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Le «cascadeur sous-marin» réinvente la plongée

Entrevue avec M. Alain Pépin

par Isabelle Croteau
Journal Servir, 30 janvier 2004

 

Alain Pépin est maître de plongée au Club de plongée sous-marine Eauzone. Il fait partie du club depuis plus de 15 ans et plusieurs le connaissent sous le nom de «Cascadeur sous-marin». On peut parfois l'apercevoir dans la partie creuse de la piscine de la base militaire de St-Jean à exécuter des prouesses sous l'eau avec toutes sortes d'équipements plus fous les uns que les autres. Nous lui avons posé quelques questions pour en apprendre un peu plus sur ce qui le passionne.

Pourquoi vous appelle-t-on le cascadeur sous-marin ?

Quelques années après avoir suivi mes cours de plongée sous-marine ainsi que quelques spécialités, j'ai commencé à expérimenter avec des vêtements, des accessoires et à faire filmer des exploits inusités avec ma caméra vidéo sous-marine. La combinaison d’une pièce et le casque de moto sont devenus un thème récurrent. Puisque je me pointe toujours sur un bateau de plongée avec des objets qui ne semblent n'avoir rien à voir avec les sports aquatiques, le nom m'est resté.

Depuis quand pratiquez-vous ce sport «extrême» ?

J'ai été certifié à l'école de plongée de la base en 1988 (le club s'appelait alors «Eau-méga») et j 'ai suivi quelques cours de spécialités en plongée, mon cours avancé et celui de plongeur sauveteur. J'ai été très actif lors des sorties de ce club et c'est cinq ans plus tard lorsque j'avais, si on peut dire ainsi, «tout vu» en plongée que je me suis demandé comment maintenir mon intérêt dans ce sport. J'ai acheté une caméra vidéo sous-marine, un «Walkman» pour écouter la musique sous l'eau, et j'ai commencé à apporter divers objets lors d'excursions de plongée sur des sites devenus familiers dont des bicyclettes, des skis, des raquettes, des casques et même l'habit complet de motoneigiste.

Quel est votre principal but lorsque vous utilisez ces équipements ?

Il vient un temps où faire des longueurs et chronométrer sa respiration devient routinier, voire «plate», et je perdais graduellement de l'intérêt pour le sport. J'ai lu beaucoup sur la physionomie de la plongée et de ses dangers et j'ai décidé que cette direction n'était pas pour moi. J'étais désormais satisfait de mes capacités physiques et je cherchais des activités divertissantes, tout en restant dans le contexte du «défi». Dans plusieurs films d'action, il y a des scènes qui se jouent sous l'eau et au début je tentais de les imiter. Ça m'a fait découvrir des caractéristiques intéressantes des accessoires que j'essayais. Entre autres, il est plus difficile d'entraîner un casque de motocycliste au fond de l'eau qu'un gilet de sauvetage! Il est plus facile de nager avec des bottes de ski que de marcher avec des bottes de ski! Qui l'aurait cru?

Quel est votre plus grand exploit ou celui dont vous êtes le plus fier ?

La traversée de la piscine olympique de l'Université de Sherbrooke sous l'eau en habit complet de motoneige dans le cadre de l'émission télévisée «Relevez le Défi».

Avez-vous déjà eu peur lors d’une cascade ?

J'ai déjà eu peur, très peur, mais c'était bien avant d'avoir les connaissances nécessaires pour que j'adopte le surnom de «cascadeur». Je me laissais parfois entraîner dans des défis par d'autres gens et je n'avais pas la maturité de refuser de les relever. Aussi curieux que ça puisse paraître, je ne suis pas téméraire du tout de nos jours. Si je veux exécuter une prouesse aujourd'hui, je m'entraîne graduellement jusqu'à ce que sa réalisation soit à 100% sans le moindre danger.

Qu’est-ce qui vous passionne dans la plongée ?

J'aime la plongée parce qu'il s'agit d'un sport de collaboration, et non de confrontation. Lorsqu'on fait de la plongée, l'objectif n'est pas de dépasser l'autre, le battre ou de marquer plus de points, mais bien de réaliser une aventure entre amis. Chaque participant en plongée collabore à sa réalisation. C'est particulièrement enrichissant lorsqu'on découvre un nouvel endroit et qu'on a l'impression d'être les premiers à l'avoir visité. Ce que j'ai gagné le plus en faisant de la plongée, et par la suite les cascades, c'est la santé. Durant le cours de plongée, le corps subit un entraînement subtil. Ça ne paraît pas, mais il travaille. Il devient fort. De plus, lorsque l'activité est intéressante, on ne s'aperçoit pas de l'effort qu'on y met. Je me suis donc retrouvé après la fin de mon cours en 1988... sans allergies, sans grippes, sans saignements de nez, sans cire dans les oreilles et avec une forme physique que je n'avais pas cru possible auparavant. Je tiens vraiment à garder cela. Je travaille dans un bureau toute la journée, mais si je peux me mettre «dans la peau d'un personnage d'action» le soir venu, alors toute ma motivation à l'activité physique est là. C'est pourquoi j'espère un jour, participer à un film impliquant ce genre de cascade ou encore faire des tournées de démonstrations qui pourraient servir à élargir les connaissances des gens en matière de survie aquatique (exemple: tournée des bases ou spectacles pour militaires en mission à l'étranger).

 


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Dernière mise à jour:  18 octobre, 2009