Retour

RETOUR

Retour à la page d'accueil

  


LE HOMARD AMÉRICAIN
(Homarus americanus)

par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume 19, No. 4, Avril 1992

 

Qu'il soit néophyte ou expérimenté, je dirais qu'un plongeur ne reste jamais indifférent
lorsqu'il rencontre ce roi des crustacés à l'occasion d'une excursion sous-marine.

Autant le homard fait le délice des gourmets, autant fait-il la joie des plongeurs. Voilà neuf ans que je demeure en Gaspésie et autant d'années que je pêche le homard commercialement, sans que je ne m'arrête pour l'examiner.

Le homard est l'espèce de crustacé la plus recherchée et fait partie des invertébrés. C'est un décapode, c'est-à-dire qu'il possède dix pattes, un ordre qui englobe les petites et les grosses crevettes, les crabes et les écrevisses. Le homard possède un squelette à l'extérieur de son corps (exosquelette) communément appelé carapace. Cette armure a cependant une faiblesse. Elle n'est pas extensible, ce qui implique que le porteur doit s'en débarrasser au fur et à mesure de sa croissance. Son corps devient de plus en plus comprimé et un jour, il doit se débarrasser de ce corset. Une carapace molle commence à se former sous la vieille et les parois de l'estomac absorbent les sels de calcium de cette dernière qui se sont dissous. Au moment de sa libération, le homard s'arque et son corps, plié à la jonction de sa carapace et de l'abdomen, prend la forme d'un V. La vieille membrane flexible s'étire, puis se fend. L'animal gisant alors sur le côté, sort. Son corps, ayant éliminé le maximum d'eau pour se faire petit et lui permettre de passer ces gros poings dans l'articulation du poignet, reprend petit à petit sa forme initiale grâce à l'eau qu'il absorbe. A ce stade, le homard est extrêmement vulnérable, car sa carapace est molle. Il commence à se nourrir immédiatement après la mue, la carapace de ses pinces durcissant presque instantanément. Le calcium emmagasiné au niveau de ses parois stomacales est réutilisé et le homard mange même sa vieille armure pour récupérer le plus rapidement possible le calcium servant à rendre sa carapace rigide. S'il s'agit d'une femelle, elle s'accouplera peu de temps après la mue ou durant les quelques jours suivants. Le mâle la retournera sur le dos et déposera son sperme dans le réceptacle séminal situé entre les deux dernières pattes locomotrices de la femelle. Le sperme sera alors emmagasiné jusqu'à ce que les oeufs soient formés. Lors de la ponte ces derniers seront fécondés par la libération du sperme. Les très grosses femelles peuvent conserver suffisamment de sperme provenant d'un seul accouplement pour féconder deux à trois générations d'oeufs. Elles peuvent pondre plusieurs fois sans que n'intervienne la mue consacrant ainsi toute son énergie et tout son temps à son but principal, la reproduction.

À peine 1% des oeufs atteindront le fond après avoir flotté à la surface durant un certain temps. Et ce n'est qu'à ce moment que leur chance de survie augmente, du moins jusqu'à ce qu'ils atteignent la grosseur commerciale. Les pêcheurs ne peuvent en effet garder un homard dont la longueur est inférieure à celle déterminée par Pêche et Océans Canada ni garder une femelle dont les oeufs sont encore agglutinés sous sa queue.

Pour favoriser une rencontre

Le plongeur rencontrera un jour ou l'autre cette vedette. Ses chances sont accrues s'il est le moindrement fouineur, car le homard ne s'aventure pas souvent hors de son trou le jour. Par contre, de nuit ou par une journée sombre, il pourra l'observer tout à loisir. Constamment en quête de nourriture, il vagabonde parmi les algues ou sur un fond de sable. Sa façon de déambuler est majestueuse. Les deux pinces dans le prolongement de son corps, il se faufile entre les algues. S'il marche sur un fond plat dépourvu d'obstacles, il porte ses pinces hautes en donnant l'impression de bomber le torse à la façon d'un fier-à-bras. Si le plongeur s'approche d'un peu trop près, il fait face toutes pinces dehors. Il préfère cependant prendre la fuite si vous insistez un peu trop. S'il a regagné son trou, de grâce ne cherchez pas à l'en extirper en le tirant par les pinces. Plutôt que de céder, il s'auto mutilera vous laissant tout penaud avec deux pinces dépourvues de homard dans les mains.

 


Si vous avez des commentaires sur ces pages SVP, communiquez avec l'administrateur.
Dernière mise à jour:  04 December, 2005