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CRUSTACÉS, COELENTÉRÉS ET INSECTES

par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume X, No. 7-8, Juillet / Août 1983

 

Dans les articles précédents, je vous ai parle de tortues et d'éponges, deux "Habitants de nos eaux" qui ne sont pas des poissons, bien entendu. mais qui pourtant fréquentent nos milieux aquatiques. La chronique de ce mois-ci portera sur certains êtres. vivant en eau douce. que tout plongeur rencontrera un jour ou l'autre, s'il est le moindrement observateur.

HYDRES ET MÉDUSES

Dans la famille des cœlentérés. on retrouve les hydres d'eau douce. Un peu apparentées aux anémones. elles ont un corps en forme de tube dont la base est fixée à différents objets tels rochers. plantes aquatiques ou bois morts, ou suspendues tête en bas sous le mince fil de la surface de l'eau. A l'opposé du pied. sont disposées en cercle des tentacules qui servent à capturer leurs proies Cette victime, après avoir été paralysée par le venin contenu dans de petits sacs cellulaires. sera portée à la bouche située au centre de ces tentacules Son menu varie dépendant du milieu: petits crustacés et jeunes insectes. moules nouvellement nées. et parfois petits poissons. Elle peut même se déplacer en faisant ramper son pied vers un nid de poissons pour y dévorer les oeufs. Pour garder l'équilibre écologique, les hydres seront à leur tour dévorées par les insectes carnivores ou gobées par de jeunes truites.

Si lors de vos randonnées sous-marines vous apercevez une branche d'arbre couverte de duvet blanc, rouge, rose, brun ou tout simplement incolore, ce sont ces fameux polypes appelés hydres Ils vivent en colonie de plusieurs centaines d'individus qui a la moindre alerte se réfugient dans leur tube et se contracteront jusqu'à ne plus apparaître que comme une protubérance arrondie Mais soyez vigilant. cet être ne mesure que 15 mm environ. certains vivent aussi en solitaire (Chlorohydra veridissima) tandis que d'autres sont exempts de tentacules ou encore ont la forme d'une méduse se déplaçant librement dans l'eau (Petasidae - diamètre 20 mm).

CREVETTES PAR CENTAINES:

Trop petits pour figurer au menu à l'exception de l'écrevisse. les crustacés d'eau douce possédant cependant les mêmes caractéristiques que leurs cousins d'eau salée: une paire d'antennes et un système respiratoire muni de branchies située sous la carapace. On connaît 30,000 espèces de ces crustacés dont 800 vivent en eau douce. Surprenant n'est-ce pas?

Les crevettes d'eau douce composées de plusieurs espèces peuplent les eaux peu profondes des rivages. Essayez donc de déraciner délicatement une plante, vous serez surpris de la quantité de ces crustacés qui s'y réfugient.

  • Leurs couleurs ? Du transparent au rouge en passant par le blanc et le bleu.
  • Leur longueur ? De 5 à 100 mm.
  • Leur forme ? La traditionnelle crevette jusqu'à la rondeur d'une puce.
  • Leurs noms ? Cyclope, daphnie, puce d'eau, gammare, triops, alonella, mysis, pour n'en nommer que quelques uns: huit cents noms différents, quelle famille !

Personnellement mes connaissances se limitent a une vingtaine d'espèces, mais dès qu'une nouvelle forme me passe sous le nez (sous le masque devrais-je dire), je m'empresse de la graver dans ma mémoire pour effectuer une recherche le plus tôt possible

Mlle PHRYGANE ? CONNAIS PAS !

Qu'est-ce que ça mange en hiver? me direz-vous. Phrygane vient du mot grec qui veut dire brindilles Et là vous vous situez un peu plus? Non? eh bien, faites travailler votre mémoire de plongeur. Une petite branche d'arbre qui se déplace dans l'eau? Ça vous revient?

Que vous soyez plongeur ou non, il vous arrivera sûrement un jour de remarquer ces étranges bestioles au corps recouvert de bois ou de grain de sable, se balader paresseusement au fond d'une mare ou d'un lac. Au premier abord ça n'a vraiment pas l'air d'un insecte mais détrompez vous! C'est plus exactement une larve de papillon qui, à sa naissance se trouvant un peu trop dénudée, a décidé de se construire un abri à l'aide de feuilles qu'elle a découpées de brindilles de bois ou de grains de sable soudés ensemble au moyen d'un fil produit par ses glandes salivaires. Au fur et à mesure que l'insecte se développe. l'étui qui l'entoure est modifiée en longueur et en largeur pour lui permettre de s'ajuster parfaitement. Si vous examinez de près cet être, vous y verrez sortir une tête rondelette suivie de 3 paires de pattes armées de griffes qui traînent péniblement sa maison mobile. À la moindre vibration elle s'y réfugie un peu comme un escargot.

Au printemps après métamorphose, cette lave devenue insecte devra nager vers la surface, y laisser sa carapace et prendre son envol vers une nouvelle vie aérienne. Cette vie sera de courte durée, mais il y aura toujours des centaines de descendants pour perpétuer l'espèce.

Plusieurs variétés d'insectes peuplent ce milieu liquide. Il serait plus intéressant de leur réserver une chronique complète plutôt que de n'en donner qu'une brève description. Alors patientez, ça viendra…

L'exposé de ce mois-ci ne vous a fait voir que quelques unes des familles d'êtres vivants que vous pouvez rencontrer lors de vos incursions sous-marines. Bien sûr plusieurs des membres de ces familles ont été ignorés, non qu'ils manquaient d'intérêt mais parce qu'ils étaient trop nombreux. Je voudrais tout simplement attirer votre attention sur le fait que toute une vie se déroule sous vos yeux et pourtant elle passe inaperçue de la majorité des plongeurs, vétérans ou néophytes. À l'avenir, soyez plus attentif et explorez plus à fond une portion de votre territoire d'exploration,. vous en ressortirez émerveillé.

 

G. Dobbelaere. J C. Oubbadia, L'aquarium sauvage

Feuillet des Jeunes Naturalistes, Tract No. 71

Elsie B. Klots, The New Field Book of Freshwater Life


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005