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LES ÉPONGES DU QUÉBEC

par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume X, No. 1-2, Janvier / Février 1983

 

L'ÉPONGE D'EAU DOUCE

Avez-vous déjà remarqué au fond d'un lac ces petits massifs verdâtres fixés sur le sable ou une espèce de mousse autour d'une branche d'arbre submergée? À première vue cette pousse vente peut être confondue à une sorte de plante aquatique, mais c'est en fait une éponge bien vivante "en eau douce" ! Elle peut recouvrir une surface de quelques centimètres à quelques mètres carrés et elle diffère de l'éponge marine en ce qu'elle ne survivra généralement pas à l'hiver. Elle atteindra sa croissance maximum en juillet ou août et commencera à se désintégrer à la fin de septembre environ. Il ne restera alors que de petites pousses qui serviront à reformer la colonie l'été suivant (reproduction asexuée). Il pourrait arriver occasionnellement que l'éponge garde toute sa couleur et sa vitalité tout au long de l'hiver. mais ce serait un cas exceptionnel.

Les éponges d'eau douce prolifèrent dans un endroit où l'eau est claire, ou bien lorsqu'il y a un léger courant, et enfin dans un milieu pauvre en calcium. Il doit y avoir beaucoup de matière organique microscopique en suspension pour lui assurer sa nourriture. Lorsque ces conditions sont réunies, l'éponge se développera sur toutes sortes de matériaux (sable, troncs d'arbres, roches, fils de pêche suspendus à une branche et même sur les coquilles des moules d'eau douce). On peut la retrouver partout à partir de 2 mètres de profondeur et étant donné qu'elle ne requiert pas de soleil, l'éponge se multipliera aisément sous un surplomb rocheux. à l'intérieur d'une épave ou d'un tuyau d'alimentation d'eau. Elle aura alors une couleur jaunâtre, brun pâle, rougeâtre ou blanche, tandis que celle qui poussera en présence des rayons du soleil, aura une couleur verte à cause d'une algue (Chlorella) qui vit en symbiose dans ses tissus.

Comme l'éponge marine, l'éponge d'eau douce est un animal très primitif; elle ne possède aucun organe, pas de bouche ou de système digestif, pas plus que de système nerveux. Son corps couvert de pores, de canaux et de chambres permettent à l'eau chargée de matières organiques de passer au travers, apportant ainsi les éléments nutritifs servant à son développement. L'échange gazeux de la respiration se fait aussi à travers cet épiderme poreux. L'éponge est capable d'obtenir une certaine contraction de ses tissus, mais généralement elle reste fixe et passive à son point d'attache, et attend que la nourriture vienne à elle en passant à travers son corps. De petits insectes ainsi que des vers cohabitent à l'intérieur de ses tissus qui forment un excellent abri. On y retrouve entre autre la larve de la mouche Spongilla.

L'ÉPONGE D'EAU SALÉE

L'éponge que l'on retrouve dans les eaux gaspésiennes, par exemple n'est pas vraiment différente dans ses fonctions vitales de l'éponge d'eau douce. Ses modes de nutrition et de respiration sont identiques. Le mécanisme de reproduction qui est aussi le même peut être sexué ou asexué, c'est-à-dire qu'elle peut se reproduire par bouturages ou bien il se développera à l'intérieur d'une éponge, ou un oeuf ou du sperme. Cette semence sera libérée dans l'eau sous forme de nuage, et lorsqu'elle atteindra une autre éponge, fertilisera l'oeuf contenu dans un organe spécial. L'embryon sera ensuite relâché dans l'eau et lorsqu'il atteindra une surface quelconque formera une nouvelle colonie.

Les éponges d'eaux salées froides, sont cependant plus colorées que leurs congénères d'eau douce. Les couleurs plus brillantes passent du rouge au jaune tandis que certaines éponges possèdent plusieurs nuances de vert. Leurs formes sont cependant moins fines. Elles poussent généralement en masse plus compacte et ne possèdent pas de longues ramifications comme celles que l'on retrouve sur les éponges des fonds de sable de nos lacs.

L'éponge marine loge aussi des pensionnaires; les ophiures, sorte d'étoile de mer à cinq bras longs et étroits, peuvent cohabiter avec de petits Bernard l'Hermite ou quelquefois avec des bourgaux miniatures. Il se crée alors une sorte de symbiose entre l'éponge et ses locataires. Ces derniers en laissant échapper des fines particules de nourriture, permettent à l'éponge de se nourrir et celle-ci offre en retour un abri confortable.

Comme vous pouvez le constater, les similitudes sont assez frappantes et plusieurs êtres ont des modes de vie très semblables malgré la différence de salinité de leur milieu. Ces comparaisons entre la vie en eau douce et la vie marine fera l'objet d'un article dans les mois à venir.

 

Encyclopédie Cousteau Vol. 9

Elsie B. Klots, The New Field Book of Freshwater Life, G.P. Putman's Sons. N.Y

G. Dobbelaere, J.C. Oubradia, L'Aquarium Sauvage, Bordas, Paris-Montréal


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005