L'ANSE-AU-BILBO
Située du côté nord de l'Île, cette anse offre
une protection efficace contre les vents. Même avec un vent de l'Est de force 5 au large,
cette baie demeure très calme. Site panoramique, idéal pour une plongée en famille, le
fond est coloré d'algues corallines, de laitue de mer, d'étoiles multicolores,
d'oursins, d'anémones et de nombreux autres organismes augmentant la féerie des
couleurs. Ici ce n'est qu'une suite de surprises et d'émerveillements qui surprend les
plongeurs lors du passage des nombreux tunnels formés par les éboulis; faune variée, du
minuscule diatomée au gros phoque gris, flore excessivement colorée et presque
étouffante d'abondance, reliefs sous-marins pour alpinistes ou spéléologues de
néoprène.
C'est par milliers que des petites étoiles de mer
très communes, surnommées Ophiures Pâquerette, s'attachent aux parois des rochers
et ne laissent dépasser que leurs bras en quête de nourriture. Par les mouvements
serpentiformes de leurs bras, ceux-ci forment de véritables corridors vivants et ajoutent
une note d'aventure à la randonnée sous-marine. Sous les rochers se cachent un Homard
presqu'à tous les coups, si ce n'est pas une Tanche Tautogue qui nous guette, et
l'observateur attentif peut facilement contempler les Gammares ainsi que les
délicates Crevettes Striées qui abondent à cet endroit. A tout moment, il est
possible d'être surpris par un phoque qui vient satisfaire sa curiosité. Il est aussi
fréquent d'observer des bancs de Lançons d'Amérique, ces petits poissons
argentés d'au plus 20 cm qui se déplacent par milliers sur le fond de sable.
La plongée-tuba et la plongée-bouteille se
côtoient dans une profondeur variant de 1 à 12 mètres. Ce site qui offre un paysage
magique sous les étoiles est l'endroit tout indiqué pour une plongée de nuit.
LE MUR NOIR
Situé au pied d'une immense falaise sur le côté
Nord-Est de l'Île, le Mur Noir est accessible aux plongeurs débutants et offre une
"Chasse au Trésor" aux plongeurs plus expérimentés.
En effet, cette chasse consiste à la recherche
d'une grosse ancre, vestige d'un ancien naufrage, qui repose sur le fond de sable à une
profondeur d'environ 20 mètres. Pour rejoindre cette ancre centenaire, les plongeurs
doivent suivre la chaîne de celle-ci qui s'étend sur plus de 50 mètres. Pour ajouter à
la difficulté de la recherche, cette chaîne est discontinue à plusieurs endroits. C'est
donc au plongeur à évaluer la direction que doit prendre cette chaîne pour retrouver
l'autre extrémité afin de continuer sa route.
En observant attentivement les maillons de la
chaîne, il est possible de découvrir plusieurs Nudibranches Rouge qui se
retrouvent tout autour. De plus, c'est l'endroit tout indiqué pour observer le Loup
Atlantique qui trouve refuge dans les nombreuses crevasses sous les éboulis. A la fin
du parcours le long de la chaîne, voilà que se dresse au loin, sur le fond de sable,
cette ancre superbe faisant plus de deux mètres de haut. Sur la partie supérieure, nous
observons une très belle Éponge Digitée qui la surmonte telle la gardienne de ce
précieux trésor. Prenez soin de ne pas abîmer cette éponge fragile pour la laisser
intact au bénéfice de ceux qui vous suivront. Une colonie de phoques résident à cet
endroit et leur présence se fait surtout remarquer lors des plongées matinales. Lors
d'une récente plongée, une grosse méduse Crinière de Lion fut observée en
surface. Une mise en garde s'impose car cet animal possède des centaines de tentacules de
plusieurs mètres de long qui portent des nématocystes dont le venin est extrêmement
toxique et peut causer des brûlures et des irritations.
Ce site est sujet à d'assez forts courants lors du
changement des marées, donc une bonne planification s'impose pour faciliter et sécuriser
la plongée.
