Dix diables qui décident de s'organiser une journée de plongée, c'est
drôlement intéressant.
Tout d'abord, les Diables sont des personnes qui s'engagent et maintiennent
leur engagement. Hum !! Ça donne le goût d'organiser d'autres sorties !
Alors que tout le monde est au rendez-vous de Mallorytown Landing, le bateau
se fait attendre pourtant il devrait y être à 9 h 00. Il m'a foutu une petite
peur !
Mais il est arrivé avec 30 minutes de retard, y a rien là. On est pas
pressé ! Il fait beau et le soleil est de la partie. Les Diables installent
fièrement la bannière sur le ponton. Serge avait pensé à l'apporter,
excellent moyen pour faire connaître le club aux Ontariens !
Les plongeurs chargent l'équipement sur le ponton. La capitaine Helen
appelle les douanes américaines car le Keystorm s'étend en territoire
américain. Les douanes nous donnent leur accord. La capitaine devra appeler les
douanes canadiennes en revenant. Est-ce depuis les événements du 11 septembre
que ces procédures sont nécessaires ?
Arrivés sur le site avec l'hélice cette fois-ci ! Jacques Richer est ravi.
Il faut comprendre que Jacques en était à sa troisième tentative de se rendre
plonger sur le Keystorm. Cette fois-ci, c'est vrai, Jacques attache
lui-même le ponton à la ligne d'attache "mooring line", on est
finalement ancré sur le Keystorm.
Les équipes se mettent à l'eau. Wow ! Quelle belle visibilité… 80 pieds
et plus de visibilité, peu de courant, l'eau du fleuve est à 57° F et la
profondeur sera de 115 pieds si nous voulons rejoindre l'hélice.
Le Keystorm mesure 250 pieds de long par 42 pieds de large. Il
transportait 2230 tonnes de charbon lorsqu'il fit son dernier voyage. Il est
couché, sur son côté tribord, sur une pente qui passe de 25 à 115 pieds.
Depuis son naufrage en 1912, cet ancien vapeur, construit en 1910, s'est très
bien conservé et présente pour les plongeurs de tous les niveaux une
expérience des plus intéressantes.
Lorsque vous arrivez à 20 pieds, vous vous retrouvez sur la proue du navire.
Les cabines à l'avant attisent la curiosité. Elles sont vides. On peut les
scruter sans y pénétrer. Le bateau a de grandes ouvertures sur le pont. Il est
facile d'y pénétrer en autant que vous ayez les habiletés et compétences
requises. De plus, il y a les deux gros mâts et l'échelle de corde qui pend
d'un des mâts vers le sol.
La descente vers les profondeurs est aisée, surveillez vos ordinateurs et/ou
profondimètres !
La première plongée tire à sa fin... l'air s'épuise... on doit remonter !
Pendant que nous attendions sur la corde en palier de sécurité, nous
regardions les bulles des autres plongeurs remonter à la surface. Les bulles se
séparent et forment un chapelet de bulles plus petites. Combinées avec les
jeux de lumière, ces bulles produisent un effet de magie. L'effet est
euphorisant et apaisant ! Non, nous ne sommes pas narcosés, simplement ébahis
de voir un si beau spectacle qui s'offre à nous..
Rendus sur le bateau, les plongeurs se restaurent et discutent de leur
plongée. Ils ont le goût d'en faire une deuxième sur le même site, on y va !
La deuxième plongée est aussi belle ! On explore une autre partie du bateau
inexploré lors de la première plongée. En ce qui nous concerne, on nage
au-dessus de l'hélice, elle se trouvent à 115 pieds, nous nageons à 95 pieds
et nous pouvons la voir très bien. Quelque peu ensablée, elle se rend quand
même visible.
Au retour, on jette un coup d'oeil aux chambres situées sur la poupe du
navire. À la proue du navire, côté babord, vous pouvez observer la déchirure
d'une dizaine de pieds de long par 1 pied et demi de large. Cette fissure
occasionna la perte du navire lorsque le Keystorm frappa un haut fond par
un temps de brouillard. Celui-ci a lutté, à l'aide de pompes, pendant 5
heures, en vain ! L'équipage a pu quitter le navire sans qu'il y ait de perte
de vie. Le chargement de charbon a été récupéré 7 ans plus tard.
La deuxième plongée s'est très bien déroulée. À en juger par les
sourires que les plongeurs expriment, il y a beaucoup de satisfaction !
Direction le port !
Mais comme les Diables sont un peu "endiablés", on décide
d'aller casser la croûte ensemble. Direction Brockville, le "Kesytorm
Pub" nous accueille gentiment. L'atmosphère est propice aux
taquineries. On se raconte ...
Bon ! Il est temps de reprendre le chemin du retour. Quelle belle journée on
s'est offert !!!