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COCASSERIES SOUS LA MER

Par Roxanne "Roxy" Lamoureux

Revue LA PLONGÉE, Volume 20, numéro 3 - 4, Octobre / Novembre 1993

 

Au fil de vingt ans d'incursions sous-marines, il m'est arrivé toutes sortes de petites aventures mettant en vedette les habitants de nos eaux. Loufoques, parfois bizarres, jamais tragiques, ces incidents inattendus m'ont plus d'une fois obligée à vider mon masque à cause du fou rire qu'ils avaient occasionné.

J'ai évidemment interprété à ma façon le comportement de ces animaux pour la grande joie de l'auditoire. Voici quelques anecdotes: à vous de juger.

Un taxi S.V.P.

Je casse un oursin en deux. Ce petit crabe tourteau grimpe sur ma main pour y déguster en tout confort ce délice inespéré. Un congénère de taille respectable se présente à son tour à la même assiette. Il déloge évidemment le petit qui prend la fuite en s'élançant à l'escalade de mon bras. jusque là rien de bien anormal.

]e continue ma plongée et m'arrête 10 mètres plus loin. je tiens toujours l'oursin que je présente à un autre crabe. Et voilà mon petit-père qui réapparaît en rampant doucement le long de mon bras vers la main qui tient encore son dû. Il était resté à mon bord pour un court moment de la plongée se servant de mon épaule à mon insu comme moyen de transport sur une bonne distance.

Toujours plus haut...!

J'ai observé par une belle journée de bonne visibilité, l'envolée d'un crabe vers la surface. Il avait la "tête" penchée vers la fond, le "fond de train" tourné vers la surface. Il agitait ses pattes natatoires de façon tellement efficace qu'il s'est rapidement retrouvé virevoltant à plus de 4 mètres au-dessus du fond. Il aurait certainement continué son envol s'il n'avait pris peur en me voyant. Cette observation venait de solutionner l'énigme que représentait la présence de crabes dans les filets de maquereau qui flottent en surface, toujours à plusieurs mètres du fond.

David contre Goliath

Par un bel après-midi d'automne, je décide de plonger sur un site peu profond afin de photographier des anémones à point blancs, une espèce plus facile à observer à cette époque de l'année. Un spécimen repéré, je m'installe pour réaliser un plan rapproché de mon sujet. Tout à coup apparaît à mes côtés un crapaud de mer (chaboisseau à épines courtes) de taille respectable.

Première approche de sa part: se précipiter, bouche béante, sur ma main qui prenait appui au fond. Sur le coup, je sursaute et retire bien vite la main. Mais le crapaud, tenace, tente toujours de prendre bouchée de ce mets d'apparence appétissante qui se dérobe sans cesse. L'excitation à son paroxysme, il se précipite sur tout ce qui bouge: caméra, masque, boyau de veste, flash, mains et palmes... ouf !.

Je retraite en vitesse, "'adversaire" à mes trousses. Finalement voyant qu'il n'y avait rien à faire pour m'en débarrasser, et voulant à tout prix retourner vers mon spécimen à photographier, je lui offre un oursin bien frais. Croyant m'en être enfin tiré, je le contourne et retourne à mon anémone.

A nouveau concentrée sur mon travail de photo, je ne remarque pas M. Le Crapaud qui m'attaque à nouveau la main. Incrédule, je me retourne vivement pour apercevoir encore là-bas celui que j'avais trompé à l'aide d'un oursin. Ils sont deux !!! C'en est trop...

J'ai finalement abandonné le secteur pour aller voir ailleurs si... enfin il existait un petit coin de fond mer où je pourrais terminer en paix mon rouleau de film.

SAM ! PIQUE !

Tout le monde connaît la technique qui consiste à se gratter le dos contre un arbre ou un cadre de porte... Les crabes tourteaux fond de même sur les pierres. Voilà donc M. Tourteau bien adossé à son caillou, se maintenant en position verticale sur ses deux paires de pattes arrières, qui se gratte énergiquement, se balançant de gauche à droite, étirant ses deux pinces vers la surface. Il aurait été intéressant de voir quel parasite l'importunait de la sorte.

Pour l'amour d'une palme...

Une limande à queue jaune (sorte de plie) a semblé trouver l'élu de son coeur en apercevant les magnifiques palmes jaunes de ma copine de plongée. Elle la suivait partout en s'approchant toujours de ses palmes. Ils se marièrent et eurent de nombreux ... (fin d'histoire connue).

Eh! Le jouet se sauve !

Sorte de crapaud de mer, l'Hémitriptère atlantique est un poisson habituellement de couleur foncée, brune ou rouge brique. Mais certains spécimens rares sont dotés d'une robe d'un jaune serin tellement déplacé que plus d'un les confondraient avec un jouet de bain pour enfant. Imaginez le plongeur novice qui pensait avoir fait un telle trouvaille lorsque le "jouet" lui a filé d'entre les doigts, non sans un brusque coup de gueule défensif bien menaçant en sa direction. L'aiguille de son manomètre a "tapé dans le rouge"...

Attention ! Passage étroit.

Dans le jardin sous-marin des eaux froides, on retrouve une algue percée d'une multitude de trous nommée Agare criblée. File ressemble comme texture à un laminaire, mais en beaucoup plus courte. Dans ce même jardin virevolte un petit poisson très effilé, le lançon. Lors de fuites face à une menace (prédateur ou autre), le petit poisson décide parfois de déjouer l'attaquant en passant à travers un des trous de l'agare... Mais, parfois il y reste coincé ! Bref si vous apercevez un poisson argenté, mais "pas brillant" pour deux sous, qui semble avoir sous-estimé son gabarit pour se coincer dans une agare criblée, a) prenez une photo, pour confondre les sceptiques, et b) libérez-le avant qu'un crabe ne le rejoigne.

 


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005