L'ANSE-CHATOUILLEUSE
Ouverte sur l'est, cette baie est la plus grande de
l'Île. À la surface, c'est un panorama grandiose qui s'offre aux plongeurs lorsqu'ils
jettent l'ancre à quelques pieds des falaises où nichent des milliers de fous de Bassan.
Plusieurs plongées différentes peuvent s'effectuer
à l'intérieur de cette grande baie peuplée de grosses anémones tubulaires,
particulièrement la très belle Anémone Rouge du Nord souvent de grande taille.
Sur le côté sud de la baie, beaucoup de Moules Bleues se collent en groupe sur
les rochers et, plus en profondeur, il est possible d'observer plusieurs spécimens très
colorés d'une de nos plus belles espèces d'étoile de mer, soit le Soleil de Mer
Épineux.
En plus d'être accessible aux plongeurs débutants,
ce site offre plus de profondeur, pouvant atteindre un peu plus de 25 mètres.
LA BAIE DES MARIGOTS
Cette petite anse située sur le côté est de
l'île doit son nom à une expression argotique des anciens morutiers français, soit de courir
le marigot: qui signifie paresser, se dérober au travail. Cet endroit où les
pêcheurs se cachaient pour dormir ou jouer aux cartes se traduit en anglais par Lazy
Beach.
De type familial, cette baie est fermée à une
extrémité par une plage de sable. Elle est encerclée de deux bras rocheux qui
descendent en escalier sous l'eau. Ouverte sur le sud, la profondeur peut atteindre 20
mètres.
A l'occasion, il est possible d'observer de nombreux
mammifères marins qui viennent surveiller nos préparatifs en surface. Aussi, beaucoup de
Tanches Tautogues se camouflent sous les rochers. Il suffit d'ouvrir quelques
oursins pour attirer ces tanches gourmandes. Ne soyez pas surpris d'attirer, en plus,
l'attention d'un phoque curieux. Il vous est même possible de nager en sa compagnie
durant votre randonnée. Ce site jouit normalement d'une très bonne visibilité et vous
permet d'observer de gros homards cachés ici et là. Plusieurs Crapauds de Mer se
dissimulent parmi les laminaires et en observant attentivement vous pouvez même
surprendre une Loquette d'Amérique qui se cache de ses principaux prédateurs: les
phoques.
Accessible aux plongeurs de tous les niveaux, la
Baie des Marigots héberge une faune variée et est l'endroit idéal pour effectuer une
première plongée de familiarisation au début de notre séjour.
LE TOMBANT
Situé à l'extrémité sud de l'Anse Chatouilleuse,
ce site consiste en un mur en surplomb, creusé sous la falaise de l'Île par le jeux des
marées et des glaces. A même la falaise, plusieurs grottes permettent l'observation de
la faune et de la flore en milieu très protégé. Cette plongée de falaise s'adresse aux
plongeurs plus expérimentés qui possèdent une bonne maîtrise de leur neutralité en
plus d'être confortable en eau plus profonde. Il existe un premier plateau à une
profondeur de 55 à 60 pieds et la profondeur maximum est atteinte vers les 120 pieds. De
plus, la présence d'un courant de 1 à 2 noeuds est très fréquent à cet endroit.
C'est avec beaucoup d'émotions que l'on effectue
une première plongée à cet endroit. Cette plongée débute en avançant de quelques
mètres sous la falaise jusqu'à la ligne de marée basse. A cet endroit de calme et de
silence, la falaise reprend son angle vertical. Nos bulles d'air qui remontent à la
surface délogent les particules et la vie marine qui se sont fixées sur la paroi en
surplomb au-dessus de nos têtes. Ce phénomène affecte partiellement la visibilité, par
contre, les crabes nous offrent tout un spectacle lors de leur chute libre telles de
véritables araignées volantes. Sur la falaise, plusieurs grottes permettent une
pénétration de quelques mètres pour contempler les belles Anémones du Nord
camouflées à l'intérieur. En plus des Morues de Roche et des Loquettes
d'Amérique qui habitent la majorité de ces grottes, de gros Sébastes se font
très timides à l'approche des plongeurs. En suspension dans l'eau, il nous est possible
d'observer de grosses Groseilles de Mer de plus de 6 pouces ainsi que des méduses Crinière
de Lion qui voguent au gré des marées.
