s'infecte en enlevant son vêtement. En effet, si les nématocystes ne traversent pas le néoprène, ils peuvent y rester accrochés, souvent tentacules invisibles, faisant œuvre à retardement !

Traitement ? Enlever la tentacule, asperger d'alcool la partie irritée. Certains suggèrent du sucre, du savon, du vinaigre, du jus de citron, une solution d'ammoniaque ou de l'acide borique. Habituellement l'effet ne dure que quelques heures.

Les deux autres méduses urticantes sont la Sarsia tubullosa, que je n'ai heureusement jamais rencontrée, et l'Aurélia aurita plus fréquente mais facilement contournable.

Les méduses ne possèdent aucun organe spécialisé pour la respiration. "Les échanges gazeux se font apparemment dans les cellules épidermiques des parois corporelles et des tentacules et, à travers le gastroderme chez les espèces telles que l'Aurélie qui font circuler l'eau de mer à travers leur cavité." C.T. Shih

Le cycle de vie de plusieurs cnidaires alterne en deux stades morphologiques tandis que pour d'autres ce sera un cycle monomorphe. Dans le cycle polymorphe la méduse développera un embryon qu'elle libérera dans l'eau et qui restera libre sous la dénomination de planula. Cette planula se fixera et subira d'autres transformations en passant par un stade de polype et de bourgeon médusaire. Il se détachera ensuite de son support pour continuer sa vie médusaire, se déplaçant au gré des courants et des pulsations rythmiques de son corps.

J'ai observé une seule fois un rassemblement de méduses soleil de mer qui libéraient leurs oeufs. Il y avait beaucoup de débris minuscules, et c'est en passant près d'une d'entre elle que j'ai remarqué ces petites boules rougeâtres, les oeufs.

Les méduses sont carnivores. Elles se nourrissent principalement de zooplancton. Les cyanées dévorent les larves planctoniques de homard au grand désespoir des pêcheurs. On remarque que trois à quatre ans après une surabondance de méduses, il y a baisse notoire de la population de homard.

Les formes et dimensions des méduses varient presqu'à l'infinie. De 3 mm à 1 mètre, elles sont toutes très spectaculaires. Leur nom sont tous tirés du jargon scientifique, très peu possèdent de dénominations populaires.

 

C.T.Shih, Guide des méduses des eaux canadiennes de l'Atlantique
Musée national des Sciences naturelles, Collection d'Histoire naturelle No. 5; 1977; ISBN 0-660-00018-0


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005