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 LA BARBOTTE BRUNE
Ictalurus nébulosus  (Le Sueur)

Revue LA PLONGÉE, Volume VII, no. 4, Avril 1980

 

"Dans ce lac-là; il n'y a rien à voir ! On s'est amusé à attraper des barbottes ! Cela a passé le temps !"

Vous avez déjà entendu ce commentaire ? Certainement et votre répartie aura sans doute été du type: "Bah ! On se trompe parfois ! Combien de barbues avez-vous capturées ?" A deux reprises, votre "poisson-chat" (savamment traduit par ictalurus - Ictaluridae) s'impose comme sujet. de conversation. Dans les deux cas, il semble que ce vulgaire fretin ait bien amusé nos deux plongeurs. Et pourtant ! Qu'en connaissent-ils ?

1 - LES ESPÈCES

La "Nébulosus" (brune) est la plus commune des barbottes. Sa queue, coupée carrée, et ses moustaches noires la distinguent de cette famille. La "jaune" (Natalis) a une queue arrondie et de la barbe blanche, la "barbue" (Punctatus) possède un appendice caudal fourchu et est généralement plus grosse.

2 - SES HABITUDES

En plongée de nuit, vous pourrez l'observer plus à loisir dans les cours d'eau de la région de Montréal. C'est à ce moment qu'elle est plus active. Elle se gave de larves, de sangsues, de vers, d'écrevisses et de ménés. Une vraie goinfre qui pourtant n'engraisse que peu (poids moyen 0,5 kg pour une longueur moyenne de 25 à 35 cm).

Elle vit à faible profondeur. Les 10 à 13 mètres sont sa limite de plongée. Elle résiste à tout ou presque... On en a vu survivre à L'asphyxie par moins de 0,02 ppm d'oxygène !

La barbotte brune se reproduit à la fin mai, début juin, en eau peu profonde, à l'abri d'arbres morts, de quais ou même d'un vieux pneu.

Chez les brunes, on fraye le jour, après s'être caressé les barbiches, chacun regardant dans une direction opposée, de 2 000 à 13 000 oeufs qui parfois seront dévorés sur le champ par un papa gourmand... Mais une fois l'instinct maternel (ou paternel) bien installé, les barbottes s'occuperont de leurs rejetons. Après l'éclosion, on garde les barbottines en troupeau concentrique de plusieurs centaines d'individus, puis on les promène le long du rivage en un long ruban noir, une "sombre" procession.

Sans doute protège-t-on les "tout-petits" des prédateurs. Plus tard, lorsqu'elles auront atteint une certaine maturité, les barbottes seront bien défendues. Elles sont alors un mets très piquant pour qui ose essayer de les happer. Les premiers rayons des nageoires dorsales et pectorales sont osseux et peuvent se bloquer en position "je te pique" grâce à un ingénieux dispositif articulatoire. Et croyez-en mon expérience de pêcheur et "touche-à-tout", elles sortent leurs armes à la moindre alerte. Les biologistes signalent la capture de maskinongés, dorés et brochets qui avaient de tels dards bien plantés dans la chair, traces de repas trop gargantuesques sans doute.

3 - SES ATTRAITS

Certainement pas le plus beau des poissons mais peut-être un des plus succulents, surtout quand pêché en eau froide. Ce délicieux Ictaluridé fera le bonheur de qui sait l'apprêter. Il occupera les temps morts de vos plongées et désennuiera vos jeunes, fervents de pêche ou d'apnée.

J'ai eu la surprise de le voir un jour en aquarium chez un copain! Il devient alors un sujet de conversation qui n'a rien de "vaseux".

Bonne GIBELOTTE,

La Rédaction.

 

W.B. Scott et E.J. Crossman (1973) - "FRESHWATER FISHES OF CANADA"
Environnement Canada, Bulletin 184, Ottawa, 966 pp. (aussi disponible en français)

Claude Melançon, (1973) "LES POISSONS DE NOS EAUX"
Édition du jour, Montréal, 455 pp.

Don E. McAllister et Brian W. Coad (1974)
"POISSONS DE LA RÉGION DE LA CAPITALE DU CANADA"
Musée des Sciences Naturelles, Ottawa, 200 pp.


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Dernière mise à jour:  04 December, 2005