En considération de la profondeur et des conditions
plus difficiles de l'endroit, cette plongée nécessite une bonne préparation en plus du
respect très stricte de son plan de plongée: "Plan your Dive and Dive your
Plan". Aussi, une bonne surveillance de sa consommation d'air ainsi qu'une bonne
communication avec son copain ajoute à la sécurité de la plongée.
Ce site exceptionnel offre une plongée fantastique
et permet aux plongeurs de découvrir le pilier de cette Île magnifique qui baigne, sous
les flots, dans le calme et le mystère.
LA GROTTE
Passée l'Anse-au-Bilbo vers l'est et avant
d'atteindre le Mur Noir se trouve une formation rocheuse donnant accès à une grotte peu
commune. Accessible aux plongeurs de tous les niveaux, cette plongée peu profonde nous
offre un décor hors de l'ordinaire.
Étant difficile à localiser, ce sont nos guides
qui nous conduisent à cet endroit spectaculaire. Nous progressons le long d'un grand
corridor formé par des falaises escarpées pour parvenir à l'entrée d'une grande grotte
qui nous permet de remonter à la surface par l'intérieur. Ceci se fait en toute
sécurité car il existe à l'intérieur une bonne circulation d'air qui souffle à
travers de nombreuses petites fissures. Mentionnons aussi que cette grotte est ouverte sur
la mer à marée basse.
La plus grande partie de la plongée s'effectue à
l'intérieur de la grotte afin d'observer la vie marine très variée qui habite ces
lieux. Lors d'une récente plongée à cet endroit, un banc de lançons nous offrait un
magnifique "ballet" sous-marin devant le contre-jour de la sortie. La plongée
se termine par l'exploration de la partie est du Bilbo.
Nul besoin d'une expédition à l'autre bout du
monde pour découvrir un site pittoresque. Nous possédons ici-même en Gaspésie une
formation géologique unique qui est toujours très appréciée des participants.
La plongée se termine donc par l'exploration du
secteur est du Bilbo qui recèle de nombreuses surprises avec sa vie marine variée et ses
beaux paysages marins. Cet endroit serait aussi un très beau site pour une plongée de
nuit.
LE VIVIER
Que diriez-vous d'une plongée en compagnie de
milliers de homards? Cette invitation vous semble fantastique n'est-ce pas? C'est pourtant
ce qui nous attend lors d'une plongée au Vivier des restaurateurs locaux.
Au pied du Rocher Percé, il nous sera possible
d'aller visiter des installations sous-marines de conservation de homards (homarus
americanus) et de contempler sur le fond quelques milliers de ces savoureux crustacés
qui attendent patiemment leur remontée vers les chaudrons des restaurants du village. En
effet, par 20 mètres de fond, des restaurateurs soucieux d'offrir un produit de qualité
ont installé plusieurs cages dans lesquelles sont conservé leur approvisionnement de la
saison.
Ayant reçu l'autorisation nécessaire, nos guides
nous conduiront à cet endroit pour admirer ce spectacle de crustacés. Ils
profiteront
sûrement de l'occasion pour cueillir les plus beaux homards qui nous seront servis au
prochain souper, difficile de trouver plus frais...
Cette plongée peut se poursuivre par une
exploration de la base du Rocher Percé afin d'en connaître tous ses secrets.
LE ROCHER AUX OISEAUX
Ce site est tout aussi typique à Percé que Georges
Mamelonet lui-même. En effet, suite à des discussions tardives avec ce grand plongeur
gaspésien, celui-ci nous propose une plongée très matinale dans un site enchanteur en
présence d'une colonie de phoques.
Seul inconvénient à cette plongée: elle doit se
faire à 6h00 du matin, au levée du soleil! En effet, ce site est traversé par les
bateaux d'excursion de l'Île et nous empêche d'utiliser le drapeau de plongée qui
ferait entrave à la bonne circulation maritime. C'est pourquoi nous devons effectuer
notre plongée avant la sortie du premier bateau cédulé pour 8h00.
C'est donc au levé du soleil que les pneumatiques
se dirigeront vers cet endroit gardé secret par l'élite locale. Atteignant une
profondeur de près de 20 mètres, cette plongée s'adresse à des plongeurs
expérimentés pouvant bien naviguer sous l'eau et ayant de l'expérience en plongée de
courant, toujours possible à cet endroit.
L'an dernier, nous avons profité d'une visibilité
de plus de 20 mètres lors de notre randonnée à cet endroit féerique. Les phoques nous
encerclent et, avec cette bonne visibilité, nous pouvons admirer au loin toutes leurs
prouesses.
Gilles Lacasse, notre guide ce matin-là, ne pouvait
résister à l'attrait des nombreux tunnels, si petits soient-ils, qui se présentaient
devant lui. Soulignons que ce dernier est membre en règle des "Allégés de
Percé" et possède des techniques de plongée bien différentes des nôtres.
N'hésitez pas à lui demander des renseignements supplémentaires pour en connaître
davantage sur ces techniques locales.
LA ROCHE CARRÉE
De la rive, nous pouvons facilement distinguer cet
immense bloc de roche arraché à la falaise. Situé sur la face nord-ouest de l'Île,
c'est le premier site accessible à l'approche de l'Île Bonaventure. Cet endroit offre
autant d'attraits aux plongeurs débutants qu'aux plongeurs plus expérimentés. Site
parfois négligé lors d'excursion de groupe, il cède souvent sa place au Bilbo, au Mur
Noir ou bien à l'Anse Chatouilleuse. Pourtant ce secteur est tout aussi pittoresque et
spectaculaire, de plus il se prête aussi bien à la plongée-tuba qu'à la
plongée-bouteille.
C'est dans une petite baie bien protégée et peu
profonde, à l'arrière de la Roche Carrée, que l'on effectue nos derniers préparatifs.
La plongée débute en traversant un tunnel pour sortir de la baie. Les nombreux corridors
créés par les éboulis forment un véritable labyrinthe sous-marin qui incite à
l'exploration. Nous devons parfois remonter vers la surface pour observer une vue
d'ensemble et choisir une nouvelle direction devant un couloir sans issu. Sous la Roche
Carrée, il y a une grande grotte ouverte sur deux faces qui abrite un banc de tanches
gourmandes. Amusez-vous à les nourrir d'oursins pour être rapidement envahis par ces
poissons voraces qui viennent vous picoter le bout des doigts en quête de nourriture. A
différents endroits, les tunnels font place à des champs d'oursins. Au loin, nous
observons soudain un énorme banc de lançons qui vient défiler devant nous durant plus
de trois minutes. Nous admirons aussi les nombreuses plantes marines qui s'accrochent aux
rochers et qui donnent des reflets multicolores à ce relief marin.
Malheureusement, une plongée de nuit à cet endroit
est fortement déconseillée car ces labyrinthes sous-marins rendent la navigation
nocturne très difficile.
LA CREVASSE
Site très pittoresque, ouvert sur la mer, encore
sauvage et très peu fréquenté. En direction sud, passé l'Anse Chatouilleuse, nous
atteignons l'arrière de l'Île et, en contournant la Pointe à Margaulx (épellation
savoureuse de Jacques Cartier pour désigner les Fous de Bassan), nous découvrons une
immense fissure verticale qui coupe la falaise depuis la base jusqu'au sommet. Cette
fissure s'étend même sous l'eau à une profondeur d'environ 6 mètres. A l'approche du
site, il se dégage une forte odeur du "guano" signalant la présence des
oiseaux qui y nichent. Une plongée à la base de la fissure est déconseillée car la
présence d'excréments d'oiseaux affecte la visibilité et l'effet des courants jumelé
au ressac des vagues rendent cette incursion très périlleuse. Ancré dans des eaux
relativement calme près de la fissure, la plongée s'effectue plutôt en direction sud
vers un petit rocher à fleur d'eau, surnommé la Roche aux Phoques, et situé à quelques
centaines de mètres de la fissure. Comme son nom le suggère, une colonie de Phoques
Gris encerclent l'endroit.
Sous l'eau nous découvrons de très gros morceaux
de roche s'étant jadis détachés de la falaise. Ceux-ci forment de longs corridors à
parcourir ainsi que de nombreux tunnels à explorer. Les parois des rochers sont
littéralement tapissées de Corail Mou. Ces colonies de polypes se nourrissent en
s'ouvrant comme des petites fleurs pour capturer les minuscules éléments du plancton
provenant des courants du large. Lorsque les polypes sont complètement
rétractés, le
corail mou ressemble alors tout à fait à une grappe de framboises rouge-vif qui
contraste parmi les milliers d'Oursins qui jonchent le fond. Aussi, de très belles
Éponges Encroûtantes et Verruqueuses, très développées et de
couleur allant du jaune au vert, s'accrochent sous les rochers. A l'intérieur des
nombreux tunnels se camouflent de très belles Anémones Tubulaires qui
nécessitent une bonne lampe de plongée pour admirer toutes leurs couleurs.
Soudain nous apercevons l'ombre de cet immense
monolithe de pierre qui se dresse devant nous. Ce rocher possède un diamètre de près de
10 mètres et forme une falaise parfaitement verticale de plus de 15 mètres avant de
percer la surface. Profitant d'une visibilité atteignant près de 10 mètres, nous
distinguons au loin quelques phoques qui, pour satisfaire leur curiosité, observent
attentivement leurs nouveaux amis vêtus de néoprène. Nous assistons alors à tout un
spectacle de prouesses sous-marines exécutées par ces agiles pinnipèdes enjoués.
Toutefois, une mise en garde s'impose pur une
plongée sécuritaire. En effet, cet endroit est exposé à la pleine mer et est sujet à
d'assez forts courants qui tourbillonnent entre la Pointe à Margaulx et la Roche aux
Phoques. Même durant une plongée près de l'étale haute suite à une petite marée de
moins d'un pied, nous ressentons toujours les effets de ces petits tourbillons. Cette
plongée demande donc une bonne planification, car en plus de la présence des courants,
ce site se trouve sur la route des bateaux d'excursion de l'Île. Cette plongée doit donc
s'effectuer très tôt, vers 6h00 le matin. Pour récompense, le plongeur se voit offrir
une eau cristalline dans un environnement encore vierge où la vie marine lui offre ses
plus beaux attraits naturels.
Cet endroit se joint au site du Tombant pour offrir
des plongées de classe internationale et nécessite sûrement plus d'une plongée pour en
découvrir toutes les beautés cachées.
LE CAP BLANC
Élevé de quelque deux cents pieds au-dessus de la
mer, le Cap Blanc doit son nom à la couleur blanche de sa roche composée de calcaire
silurien-ordovicien qui se découpe sur l'arrière plan de la table de conglomérat rouge
du Mont Sainte-Anne. Le sommet, à quelques pas de son versant Nord, a reçu le nom de
Côte-de-la-Surprise en raison de la vue superbe qu'il offre sur le Rocher Percé ainsi
que sur toute la baie.
Le pied de la falaise du Cap Blanc sert souvent de
site alternatif lorsqu'une traversée à l'Île devient difficile suite à la levée du
brouillard; cet endroit est donc rarement exploré par beau temps. Dommage, car par 40' de
fond, nous avons l'occasion d'examiner les restes d'un navire à vapeur ayant connu un
sort tragique lors d'une tempête.
Malgré que les glaces aient étalé les pièces de
l'épave sur le fond de gravier, il nous est encore possible d'examiner la bouilloire, la
transmission ainsi que l'hélice. Les nombreuses petites conduites appartenant à la
bouilloire offrent logis à tantôt un Ulvaire et à tantôt un petit Homard.
Toutes ces pièces sont recouvertes d'Algues Corallines et une forêt de Corail
Mou (framboise de mer) y prend racine en s'harmonisant avec les Psolus (genre
de concombre) qui brillent de leur rouge écarlate. De plus, nous pouvons observer une
très belle Éponge Digitée qui s'accroche à l'hélice un peu plus en profondeur.
Partout sur le fond nous découvrons des pièces de la coque du navire ainsi que ce qui
semble être des pipes, des rails du pont et des pièces de treuil.
Sur la pointe du Cap se trouve une petite falaise
recouverte de Laminaires et de Laitue de Mer qui abrite la vie animale de
l'endroit. Le jeu des rayons de soleil sur les plantes aquatiques ajoute une note
théâtrale au passage des bancs de Maquereaux qui sillonnent fréquemment la Baie
de Percé
LE ROCHER PERCÉ
Sur la pointe de cette côte gaspésienne où en
1534 Jacques Cartier aborda pour la première fois le rivage canadien, caressé par les
vagues mourantes du large, se dresse le Rocher Percé. Navire de pierre échoué depuis
quelques milliers d'années, sculpture monumentale d'une autre ère, ce Léviathan
domine
la baie de Percé de ses 100 mètres.
Ce site de plongée est sans doute le plus
pittoresque et le plus spectaculaire de tous au Québec. Le simple fait de s'y diriger
pour plonger à de quoi "vous couper le souffle". Il offre lui aussi des
possibilités de plongée pour tous les niveaux. De la plongée-bouteille, le Rocher vous
dévoilera ses secrets cachés de chaque côté de sa base.
* Ce site est tout indiqué pour une plongée de
nuit, autant pour la proximité de la côte que pour la faible profondeur tout autour de
la base du Rocher Percé.
ET ENCORE...
Plusieurs autres sites, tous aussi variés et
attrayants les uns que les autres nous y attendent. Nous pouvons mentionner entre autre Le
Boeuf Couché où nous avons effectué une plongée avec des phoques l'an dernier. Le
Rocher aux Oiseaux sera encore un autre site à découvrir par notre groupe si les
conditions le permettent. Il y a aussi le Banc des Américains, au large de Pointe
Saint-Pierre, qui attend d'être exploré par des plongeurs biens préparés. Et encore,
et encore...
LA VIE MARINE AUX ABORDS DE L'ÎLE BONAVENTURE
Le "Parc Sous-Marin" est composé d'une
forêt très diversifiée de plantes aquatiques ainsi que d'une faune abondante.
LA FLORE
La flore aquatique se compose d'algues qui sont des
plantes sans feuilles, sans fleurs ou graines, sans racines et sans véritables tiges,
elles possèdent cependant de la chlorophylle. Son habitat est en majorité les eaux
douces ou salées, à l'exemple des autres végétaux les algues sont à la base de la
chaîne alimentaire en fournissant la matière organique aux autres animaux. Très peu de
poissons se nourrissent d'algues, mais cependant les oursins verts sont reconnus pour
brouter une prairie d'algues à l'image des vaches dans un champs. Les algues se divisent
en quatre classes, selon la couleur qui provient de leurs pigments:
les cyanophycées (algue bleue);
les rhodophycées (algue rouge);
les phéophycées (algue brune);
les chlorophycées (algue verte).
Il faut noter qu'aucun spécimen d'algue bleue n'est
observable dans la région gaspésienne.
LA FAUNE
Il faut noter qu'en plus des espèces végétales,
les principales espèces animales que nous observons dans la baie de Percé ne sont pas
des poissons, mais appartiennent à d'autres classes d'animaux, dont:
les spongiaires (éponges);
les cnidaires (anémones, méduses);
les cténophores (béroés, groseilles de mer);
les mollusques (lamellibranches: chitons, bivalves; gastéropodes:
nudibranches, patelles; céphalopodes: calmars);
les annélides (vers, néréis);
les arthropodes (crustacés: crabes, crevettes, homards, balanes);
les échinodermes (étoiles de mer, concombres de mer, oursins, ophiures);
les cordés (ascidies: pêches de mer et patates de mer; poissons
osteichthyens: osseux; poissons chondrichthyens: cartilagineux tel les requins;
pinnipèdes: phoques; cétacés: baleines, dauphins).
Cependant quelques poissons, seuls ou en bancs,
seront aussi observés.
(Extrait du Carnet de Route 1996, Les Échos
Sous-Marins)
|